A la cathédrale de Lungro

L’éparchie grecque-catholique italo-albanaise de Lungro a publié sur Facebook la belle divine liturgie célébrée hier en la cathédrale par l’évêque Mgr Donato Olivario. (C’est la liturgie de saint Jean Chrysostome, en grec, avec quelques particularités dans le chant.)

La dictature covidienne avait été l’occasion d’une présence inédite de cette liturgie sur internet, les prêtres voulant ainsi que les fidèles ne soient pas coupés de leur Eglise. Plusieurs paroisses diffusaient mêmes toutes leurs liturgies. Du moins en Sicile. En Calabre c’était moins fréquent. Mais depuis la fin de la dictature covidienne, plus rien… Même quand le nouvel évêque a été sacré à Piana degli Albanesi, cela n’a pas été diffusé.

Le site du diocèse de Lungro est muet à ce sujet, mais on comprend bientôt que que c’est en raison d’une ordination sacerdotale que cette divine liturgie a été enregistrée.

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Addendum. J’ai enregistré la vidéo sur ma chaîne YouTube de liturgie byzantine italo-albanaise. Elle est donc désormais visible sur YouTube.

De la férie

Si la liturgie latine fêtait les saints de l’Ancien Testament, ce serait aujourd’hui saint Isaïe, le premier cité au martyrologe. La liturgie byzantine le célèbre le 9 mai. Voici les stichères des vêpres.

Ἄνθρακι Θεότητος, τοῦ σαρκωθέντος ῥυπτόμενος, προφητείαν πιστεύεται, ὁ μέγας καὶ ἔνδοξος, καὶ τὴν θείαν δόξαν, βλέπει Ἡσαΐας, διὰ πολλὴν τῆς ἀρετῆς, περιουσίαν καὶ καθαρότητα, καὶ κήρυξ προχειρίζεται, καὶ προμηνύει τὴν μέλλουσαν, σωτηρίαν τοῖς ἔθνεσι, καὶ τὴν θείαν ἐμφάνειαν.

Purifié par le charbon ardent, par la braise de la divinité faite chair, le sublime, l’illustre Isaïe se voit confier la mission prophétique et contemple la gloire de notre Dieu, à cause de sa pureté et de ses multiples vertus; il en devient le héraut pour annoncer aux nations la divine manifestation et le salut à venir.

Νοῦν τε καὶ διάνοιαν, ἐκκαθαρθεὶς ἀξιάγαστε, Ἡσαΐα τοῦ Πνεύματος, εὐάρμοστον ὄργανον ἐνεργείαις τούτου, καὶ ταῖς ἐπιπνοίαις, ἀνακρουόμενον ἀεί, καὶ θεοφρόνως μεθαρμοζόμενον, ἐγένου παναοίδιμε, τὸν ἐπὶ θρόνου καθήμενον, ἐπηρμένου θεώμενος, καὶ τὰ θεῖα μυούμενος.

Le cœur et l’intelligence purifiés, admirable Isaïe, tu devins pour l’Esprit un harmonieux instrument que firent vibrer sans cesse son énergie, son inspiration et que perfectionna la sagesse de Dieu, illustre prophète initié aux mystères divins de celui que tu vis siégeant sur le trône élevé.

Μίαν κυριότητα, τρισυποστάτου Θεότητος, τρισαγίῳ φωνήματι, ἀπαύστως δοξάζοντα, Σεραφὶμ τὰ θεῖα, Μάκαρ θεωρήσας, καὶ μυηθεὶς προφητικήν, ἐνεπιστεύθης χάριν θαυμάσιε· διό σου τὸ πανίερον, ἐπιτελοῦντες μνημόσυνον, τῷ Χριστῷ σε προσάγομεν, πρεσβευτὴν δυνατώτατον.

Lorsque tu vis les Séraphins célestes sans cesse, par le chant du Trois-fois-saint, glorifier l’unique seigneurie de la tripersonnelle divinité, alors, bienheureux et admirable initié, te fut confiée la grâce de prophétie; c’est pourquoi, célébrant ta mémoire sacrée, comme intercesseur très-puissant nous te déléguons auprès du Christ notre Dieu.

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Chez moi c’est sainte Noyale.

6e dimanche après la Pentecôte

℟. Dóminus, qui erípuit me de ore leónis, et de manu béstiæ liberávit me, * Ipse me erípiet de mánibus inimicórum meórum.
℣. Misit Deus misericórdiam suam et veritátem suam: ánimam meam erípuit de médio catulórum leónum.
℟. Ipse me erípiet de mánibus inimicórum meórum.
℣. Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
℟. Ipse me erípiet de mánibus inimicórum meórum.

℟. Le Seigneur, qui m’a arraché de la gueule du lion, et qui m’a délivré des griffes de la bête féroce, * Lui-même m’arrachera des mains de mes ennemis.
℣. Dieu a envoyé sa miséricorde et sa vérité ; il a arraché mon âme du milieu des lionceaux.
℟. Lui-même m’arrachera des mains de mes ennemis.
℣. Gloire au Père, au Fils, * et au Saint-Esprit.
℟. Lui-même m’arrachera des mains de mes ennemis.

Ce répons des matines est le deuxième des « répons du Livre des Rois », comme on peut le voir par exemple sur l’antiphonaire de Hartker, pour les moines de Saint-Gall (fin du Xe siècle). Les textes de ces « répons des rois » sont déjà dans le Liber responsalis de saint Grégoire le Grand. (Cela étant précisé pour ceux qui parlent de « liturgie tridentine » alors que c’est des centaines d’années, un millénaire même, avant le concile de Trente.)

Ces répons du mois de juillet sont inspirés des livres des Rois (et des psaumes), parce que la lecture biblique du moment (donc les leçons des premiers nocturnes des matines) est celle de ces livres.

Le verset de ce répons vient littéralement du psaume 56 (versets 4 et 5), « quand David fuyait Saul dans la grotte ». Le corps du répons est surtout inspiré du psaume 17, « au jour que le Seigneur l’arracha des mains de tous ses ennemis, et de la main de Saul ».

De la Sainte Vierge le samedi

Non excédit fidem, quod homo exívit de vírgine, quando petra fontem prófluum scaturívit, ferrum super aquas natávit, ambulávit homo super aquas. Ergo, si hóminem unda portávit, non pótuit hóminem virgo generáre? At quem hóminem? De quo légimus: Et mittet illis Dóminus hóminem, qui salvos fáciet eos, et notus erit Dóminus Ægýptiis. In véteri ítaque Testaménto virgo Hebræórum per mare duxit exércitum: in novo Testaménto Virgo, géneris aula cæléstis, elécta est ad salútem.

Qu’un homme soit né d’une vierge, cela ne dépasse pas notre foi. Une pierre n’a-t-elle pas fait jaillir une source d’eau vive, un fer n’a-t-il pas flotté sur les eaux, et un homme n’a-t-il pas marché sur les flots ? Si l’eau a porté un homme, une vierge n’aurait-elle pu donner le jour à un homme, et à un homme dont nous lisons : « Il leur enverra un sauveur un défenseur qui les délivrera. Le Seigneur se fera connaître aux Égyptiens » ? Ainsi, dans l’ancien Testament, une vierge a conduit l’armée des Hébreux à travers les flots de la mer ; dans le Nouveau, une vierge, demeure royale d’un enfant céleste, fut élue pour l’œuvre du salut.

Lettre de saint Ambroise au pape Sirice, leçon des matines. Il s’agit du paragraphe 7 d’une lettre de 389 présentée comme écrite par les évêques du Milanais à Sirice (contresignée par « tous les ordres des prêtres et des diacres »), en réponse au décret d’excommunication de divers hérétiques dont le pape a fait part à l’Eglise de Milan, le premier cité étant Jovinien, qui niait la virginité de Marie, et avait été moine à Milan.

Saint Irénée

Tropaires en usage à la paroisse byzantine catholique Saint-Irénée de Lyon.

Commun des martyrs :

Émule des Apôtres dans leur vie, * leur successeur sur leurs trônes, * tu as trouvé dans la pratique des vertus, * ô  inspiré de Dieu, * la voie qui mène à la contemplation. * Aussi dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu as lutté pour la foi jusqu’au sang, * ô pontife martyr Irénée. * Prie le Christ-Dieu de sauver nos âmes.

De Mgr Stéphane de Nazianze, évêque orthodoxe de Nice entre 1987 et 1999 :

Colonne inébranlable de l’Église du Christ et flambeau inextinguible de l’univers, * Pasteur des Gaules, bienheureux Irénée ! * Tu as lui dans le monde par le martyre * et dissipé les mensonges des hérésies * en démontrant la vérité. * Gloire à celui qui t’a donné la force, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui par toi nous fait grande miséricorde.

Du moine Gérasime (du skite orthodoxe Sainte-Foy) :

En pontife diligent tu as prêché, * bienheureux Irénée, conformément à ton nom, * par le monde la bonne nouvelle (ou : l’Évangile) de la paix * et pour le Christ tu as lutté fermement ; * aussi par des hymnes nous te vénérons, * hiéromartyr, en chantant : * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui nous accorde, par tes prières, le salut.

De François Gineste, chantre de la paroisse :

Flambeau allumé par Polycarpe * pour illuminer les régions du Couchant, * à Lyon tu resplendis, Pontife Martyr Irénée, * chassant les idoles, réfutant les hérésies, * procurant à l’Église la paix * et entraînant au ciel avec toi une foule de martyrs. * Gloire à Celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à Celui qui t’a couronné, * gloire à Celui qui opère en tous par tes prières le salut.