De la férie

On fait mémoire des saints Abdon et Sennen, deux Persans martyrisés à Rome et dont les reliques se trouvent à Arles-sur-Tech.

Le martyrologe évoque aussi notamment sainte Julitte et saint Cyr, martyrs à Césarée de Cappadoce, très populaires en Russie, mais dont les reliques se trouvent partiellement à Nevers, où la cathédrale leur est dédiée. Voici ce que l’on peut lire sur le site « Routes touristiques » :

Martyrs des premiers siècles de l’ère chrétienne, Cyr et Julitte furent suppliciés vers l’an 304, au cours des dernières grandes persécutions ordonnées par l’empereur romain Dioclétien. Leur vie est semi-légendaire, mais l’authenticité de leur martyre est incontestable. Selon la tradition des églises orientales, Julitte, noble chrétienne, fuyant les persécutions ordonnées par l’empereur Dioclétien à la fin IIIe-début IVe siècle, quitta sa ville d’Iconium pour celle de Tarse, ville natale de l’apôtre Paul, située dans le sud de l’actuelle Turquie où elle fut cependant arrêtée. Conduite devant le gouverneur du lieu, elle défendit sa foi, fut jetée à terre et battue à coups de nerfs de bœuf.

Son jeune fils, Cyr, proclamait sa fidélité au Christ et griffa le visage du gouverneur qui lui fracassa le crâne sur les marches de sa tribune. Refusant toujours de se soumettre, Julitte fut écorchée vive, ébouillantée, puis décapitée. Les Eglises orthodoxes célèbrent encore aujourd’hui leur mémoire, chaque 15 juillet.

Très vite après leur mort, leur culte et la vénération de leurs reliques se répand dans tout le bassin méditerranéen, en Syrie, en Palestine, en Ibérie : actuelle Géorgie, en Pont, en Lydie et jusqu’en Italie où une église est consacrée à saint Cyr dès le VIe siècle. Le culte des deux martyrs se répand en Gaule à partir du Ve siècle.

La plus ancienne source connue, le recueil des « Miracles de saint Cyr et sainte Julitte » composé au Xe siècle par Téterius, chanoine de la cathédrale de Nevers, situe à Auxerre les origines du culte en Europe occidentale. Téterius raconte en effet que saint Amatre, évêque d’Auxerre (386-418), rapporta d’un pèlerinage en Orient les reliques de Cyr et de sa mère Julitte, acquises à Antioche. Il les déposa dans la basilique auxerroise appelée plus tard Saint-Amatre, où elles furent ensuite dissimulées dans une niche maçonnée, de peur des voleurs ou gens de guerre. Les auxerrois en perdirent peu à peu le souvenir.

Le culte continuait cependant à se répandre dans le pays et la plus ancienne mention de saint Cyr dans notre région concerne notre commune : un monastère fondé sous ce nom y est mentionné dans un document de la cathédrale d’Auxerre de la fin du VIe siècle. Le village, alors appelé Decimiacus, aurait ensuite pris ensuite le nom du saint. C’est probablement à la même époque (VIe-VIIe siècles) que la cathédrale de Nevers se plaça sous la protection de Cyr et Julitte. Plus tard, sous le règne de Charlemagne (768-814), l’évêque de cette ville, Jérôme, cherchant à acquérir des reliques des saints patrons de son église, aurait obtenu de l’abbaye Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne) le bras de saint Cyr.

On imagina alors que saint Savin avait été compagnon de pèlerinage de saint Amatre d’Auxerre, et que ce dernier lui avait laissé une relique. Mais il s’agit là d’une légende. Toujours est-il que la présence d’une relique de saint Cyr dans l’Ouest du royaume explique le culte rendu à l’enfant dans ces régions : Aquitaine, Loire, Bretagne.

Statue de pierre du XVIe siècle, cathédrale de Nevers.

Sainte Marthe

Illustration de la Légende dorée, traduction Jehan du Vignay, début du XVe siècle. BnF français 242.

Dans l’antique missel romain (c’est-à-dire le sacramentaire et l’antiphonaire) il y avait deux messes en ce jour : celle de saint Félix II pape et martyr, et celle des saints martyrs Simplice, Faustin et Béatrice.

Le martyrologe hiéronymien indiquait au 19 janvier : « Ierusolyma Marthæ et Mariæ sorores Lazari ».

Le Martyrologe d’Usuard mentionnait Marthe et Lazare le 27 décembre, et disait qu’en leur honneur on avait construit une basilique à Béthanie.

En 1263 la fête de sainte Marthe apparaît dans le calendrier franciscain au 29 juillet, à savoir au jour octave de la fête de sainte Marie Madeleine.

Elle prendra son essor avec la papauté d’Avignon, puisque si sainte Marthe est la patronne de Tarascon elle est aussi la patronne d’Avignon où elle prêcha d’abord la foi chrétienne. Et c’est alors que devinrent très populaires les récits provençaux sur les saints de Béthanie.

De ce fait les saints martyrs romains Simplice, Faustin et Béatrice passèrent au second plan puis disparurent du calendrier liturgique romain (ils restèrent dans le calendrier monastique parce que sainte Marthe n’y entra pas – sauf en France).

Quant à Félix II il avait déjà disparu, pour la bonne raison qu’il n’avait été ni saint, ni martyr, ni pape. On l’avait confondu avec un autre Félix. Ce « Félix II » avait été un antipape élu par les ariens pendant l’exil du peu reluisant Libère…

Saints Nazaire et Celse, Victor et Innocent Ier

A la fin de sa notice de la Légende dorée sur les saints Nazaire et Celse, Jacques de Voragine publie une préface de saint Ambroise qui évoque seulement le premier. (Traduction Roze, 1902.)

Dans le missel ambrosien de 1640 on reconnaît le même texte, mais abrégé, pour évoquer aussi saint Celse.

Au sujet de ce martyr, voici ce que saint Ambroise dit dans la Préface :

« Le saint martyr Nazaire, illustre par le sang généreux qu’il a répandu, a mérité de monter au royaume du ciel. En souffrant tout ce que les tourments ont de plus cruel, il surmontait la rage des tyrans par sa constance et il ne céda jamais devant les menaces des persécuteurs, car il avait pour le soutenir au milieu de ses combats N.-S. J-C. qui combattait avec lui. Alors il est conduit au temple pour immoler aux idoles profanes ; mais fort du secours divin, il est à peine entré, que ces simulacres sont réduits par lui en poussière. Pour ce fait, il est conduit au milieu de la mer, et, soutenu par les anges, il marche à pied sec sur les flots. O heureux et noble : combattant du Seigneur qui en attaquant le prince du monde a rendu une multitude innombrable de peuple participante de la vie éternelle ! O grand et ineffable mystère, qu’il y ait plus de joie dans l’Église de ce qu’ils ont mérité le salut, qu’il n’y a d’allégresse dans le monde pour les avoir punis ! O bienheureuse mère qui tire de la gloire des tourments de ses enfants qu’elle conduit au tombeau sans pleurs et sans gémissements, et sans cesser de célébrer leurs louanges quand ils sont passés aux royaumes célestes ! O témoin merveilleux, resplendissant d’un éclat céleste, dont les vertus répandent une odeur plus pénétrante et plus suave que les aromates de Saba ! »

Saint Ambroise, lors de l’invention de ce saint, le proposa comme patron, et médecin, comme le défenseur de la foi, et le champion des combats sacrés :

Elle était cachée depuis longtemps dans la poussière cette drachme
trouvée avec la lumière que te prête l’assistance merveilleuse du ciel :
afin, ô Jésus que les récompenses que vous accordez à tous vos élus soient manifestées
et que l’œil de l’homme puisse voir les visages des anges.

C’est ce que dit Ambroise.

De la férie

Le premier saint du martyrologe romain de ce jour est saint Pantaléon, qui est aussi le saint fêté ce jour dans la liturgie byzantine sous le nom de Pantéléïmon. Ses parents païens lui avaient donné le nom de Pantaléon (tout-lion), mais le prêtre saint Hermolaus à l’origine de sa conversion le baptisa sous le nom de Pantéléïmon : tout-miséricordieux. Hélas on donna le nom du saint médecin martyr anargyre à un personnage de la Commedia dell’arte, Pantalon, qui a lui-même donné son nom au vêtement, et à la pantalonnade…

Voici des extraits des matines byzantines, par Théodore Vassilikos.

Θεὸς Κύριος, καὶ ἐπέφανεν ἡμῖν, εὐλογημένος ὁ ἐρχόμενος ἐν ὀνόματι Κυρίου.

Dieu est le Seigneur et il nous est apparu, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

Apolytikion

Ἀθλοφόρε ἅγιε, καὶ ἰαματικὲ Παντελεῆμον, πρέσβευε τῷ ἐλεήμονι Θεῷ, ἵνα πταισμάτων ἄφεσιν, παράσχῃ ταῖς ψυχαῖς ἡμῶν.

Apolytikion

Victorieux martyr et guérisseur, saint Pantéléïmon, intercède auprès du Dieu de miséricorde pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Κάθισμα I

Μητρὸς τὸ εὐσεβές, ἀγαπήσας παμμάκαρ, πατρὸς τὸ ἀσεβές, εὐσεβῶς διωρθώσω· ὅθεν καὶ χάριν εἴληφας, ἐκ Θεοῦ παντοκράτορος, τὰ νοσήματα, τῶν ἀσθενῶν θεραπεύειν, Μάρτυς ἔνδοξε, Παντελεῆμον τῶν πίστει, θερμῇ προστρεχόντων σοι.

Cathisme I

Ayant suivi la foi de ta mère, Bienheureux, tu corrigeas pieusement l’impiété paternelle ; c’est pourquoi tu as reçu du Dieu tout-puissant, illustre martyr Pantéléïmon, le pouvoir de guérir les maladies des infirmes qui te consultent dans la ferveur de leur foi.

Κάθισμα II

Ὡς στρατιώτην τοῦ Χριστοῦ ἀκαθαίρετον, καὶ ἀθλοφόρον οἱ πιστοὶ γενναιότατον, σὲ εὐφημοῦμεν ἅπαντες, Μαρτύρων καλλονὴ πίστει ἑορτάζοντες, τὴν ἁγίαν σου μνήμην, Μάρτυς παναοίδιμε, τοὺς σεπτοὺς δὲ ἀγῶνας, μελῳδικῶς δοξάζομεν σοφέ, καὶ τὸν Σωτῆρα Χριστὸν μεγαλύνομεν.

Cathisme II

Comme invincible soldat de Jésus Christ et comme généreux athlète vainqueur, nous tous, les fidèles, nous t’acclamons, joyau des martyrs, en fêtant avec foi ta mémoire sacrée ; et par des hymnes nous glorifions tes exploits, saint Martyr, et magnifions le Christ notre Sauveur.

Κάθισμα mετὰ τὸν Πολυέλεον

Ἑορτάζει σήμερον ἡ οἰκουμένη, τοὺς σεπτοὺς ἀγῶνάς σου Παντελεῆμον ἀθλητά, τὸν ζωοδότην δόξάζουσα, τὸν σὲ προστάτην θερμὸν ἀναδείξαντα.

Cathisme après le Polyéléos

Le monde entier célèbre en ce jour tes saintes luttes, martyr Pantéléïmon, et glorifie le Seigneur vivifiant qui a voulu faire de toi pour nous fidèles un chaleureux protecteur.

Τα τροπάρια του Ν΄ Ψαλμού

Δόξα Πατρὶ καὶ Υἱῷ καὶ Ἁγίῳ Πνεύματι

Ταῖς τοῦ Ἀθλοφόρου πρεσβείαις Ἐλεῆμον, ἐξάλειψον τὰ πλήθη, τῶν ἐμῶν ἐγκλημάτων.

καὶ νῦν καὶ ἀεὶ καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. Ἀμήν.

Ταῖς τῆς Θεοτόκου πρεσβείαι,ς Ἐλεῆμον, ἐξάλειψον τὰ πλήθη τῶν ἐμῶν ἐγκλημάτων.

Ἐλέησόν με ὁ Θεὸς κατὰ τὸ μέγα ἔλεός σου καὶ κατὰ τὸ πλῆθος τῶν οἰκτιρμῶν σου ἐξάλειψον τὸ ἀνόμημά μου.

Ἐλεήμονα Χριστόν, Παντελεῆμον νῦν ἐκδυσώπει, θεῖε Ἰατρέ, ἀπαλλάξαι με παθῶν καὶ ἐλεῆσαί με.

Tropaires après le psaume 50

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit

Par les prières du Martyr vainqueur, ô Miséricordieux, efface la multitude de nos fautes.

et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen

Par les prières de la Mère de Dieu, Seigneur miséricordieux, efface la multitude de mes péchés.

Aie pitié de moi, Ô Dieu, selon ta grande miséricorde
et dans ton infinie bonté, efface mon péché.

Le Christ compatissant, Pantéléïmon, supplie-le maintenant, divin médecin, de m’éloigner des passions et d’avoir pitié de moi.

Saint Jacques

Icône du XIIIe siècle, monastère Saint-Jean de Patmos.

Extraits du canon des matines, de saint Théophane l’hymnographe.

Νέος ὥσπερ Ἠλίας, ζήλῳ πυρακτούμενος, τοὺς ἀπειθήσαντας, τῷ κηρύγματί σου, καταφλέξαι ἠθέλησας Ἔνδοξε, ἀλλ’ ἐκώλυσέ σε, ὁ θελητὴς τῆς εὐσπλαγχνίας, ἐκδιδάσκων τὸ πρᾶον τῆς χάριτος.

Etant jeune, tu voulais, enflammé de zèle comme Elie, consumer par ta prédication, illustre Apôtre, les incroyants ; mais celui qui veut la miséricorde t’en empêcha et de la grâce t’enseigna la douceur.

Φωτεινὴ σε νεφέλη, Λόγον ἀπαστράπτοντα, δόξῃ θεώμενον, ἐν Θαβὼρ τῷ ὄρει, ἐπεσκίασε μάκαρ Ἰάκωβε, καὶ φωνῆς ἀκοῦσαι, τῆς πατρικῆς κατηξιώθης, βεβαιούσης αὐτοῦ τὴν υἱότητα.

La nuée lumineuse couvrit de son ombre le Verbe que tu voyais resplendir de gloire sur le mont Thabor et tu méritas d’entendre la voix du Père confirmant, bienheureux Jacques, sa divine filiation.

Δόξαν τὴν ἐπὶ τῆς γῆς, ἐκζητήσας τῷ Χριστῷ παρασχεῖν σοι, ὡς Βασιλεῖ γηίνῳ, βασιλείας ἐπέτυχες, οὐ τῆς κάτω καὶ φθαρτῆς, μάκαρ Ἰάκωβε, ἀλλ’ ἀφθάρτου, ἥν δι’ ἀθλήσεως ἀπέλαβες.

Ayant demandé que le Christ en roi terrestre t’accordât la gloire sur terre, tu as obtenu non le royaume corruptible d’ici-bas, bienheureux Jacques, mais l’immortel, où ta passion t’a permis d’arriver.

Ποτήριον ἔπιες καθὼς ὑπέσχου, τὸ τοῦ Δεσπότου Χριστοῦ, καὶ τὸ βάπτισμα τούτου, σὺ ἐβαπτίσω θεομακάριστε, ᾧ νῦν προθύμως κραυγάζεις γηθόμενος· Εὐλογητός ὁ Θεὸς ὁ τῶν Πατέρων ἡμῶν.

Tu as bu, comme promis, le calice de ton Maître le Christ, Bienheureux, et tu fus baptisé du baptême de celui pour lequel de tout cœur tu chantes avec joie : Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Ἁγίως σου τὸν δρόμον διηνυκώς, ἐν Ἁγίων σκηνώμασιν ἔνδοξε, νῦν γεγηθώς, αἴγλην κατοπτεύεις τὴν τριφεγγῆ, ἧς ἀπολαύων πάνσοφε, πλήρεις εὐφροσύνης τοὺς ὑμνητάς, τοὺς σοὺς καὶ χαρμοσύνης, ἀνάδειξον παμμάκαρ ταῖς ἱκεσίαις σου Ἰάκωβε.

Ayant mené ta course de sainte façon, illustre apôtre Jacques, désormais joyeusement tu contemples la splendeur au triple feu ; toi qui en jouis, Bienheureux, comble ceux qui te chantent, par tes prières, d’allégresse et de joie.