Saint Jean Chrysostome

Le tropaire (apolytikion), par le chœur byzantin Axion estin du monastère Nikolo-Malitsky de Tver, en grec et en slavon.

Ἡ τοῦ στόματός σου καθάπερ πυρσός ἐκλάμψασα χάρις, τὴν οἰκουμένην ἐφώτισεν, ἀφιλαργυρίας τῷ κόσμῳ θησαυροὺς ἐναπέθετο, τὸ ὕψος ἡμῖν τῆς ταπεινοφροσύνης ὑπέδειξεν. Ἀλλὰ σοῖς λόγοις παιδεύων, Πάτερ, Ἰωάννη Χρυσόστομε, πρέσβευε τῷ Λόγῳ Χριστῷ τῷ Θεῷ, σωθῆναι τὰς ψυχὰς ἡμῶν.

Comme un flambeau, la grâce de ta bouche a brillé sur l’univers, révélant au monde des trésors où l’avarice n’a point de part et nous montrant la grandeur de l’humilité. Père saint dont la parole nous instruit, Jean Chrysostome, intercède auprès du Verbe, le Christ notre Dieu, pour qu’il sauve nos âmes.

Уст твоих, якоже светлость огня возсиявши, благодать/ вселенную просвети:/ не сребролюбия мирови сокровища сниска,/ высоту нам смиренномудрия показа./ Но твоими словесы наказуя, отче Иоанне Златоусте,// моли Слова, Христа Бога, спастися душам нашим.

Saint Polycarpe

Fresque du monastère de Ravanica, Serbie, XIVe siècle.

Stichères du Lucernaire

Lorsqu’en terre tomba le fruit du sein virginal, la semence de vie, alors, il te fit pousser comme un épi portant beaucoup de fruit (polycarpon), pour nourrir les fidèles, par tes saintes paroles et tes enseignements, et les sanctifier par ton sang de martyr, Polycarpe, pontife sacré.

De ce monde vers Dieu tu es passé en portant l’auréole des martyrs ; tu as atteint le sommet de ton désir, vénérable Père, comblé de la bienheureuse splendeur ; intercède désormais pour qu’y puissent participer tous les fidèles célébrant, Polycarpe, ta mémoire sacrée.

Kondakion

Polycarpe, toi qui offris tes fruits (carpous) spirituels au Seigneur, tu t’es montré, par tes divines vertus, digne de lui, Pontife bienheureux ; et nous que tes paroles ont illuminés, nous chantons en ce jour ta mémoire d’être louée, en glorifiant notre Dieu.

Ikos

Ayant puisé à la source le trésor de la sagesse, Père saint, tu as comblé de connaissance divine ton troupeau et fis briller le triple soleil de l’ineffable et très-sainte divinité, enseignant le Père inengendré, la génération du Fils et la procession de l’Esprit, exposant clairement l’unique gloire de l’unique Dieu et faisant reculer l’idolâtrie ; alors, tu présentas au Seigneur comme des fruits (carpous) mûrs les âmes des croyants ; en lui nous avons été baptisés, en lui aussi nous croyons, en glorifiant notre Dieu.

3e dimanche après l’Epiphanie

Le graduel, chanté par les moniales d’Argentan.

Timébunt gentes nomen tuum, Dómine, et omnes reges terræ glóriam tuam. ℣. Quóniam ædificávit Dóminus Sion, et vidébitur in maiestáte sua.

Les peuples craindront votre Nom, Seigneur, et tous les rois de la terre, votre gloire. ℣. Car le Seigneur a édifié Sion, et il sera vu dans sa majesté.

Dans l’Évangile qui suit ce chant, le centurion païen de Capharnaüm, rempli de révérence devant l’apparition du Messie, prononce ces mots : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. » Et Jésus s’émerveille de la grandeur de la foi de cet homme, qui fait apparaître le païen comme un roi face aux Israélites, les « enfants du royaume », comme les appelle l’Évangile. Dans la merveilleuse guérison de son serviteur, le centurion a le privilège de voir la gloire du Seigneur en récompense de sa foi.

Toute l’image de la fête de l’Épiphanie se présente à nouveau à nos yeux. Nous voyons les païens et même les rois de la terre affluer à Jérusalem pour rendre un hommage respectueux à leur Roi divin. Il bâtit Sion, son Église, dans laquelle tous trouveront place, du lever au coucher du soleil. Et tous seront autorisés à voir et à partager sa gloire et à s’asseoir à la table du Christ lors du banquet nuptial eucharistique.

Le corps du Graduel, en particulier dans ses registres graves, procède du cœur de l’humble centurion. Sa première phrase correspond presque exactement à celle du Jeudi Saint. Sur gentes, les manuscrits annotés donnent à presque toutes les notes une indication de plus grande ampleur. Car l’appel du monde païen à la voie du salut est le plus grand événement depuis l’Épiphanie.

Dom Dominic Johner

Saint Timothée

L’apolytikion courant :

Χρηστότητα εκδιδαχθείς, και νήφων εν πάσιν, αγαθήν συνείδησιν ιεροπρεπώς ενδυσάμενος, ήντλησας εκ του σκεύους της εκλογής τα απόρρητα’ και την πίστιν τηρήσας, τον ίσον δρόμον τετέλεκας, Ιερομάρτυς Απόστολε Τιμόθεε. Πρέσβευε Χριστώ τω Θεώ, σωθήναι τας ψυχάς ημών.

Maître en douceur, sobre en tout, revêtu d’une conscience droite comme il convient à un prêtre, tu as puisé au “Vase d’élection” (saint Paul) les vérités ineffables. Tu as conservé la foi et mené à terme une course égale à la sienne, ô Pontife-Martyr Timothée. Prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Apolytikion, kondakion et mégalynaire composés par Gerasimos Mikragiannanitis :

Τέκνον γνήσιον, του Παύλου ώφθης, ως παρίστησι, και συνεργάτης, αγαπητός κατά πάντα Τιμόθεε’ και διαπρέψας τω λόγω της χάριτος, αθλητικώς εδοξάσθης Απόστολε. Όθεν πρέσβευε, Κυρίω τω σε δοξάσαντι, δωρήσασθαι ημίν το μέγα έλεος.

Tu t’es montré le fils authentique de Paul, son aide et son collaborateur, Timothée bien-aimé en tout, et tu t’es distingué par la parole de la grâce, tu as été glorifié en athlète de Dieu, ô apôtre. C’est pourquoi, intercède auprès du Seigneur qui t’a glorifié, afin qu’il nous accorde sa grande miséricorde.

Τιμόθεον πιστοί, τον συνέκδημον Παύλου, και θείον μαθητήν, και πιστόν συνεργάτην, ενθέως τιμήσωμεν, προς αυτόν ανακράζοντες’ Αεί πρέσβευε, τω Βασιλεί των απάντων, δούναι άφεσιν, αμαρτιών ημίν πάσιν, ως θείος Απόστολος.

Fidèles, honorons avec ferveur Timothée, le compagnon de Paul, son disciple divin et fidèle collaborateur, en lui criant : « Intercède toujours auprès du Roi de l’univers pour qu’il nous accorde le pardon de nos péchés, ô apôtre divin. »

Χερσί ταις του Παύλου ολοσχερώς, Χριστώ ανετέθης, τω των όλων δημιουργώ, και της εν Εφέσω, Αγίας Εκκλησίας, ποιμήν σοφός εδείχθης, μάκαρ Τιμόθεε.

Entièrement entre les mains de Paul, tu t’es donné au Christ, le Créateur de l’univers, et à la sainte Eglise d’Ephèse, tu t’es montré un pasteur sage, ô bienheureux Timothée.

Chantés par le hiéropsalte Apostolos Koutsimanis.

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Gerasimos Mikragiannanitis (1905-1991), ermite de l’Athos, hymnographe prolifique, auteur de plus de 2.000 partitions, canonisé par le saint synode du patriarcat de Constantinople en 2023. En parlant de la façon dont il composait en l’honneur d’un saint, il disait : « J’ai le saint devant moi. C’est pourquoi je ne veux communiquer avec personne d’autre à ce moment-là. L’hymnographie, cette œuvre spirituelle, est une union de l’âme avec Dieu ; c’est une prière d’émerveillement ; c’est une méditation de l’esprit ; c’est une theoria (contemplation) secrète ; c’est un mystère qui ne s’interprète pas et ne s’extériorise pas de façon rationnelle. L’hymnographie est la philosophie sous-jacente. Elle ne s’exprime pas par ces mots. Il faut l’essayer pour la ressentir. » (« Philosophie » a sens que lui donnent les Pères de l’Eglise : le message chrétien et la façon d’en vivre.)