Saint Paul premier ermite

Monastère de Xeropotamou, Athos, XVIIe siècle.

Enfin saint Antoine rencontra un loup, qui le conduisit jusqu’à la cellule de saint Paul. Or celui-ci, pressentant l’arrivée d’un homme, avait fermé sa porte. Mais Antoine le supplia de lui ouvrir, affirmant qu’il mourrait sur place plutôt que de se retirer. Et Paul, vaincu par ses prières, lui ouvrit ; et aussitôt les deux ermites se jetèrent dans les bras l’un de l’autre.

Et comme l’heure de midi approchait, un corbeau vint apporter un pain formé de deux parties. Et comme Antoine s’en étonnait, Paul lui dit que Dieu le nourrissait tous les jours de cette façon : il avait seulement doublé la ration, ce jour-là, à cause de la visite d’Antoine. Là-dessus s’engagea une pieuse dispute pour savoir qui des deux serait le plus digne de diviser le pain. Paul voulait que ce fût Antoine, en sa qualité d’hôte, Antoine voulait que ce fût Paul, en sa qualité d’aîné. Enfin tous deux prirent le pain, et le divisèrent en parties égales.

Et comme Antoine s’en revenait vers sa cellule, il vit passer au-dessus de lui deux anges portant l’âme de Paul. Il retourna aussitôt sur ses pas, et trouva le corps de Paul agenouillé dans l’attitude de la prière, de telle sorte qu’il crut qu’il était vivant. Le saint, cependant, était mort ; et Antoine s’écria : « Ô âme sainte, ce que tu faisais dans la vie, tu en gardes le signe jusque dans la mort ! » Et pendant qu’il songeait au moyen d’ensevelir Paul, voici qu’arrivèrent deux lions qui creusèrent une fosse, aidèrent à la sépulture, et s’en retournèrent dans leur forêt. Et Antoine prit le manteau de Paul, fait de feuilles de palmier : il le revêtit, depuis lors, aux jours de fêtes. La mort de Paul eut lieu vers l’an 287.

Légende dorée (d’après saint Jérôme).

Θείου Πνεύματος, τὴ ἐπινεύσει, πρῶτος ὤκησας, ἐν τὴ ἐρήμω, Ἥλιου τὸν ζηλωτὴν μιμησάμενος καὶ δι’ ὀρνέου τραφεῖς ὡς ἰσάγγελος, ὑπ’ Ἀντωνίου τῷ κόσμῳ ἐγνώρισαι. Παῦλε ὅσιε, Χριστὸν τὸν Θεὸν ἱκέτευε, δωρήσασθαι ἠμὶν τὸ μέγα ἔλεος.

Inspiré par le Saint-Esprit, tu as été le premier à faire ta demeure dans le désert, imitant le zèle d’Elie, et nourri par un oiseau comme un égal aux anges ; par Antoine tu as été révélé au monde. Saint Paul, supplie le Christ Dieu de nous donner la grande miséricorde.

Una Voce et le texte de Roche

La Fédération internationale Una Voce a publié un long commentaire du texte distribué par le cardinal Roche au consistoire. De même qu’il n’y a rien de nouveau dans le radotage de Roche, on n’apprendra rien de nouveau non plus dans ce commentaire. Pour ceux qui ne seraient pas clairement et complètement au fait de la persécution, il rappellera néanmoins quelques-uns des arguments essentiels auxquels le préfet du dicastère refuse obstinément de répondre, ce qui n’est pas inutile. En voici donc une traduction. (On remarquera l’indice montrant que ce n’est même pas le cardinal – anglais – qui a rédigé le texte… et qu’il ne l’a même pas relu…)

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Saint Hilaire

L’ordination épiscopale de saint Hilaire (vers 353). Légende dorée, XIVe siècle.

Tropaire

Comme un des piliers de l’Orthodoxie tu soutins dans l’Église l’enseignement d’Athanase, le champion de la vraie foi : proclamant, toi aussi, le fils consubstantiel du père, de l’arianisme tu as préservé l’Occident. Intercède, saint Hilaire, auprès de notre Dieu pour qu’Il accorde à nos âmes la grâce du salut.

Kondakion

Sans ménager tes peines et la sueur de ton front, tu extirpas de ton domaine les ronces de l’hérésie, et comme un bon laboureur, Hilaire, joyeusement en bonne terre tu as semé au souffle de l’Esprit la semence de la vraie foi : arrosée par l’eau vive du Verbe consubstantiel au Père divin, elle a nourri les adorateurs de l’indivisible Trinité.

(Il existe tout un office orthodoxe de saint Hilaire, composé par l’archimandrite Denis Guillaume en 1997.)

Le texte de Roche

Le fameux texte du cardinal Roche sur la messe, distribué aux cardinaux à la fin du consistoire, était l’un des quatre textes distribués, chacun sur un des quatre thèmes proposés par le pape.

Il ne s’agit donc pas d’une initiative privée ou intempestive comme l’avaient aussitôt suggéré quelques bisounours, mais d’un acte officiel, clairement voulu par le pape.

Ce texte ne présente rien de nouveau. C’est sans surprise une défense sans nuance de Traditionis custodes et donc de « la seule expression de la lex orandi du rite romain » qui est celle de « l’unité ».

Le texte a été publié par Diane Montagna.

On en trouvera la traduction ici.

Et un commentaire de Jeanne Smits ici.

Commémoraison du Baptême de Notre Seigneur

En ce jour octave de l’Epiphanie, la liturgie latine commémore le baptême du Christ. Mais en dehors des oraisons de la messe, de l’évangile et des lectures des matines, c’est la même liturgie que celle de l’Epiphanie. Pourtant ce jour eut longtemps ses antiennes propres. Des antiennes traduites de stichères de la liturgie grecque. Saint Pie V les a toutes supprimées, ce qui est curieux car habituellement il ne supprimait pas ce qui était devenu traditionnel.

Voici ces antiennes :

Au Magnificat des premières vêpres :

Baptízat miles Regem, servus Dóminum suum, Joánnes Salvatórem : aqua Jordánis stúpuit : colúmba protestátur, Patérna vox audíta est : Hic est Fílius meus.

Le soldat baptise le Roi, le serviteur son Seigneur, Jean le Sauveur ; l’eau du Jourdain s’étonne, la colombe témoigne, la voix du Père retentit : Celui-ci est mon Fils.

Au Benedictus :

Præcúrsor Joánnes exsúltat cum Jordáne : baptizáto Dómino facta est orbis terrárum exsultátio, facta est peccatórum nostrórum remíssio, sanctíficans aquas. Ipsi omnes clamémus : Miserére nobis.

Jean le Précurseur exulte avec le Jourdain ; le Seigneur étant baptisé la joie est faite sur terre, la rémission est faite de nos péchés par la sanctification des eaux. Crions-lui tous : ayez pitié de nous.

Au Magnificat des secondes vêpres :

Fontes aquárum sanctificáti sunt Christo apparénte in gloria orbi terrárum : hauríte aquas de fonte Salvatóris, sanctificávit enim nunc omnem creatúram Christus Deus noster.

Les sources des eaux sont sanctifiées quand le Christ apparaît en gloire au monde. Puisez les eaux de la source du Sauveur, car maintenant le Christ notre Dieu a sanctifié toute créature.

Autres antiennes, dont on trouvera ici le chant :

Véterem hóminem rénovans Salvátor venit ad baptísmum ut natúram quae corrúpta est per aquam recuperáret, incorruptíbili veste circumamíciens nos.

Le Sauveur, voulant rénover le vieil homme, vient au baptême, afin de renouveler par l’eau la nature corrompue ; il nous revêt d’un vêtement incorruptible.

Te, qui in Spíritu et igne puríficas humána contágia, Deum ac Redemptórem, omnes glorificámus.

Vous qui, par l’Esprit et par le feu, purifiez l’humaine contagion, Dieu et Rédempteur, tous nous vous glorifions.

Baptísta contrémuit et non audet tángere sanctum Dei vérticem, sed clamat cum tremóre : Sanctífica me Salvátor

Le Baptiste a tremblé et n’osa toucher la tête sainte de son Dieu ; mais il s’écrie avec crainte : Sanctifiez-moi, ô Sauveur !

Caput dracónis Salvátor contrívit in Jordáne flúmine, ab ejus potestáte omnes erípuit.

Le Sauveur a brisé la tête du dragon dans le fleuve du Jourdain, et nous a tous arrachés à son pouvoir.

Peccáti acúleus contéritur hódie baptizato Domino et nobis donáta est regenerátio.

L’aiguillon du péché est écrasé aujourd’hui par le baptême du Seigneur, et la régénération nous est donnée.

Aqua combúrit peccátum hódie, appáret liberátor, et orat omnis mundus divinitátis opem

L’eau brûle aujourd’hui les péchés, le Libérateur est apparu, et tous louent la belle œuvre de sa divinité.

Magnum mystérium declarátur hódie, quia Creátor ómnium in Jordáne expúrgat nostra facínora.

Un grand mystère est déclaré aujourd’hui, car le Créateur de tout lave nos crimes dans le Jourdain.