A Novo-Tikhvine

J’ai déjà parlé plusieurs fois du monastère de Novo-Tikhvine à Iekaterinbourg. Mais aujourd’hui c’est la fête de l’icône de la Mère de Dieu de Tikhvine, donc du monastère (une centaine de religieuses), avec une divine liturgie solennelle célébrée par le métropolite, de nombreux autres évêques et prêtres, suivie de la procession de l’icône (à 2h50). Avec toujours ce chant sublime des moniales, chant byzantin épuré sur le texte slavon (particulièrement sublime est leur chant du Is polla eti Despota – qui est quant à lui traditionnellement en grec, à 47’05 – l’évêque qui donne la bénédiction est le métropolite Alexis de Tcheliabinsk -, et l’hymne des chérubins, à 1h19).

En prime l’arrivée du métropolite Eugène, sur un tapis rouge interminable…

Et le constat que la cathédrale est pleine de fidèles, un jeudi matin.

De la férie

Le martyrologe de ce jour commence par la mention de saint Zénon et ses 10.203 compagnons martyrs sous Dioclétien.

Ensuite vient saint Cyrille évêque de Gortyne et martyr sous Dèce.

Puis on lit ceci :

A Brielle, en Hollande, la passion des dix-neuf martyrs dits de Gorcum. Parmi eux se trouvaient neuf prêtres et deux frères lais appartenant à l’Ordre des Frères Mineurs, quatre prêtres séculiers, deux Prémontrés, un Chanoine régulier de saint Augustin, un Dominicain. Tous, pour avoir défendu l’autorité de l’Eglise Romaine et la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, furent outragés et tourmentés en diverses manières par les hérétiques calvinistes, enfin attachés à la potence et étranglés, supplice qui acheva leur combat. Ils ont été inscrits au nombre des saints martyrs par le souverain pontife Pie IX.

Ces martyrs sont dits de Gorcum (Gorinchem) parce qu’ils ont été arrêtés dans cette ville avant d’être longuement torturés et pendus à Brielle.

La châsse contenant leurs reliques se trouve dans l’église Saint-Nicolas de Bruxelles. Elles y furent déposées par le franciscain Andres de Soto, confesseur de l’infante Isabelle, « souveraine des Pays-Bas », dont il reçut la profession de clarisse à la mort de son mari Albert d’Autriche.

Une coprésidente de la messe

Erio Castellucci, archevêque-abbé de Modène-Nonantola et évêque de Carpi, a une idée lumineuse : puisque pour le moment les femmes ne peuvent pas devenir prêtres, ni même diacres, on pourrait les faire coprésider la messe.

Une femme présiderait la « liturgie de la parole », et le prêtre présiderait la « liturgie eucharistique ».

En toute modestie, il appelle cela « la prophétie de la coprésidence ».

Après tout, c’est dans la ligne actuelle des papes qui nomment des préfètes et des propréfets de dicastères.

Sainte Elisabeth de Portugal

L’hymne des matines et des vêpres, du pape Urbain VIII qui a mis la reine Elisabeth du Portugal (où ils l’appellent Isabel) au catalogue des saints en 1625. Par le chœur diocésain de Coimbra, avec une partie polyphonique d’Estevão de Brito (première moitié du XVIIe siècle).

Domáre cordis ímpetus Elísabeth
Fortis, inópsque Deo
Servíre, regno prǽtulit.

Dompter les mouvements de son cœur et servir Dieu dans la pauvreté, c’est ce que l’héroïque Élisabeth préféra à un royaume.

En fúlgidis recépta cæli sédibus,
Sidereǽque domus
Ditáta sanctis gáudiis.

Aussi la voilà reçue dans l’éblouissant palais du ciel, et inondée des saintes délices de la demeure céleste.

Nunc regnat inter cǽlites beátior,
Et premit astra, docens
Quæ vera sint regni bona.

Plus heureuse à présent de régner parmi les habitants des cieux, elle domine les astres, nous apprenant quels sont les biens de la véritable royauté.

Patri potéstas, Filióque glória,
Perpetuúmque decus
Tibi sit, alme Spíritus. Amen

Puissance au Père, gloire au Fils, honneur éternel à vous, Esprit vivifiant. Amen.

Saints Cyrille et Méthode

L’apolytikion de leur synaxe du 11 mai (ils ont également chacun leur fête dans le calendrier byzantin) par Georges Fanaras, protopsalte de l’église Saint Georges de Thessalonique. (Il s’agit sans doute d’un tropaire propre à Thessalonique, car il est différent de l’apolytikion habituel.)

Ἀποστόλων τὸν ζῆλον ἐπιδειξάμενοι, ἐπὶ τὰς χώρας τῶν Σλάβων Εὐαγγελίου τὸ φῶς, διηυγάσατε λαμπρῶς θείῳ κηρύγματι, Θεσσαλονίκης οἱ βλαστοί, καὶ ἀστέρες φαεινοί, Μεθόδιε σὺν Κυρίλλῳ, αὐτάδελφοι θεηγόροι, Ἐκκλησιῶν ἡ σεμνοπρέπεια.

Faisant preuve de la ferveur des apôtres, vous avez brillamment répandu la lumière de l’Évangile dans les contrées des Slaves par votre prédication divine, Vous, rejetons de Thessalonique et astres resplendissants, Méthode et Cyrille, frères inspirés de Dieu, vous êtes la dignité des Églises.