Saint Etienne sur le manteau du couronnement, broderie de 1031.
Début des dix conseils du roi saint Etienne de Hongrie à son fils le bienheureux Emeric (qui mourut avant lui…).
Puisque personne ne doit aspirer à la couronne s’il n’est fidèle catholique, nous donnerons la première place, dans nos instructions, à la sainte Foi. Avant tout, je recommande donc, très cher fils, de conserver précieusement la foi catholique avec tant de zèle et d’exactitude que tu donneras l’exemple à tous ceux que Dieu a soumis à ton autorité ; c’est alors que tous les hommes d’Eglise reconnaîtront en toi, à juste titre, cette profession de véritable christianisme sans laquelle, sache-le bien, on ne t’appellera pas chrétien ou fils de l’Eglise.
Dans notre palais royal, après la foi, ce qui occupe la seconde place, c’est l’Eglise, elle qui a semé d’abord par son chef, le Christ. Ensuite, ses membres, c’est-à-dire les apôtres et les saints Pères, l’ont transplantée, solidement bâtie et répandue dans tout l’univers. Quiconque diminue ou défigure la dignité de la sainte Eglise, mutile le corps du Christ.
Et bien qu’Elle engendre toujours de nouveaux enfants, il y a des lieux précis où son antiquité est tenue pour certaine. Cette Eglise, mon très cher fils, dans notre royaume est encore qualifiée de jeune et de toute nouvelle ; et c’est pourquoi elle a particulièrement besoin de protecteurs attentifs et clairvoyants.
Sans cela le bienfait que la bonté divine nous a accordé sans aucun mérite de notre part sera détruit et anéanti par ton inertie, ta paresse et ta négligence.
Le 1er septembre est le premier jour de l’année liturgique byzantine, appelé « début de l’indiction ». Voici le tropaire, en grec et en slavon (mais dans le calendrier julien le 1er septembre est le 14…).
Auteur de l’entière création qui as soumis à ton pouvoir les moments et les temps, bénis la couronne de l’année que ta bonté nous donne de commencer ; garde en paix le peuple fidèle qui t’appartient et par l’intercession de ta Mère, Seigneur, sauve-nous.
Всея твари Содетелю,/ времена и лета во Своей власти положивый,/ благослови венец лета благости Твоея, Господи,/ сохраняя в мире люди и град Твой/ молитвами Богородицы и спаси ны.
Miniature du Codex Aureus Epternacensis (abbaye d’Echternach), vers 1020-1030.
Une mère, veuve, fut dans la joie lors de la résurrection de ce jeune homme. Une mère, l’Église, est dans la joie chaque jour lors de la résurrection spirituelle des hommes. Celui-là était mort dans son corps mais ceux-ci, dans leur âme. La mort visible était pleurée par des larmes visibles. Quant à la mort invisible, nul n’en prenait souci, nul ne l’apercevait, Celui-là qui connaissait les morts prit souci d’eux. Celui-là seul connaissait les morts qui pouvait les rendre à la vie. S’il n’était pas venu pour ressusciter les morts, l’Apôtre ne dirait pas : « Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d’entre les morts, et sur toi luira le Christ »
Trois morts furent, à notre connaissance, ressuscités visiblement par le Seigneur. Des milliers, invisiblement. Combien de morts a-t-il, en fait, ressuscités visiblement ? Qui le sait ? Tout ce qu’il a fait ne fut pas écrit. Voici ce que dit Jean : « Jésus a accompli encore bien d’autres actions. Si on les relatait, le monde entier ne suffirait pas, je pense, à en contenir les livres » (Jn 21, 25). On peut en conclure que beaucoup d’autres, sans doute, furent ressuscités, mais ce n’est pas en vain qu’il est fait mention de trois. Notre Seigneur Jésus-Christ voulait que ses actions corporelles soient comprises aussi dans un sens spirituel. Il ne faisait pas seulement des miracles pour les miracles, mais afin que ceux qu’ils faisaient soient tout à la fois merveilles pour les regards et vérités pour l’intelligence.
A titre de comparaison : celui qui voit des lettres dans un livre très bien écrit, et qui ne sait point lire, loue la main du copiste, admire la beauté des caractères mais il ne sait ce que veulent dire, ce que signifient ces caractères. Par ses regards, il est louangeur, par son esprit, il n’est pas connaisseur. Un autre, tout au contraire, louera l’écriture et saisira le sens de l’écrit. Tel est celui qui non seulement est capable de voir – cela tous le peuvent – mais aussi de lire – et cela, celui qui ne l’a pas appris, ne le peut. Ainsi ceux qui les ont vu et n’ont pas compris ce que les miracles du Christ leur voulaient dire, et les signes qu’ils faisaient en quelque sorte si on les comprend, ceux-là ont admiré seulement les actions, mais d’autres ont aussi admiré les actions et ils en ont obtenu l’intelligence. Tels devons-nous être à l’école du Christ.
Saint Augustin. Leçons des matines (sermon 44 de verbis Domini).
Saint Augustin attribue à l’Apôtre la phrase « Surge qui dormis et exsurge a mortuis et illuminabit tibi Christus. ». En réalité on lit dans l’épître aux Ephésiens : « C’est pourquoi il est dit : Lève-toi… » SI l’on considère que saint Paul renvoie à l’Ecriture, on ne trouve cela nulle part, du moins tel quel. Il faut penser que saint Paul fait allusion à plusieurs versets d’Isaïe :
9, 1 : Peuples qui marchez dans les ténèbres, voyez une grande lumière ; et vous qui habitez dans la région ténébreuse de la mort, une lumière luira sur vous ; 26, 19 : Les morts ressusciteront, et ceux qui sont dans leurs sépulcres se lèveront, et ceux qui sont sur la terre tressailliront de joie . 60, 1-2 : Resplendis, Jérusalem, resplendis de lumière ; car ta lumière est venue, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voilà que les ténèbres enveloppent la terre, et que les Gentils sont dans l’obscurité ; mais le Seigneur apparaîtra sur toi, et sa gloire va se montrer en toi.
Mais saint Paul ne dit pas explicitement qu’il cite l’Ecriture. Il emploie une expression ambiguë : « Il dit », ou « elle dit », car ni le grec ni le latin n’a de pronom. Et ce « il » ou ce « elle » pourrait être bien plutôt la liturgie primitive, inspirée d’Isaïe.
Le Seigneur notre Sauveur éleva la voix et dit, avec une incomparable majesté : « Tous doivent savoir qu’après l’épreuve vient la grâce; tous doivent connaître que, sans le poids des afflictions, on ne peut parvenir au sommet de la grâce ; tous doivent comprendre que la mesure des charismes augmente avec l’accroissement des peines. Les hommes doivent se garder d’errer ou de se tromper. C’est la seule véritable échelle du paradis, et hors de la croix on ne trouve pas de chemin pour monter au ciel. » Lorsque j’entendis ces paroles, un élan très fort m’emporta, comme pour me faire venir au milieu de la rue, afin que je dise, avec de grands cris, à tous les gens de tout âge, sexe et condition : « Écoutez, peuples, écoutez, tout le monde. Sur l’ordre du Christ, en employant les paroles orties de sa bouche, je vous en avertis : nous ne pouvons acquérir la grâce si nous ne souffrons pas d’afflictions; il faut que les peines s’accumulent les unes sur les autres pour obtenir de participer intimement à la nature divine, à la gloire des fils de Dieu, à la parfaite félicité de l’âme. »
Le même aiguillon me poussait à prêcher la beauté de la grâce divine ; j’en étais prise d’angoisse et cela me faisait inspirer et haleter. Il me semblait que mon âme ne pouvait plus rester enfermée dans la prison du corps, mais qu’elle devait, après avoir rompu ses liens, s’en aller dans le monde entier, avec une agilité sans entrave, parfaite, et toujours plus grande, en disant : « Si les mortels pouvaient connaître l’importance de la grâce divine, combien elle est belle, noble et précieuse ; combien de richesses elle recèle, combien de trésors, d’allégresse et de délices ! Sans aucun doute ils s’appliqueraient, de toute leur activité et de tous leurs soins, à se procurer peines et afflictions ! Tous, à travers le monde, rechercheraient, au lieu de richesses, ennuis, maladies et tourments, pour acquérir l’inestimable trésor de la grâce. C’est là le butin et le profit ultime de la patience. Personne ne se plaindrait de la croix ni des peines qui pourraient advenir, si l’on connaissait la balance où elles sont pesées pour la rétribution des hommes. »
Память праведнаго с похвалами,/ тебе же довлеет свидетельство Господне, Предтече:/ показал бо ся еси воистинну и пророков честнейший,/ яко и в струях крестити сподобился еси Проповеданнаго./ Темже за истину пострадав, радуяся,/ благовестил еси и сущим во аде Бога, явльшагося плотию,/ вземлющаго грех мира// и подающаго нам велию милость.
La mémoire du juste est célébrée par des louanges, mais à toi, ô Précurseur, suffit le témoignage du Seigneur. En effet, tu as été proclamé en vérité le plus vénérable des prophètes ; car tu as été jugé digne de baptiser dans les eaux celui qui était annoncé. Ayant combattu pour la vérité, tu as apporté avec joie, même à ceux qui étaient dans les enfers, la bonne nouvelle du Dieu manifesté dans la chair, lui qui prend le péché du monde et nous apporte la grande miséricorde.
Kondak
Предтечево славное усекновение/ смотрение бысть некое Божественное,/ да и сущим во аде Спасово проповесть пришествие./ Да рыдает убо Иродия,/ беззаконное убийство испросивши:/ не закон бо Божий, ни живый век возлюби,// но притворный, привременный.
La glorieuse décollation du Précurseur relève du divin dessein de salut ; c’était pour proclamer aussi à ceux qui étaient dans les enfers la venue du Sauveur. Qu’Hérodiade se lamente à présent, elle qui a réclamé ce meurtre impie, car ce n’est pas la loi de Dieu qu’elle a aimée, ni la vie éternelle, mais celle qui est trompeuse et qui passe.