A Iekaterinbourg

La divine liturgie ce matin en l’église de l’icône de la Mère de Dieu Souveraine, avec son iconostase qui ressemble à une boîte de bonbons… J’ai déjà évoqué ces jolis chants à deux voix. Je ne m’en lasse pas. Le Trisagion à 13’45. L’Hymne des chérubins à 41’08. Le Credo à 48’.  Le Sanctus à 52’34. L’hymne à la Vierge à 54’58 (avec zoom sur l’icône).

Mercredi des quatre temps de l’Avent

La messe de ce jour est marquée par l’évangile de l’Annonciation. Et au moyen âge cet évangile fut de plus en plus solennisé, comme la célébration d’une autre fête de l’Annonciation. Cela commença dans les monastères, où l’on chanta l’évangile à la fin des matines avec la même solennité qu’à la messe (alors que normalement on n’en disait que les premiers mots), et l’abbé devait délivrer un sermon (d’où les quatre sermons « sur Missus est » de saint Bernard). Puis au XVe siècle cette solennisation gagna la messe, où l’on chantait l’évangile à plusieurs voix, comme la Passion, et parfois avec une véritable mise en scène, comme à la cathédrale de Tournai.

Comme nous sommes le 17, c’est la première des « féries majeures », avec leurs antiennes propres, et la première antienne O du Magnificat. Par les moines du Barroux :

O Sapiéntia, quæ ex ore Altíssimi prodiísti, attíngens a fine usque ad finem, fórtiter suavitérque dispónens ómnia : veni ad docéndum nos viam prudéntiæ

O Sagesse, qui êtes sortie de la bouche du Très-Haut, atteignant d’une extrémité à une autre extrémité, et disposant toutes choses avec force et douceur : venez pour nous enseigner la voie de la prudence.

Sur les antiennes O, voir ici.

Saint Eusèbe de Verceil

Solidement formé dans la foi nicéenne, Eusèbe défendit de toutes ses forces la pleine divinité de Jésus-Christ, défini par le Credo de Nicée « de la même substance » que le Père. Dans ce but, il s’allia avec les grands Pères du IVe siècle – surtout avec saint Athanase, le porte-drapeau de l’orthodoxie nicéenne – contre la politique philo-arienne de l’empereur. Pour l’empereur, la foi arienne, plus simple, apparaissait politiquement plus utile comme idéologie de l’empire. Pour lui, ne comptait pas la vérité, mais l’opportunité politique: il voulait instrumentaliser la religion comme lien d’unité de l’empire. Mais ces grands Pères résistèrent en défendant la vérité contre la domination de la politique. C’est pour cette raison qu’Eusèbe fut condamné à l’exil comme tant d’autres évêques d’Orient et d’Occident: comme Athanase lui-même, comme Hilaire de Poitiers, comme Osius de Cordoue.

A Scitopolis, en Palestine, où il fut assigné entre 355 et 360, Eusèbe écrivit une page merveilleuse de sa vie. Là aussi, il fonda un monastère  avec un petit groupe de disciples et, de ce lieu, il s’occupa de la correspondance avec ses fidèles du Piémont, comme le démontre en particulier la deuxième des trois Lettres eusébiennes reconnues comme authentiques. Par la suite, après 360, il fut exilé en Cappadoce et dans la Thébaïde, où il subit de graves mauvais traitements physiques.

En 361, Constance II mourut, et lui succéda l’empereur Julien, dit l’apostat, qui ne s’intéressait pas au christianisme comme religion de l’empire, mais voulait simplement restaurer le paganisme. Il mit fin à l’exil de ces évêques et permit à Eusèbe de reprendre possession de son siège. En 362, il fut envoyé par Anastase pour participer au Concile d’Alexandrie, qui décida de pardonner les évêques ariens s’ils retournaient à l’état de laïc. Eusèbe put encore exercer le ministère épiscopal pendant une dizaine d’années, jusqu’à sa mort, entretenant avec sa ville une relation exemplaire, qui ne manqua pas d’inspirer le service pastoral d’autres évêques de l’Italie du Nord, comme saint Ambroise de Milan et saint Maxime de Turin.

Benoît XVI

Lundi de la troisième semaine de l’Avent

L’antienne de Benedictus, aux laudes, combine diverses expressions d’Isaïe (11,1, 6,3, 40,5 52,10) :

Egrediétur virga de radíce Jesse, et replébitur omnis terra glória Dómini  ; et vidébit omnis caro salutáre Dei.

Il sortira un rejeton de la racine de Jessé, et toute la terre sera remplie de la gloire du Seigneur ; et toute chair verra le salut de Dieu.

L’antienne de Magnificat, aux vêpres, reprend un verset du Magnificat mais en inversant les propositions pour commencer par la proclamation : « Bienheureuse…. » :

Beátam me dicent omnes generatiónes, quia ancíllam húmilem respéxit Deus.

Bienheureuse, me diront toutes les générations, parce que Dieu a regardé son humble servante.

Rappel du Magnificat :

Magnificat anima mea Dominum, et exsultavit spiritus meus in Deo salutari meo. Quia respexit humilitatem ancillæ suæ : ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes,