Saint Polycarpe

Fresque du monastère de Ravanica, Serbie, XIVe siècle.

Stichères du Lucernaire

Lorsqu’en terre tomba le fruit du sein virginal, la semence de vie, alors, il te fit pousser comme un épi portant beaucoup de fruit (polycarpon), pour nourrir les fidèles, par tes saintes paroles et tes enseignements, et les sanctifier par ton sang de martyr, Polycarpe, pontife sacré.

De ce monde vers Dieu tu es passé en portant l’auréole des martyrs ; tu as atteint le sommet de ton désir, vénérable Père, comblé de la bienheureuse splendeur ; intercède désormais pour qu’y puissent participer tous les fidèles célébrant, Polycarpe, ta mémoire sacrée.

Kondakion

Polycarpe, toi qui offris tes fruits (carpous) spirituels au Seigneur, tu t’es montré, par tes divines vertus, digne de lui, Pontife bienheureux ; et nous que tes paroles ont illuminés, nous chantons en ce jour ta mémoire d’être louée, en glorifiant notre Dieu.

Ikos

Ayant puisé à la source le trésor de la sagesse, Père saint, tu as comblé de connaissance divine ton troupeau et fis briller le triple soleil de l’ineffable et très-sainte divinité, enseignant le Père inengendré, la génération du Fils et la procession de l’Esprit, exposant clairement l’unique gloire de l’unique Dieu et faisant reculer l’idolâtrie ; alors, tu présentas au Seigneur comme des fruits (carpous) mûrs les âmes des croyants ; en lui nous avons été baptisés, en lui aussi nous croyons, en glorifiant notre Dieu.

3e dimanche après l’Epiphanie

Le graduel, chanté par les moniales d’Argentan.

Timébunt gentes nomen tuum, Dómine, et omnes reges terræ glóriam tuam. ℣. Quóniam ædificávit Dóminus Sion, et vidébitur in maiestáte sua.

Les peuples craindront votre Nom, Seigneur, et tous les rois de la terre, votre gloire. ℣. Car le Seigneur a édifié Sion, et il sera vu dans sa majesté.

Dans l’Évangile qui suit ce chant, le centurion païen de Capharnaüm, rempli de révérence devant l’apparition du Messie, prononce ces mots : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. » Et Jésus s’émerveille de la grandeur de la foi de cet homme, qui fait apparaître le païen comme un roi face aux Israélites, les « enfants du royaume », comme les appelle l’Évangile. Dans la merveilleuse guérison de son serviteur, le centurion a le privilège de voir la gloire du Seigneur en récompense de sa foi.

Toute l’image de la fête de l’Épiphanie se présente à nouveau à nos yeux. Nous voyons les païens et même les rois de la terre affluer à Jérusalem pour rendre un hommage respectueux à leur Roi divin. Il bâtit Sion, son Église, dans laquelle tous trouveront place, du lever au coucher du soleil. Et tous seront autorisés à voir et à partager sa gloire et à s’asseoir à la table du Christ lors du banquet nuptial eucharistique.

Le corps du Graduel, en particulier dans ses registres graves, procède du cœur de l’humble centurion. Sa première phrase correspond presque exactement à celle du Jeudi Saint. Sur gentes, les manuscrits annotés donnent à presque toutes les notes une indication de plus grande ampleur. Car l’appel du monde païen à la voie du salut est le plus grand événement depuis l’Épiphanie.

Dom Dominic Johner

Saint Timothée

L’apolytikion courant :

Χρηστότητα εκδιδαχθείς, και νήφων εν πάσιν, αγαθήν συνείδησιν ιεροπρεπώς ενδυσάμενος, ήντλησας εκ του σκεύους της εκλογής τα απόρρητα’ και την πίστιν τηρήσας, τον ίσον δρόμον τετέλεκας, Ιερομάρτυς Απόστολε Τιμόθεε. Πρέσβευε Χριστώ τω Θεώ, σωθήναι τας ψυχάς ημών.

Maître en douceur, sobre en tout, revêtu d’une conscience droite comme il convient à un prêtre, tu as puisé au “Vase d’élection” (saint Paul) les vérités ineffables. Tu as conservé la foi et mené à terme une course égale à la sienne, ô Pontife-Martyr Timothée. Prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Apolytikion, kondakion et mégalynaire composés par Gerasimos Mikragiannanitis :

Τέκνον γνήσιον, του Παύλου ώφθης, ως παρίστησι, και συνεργάτης, αγαπητός κατά πάντα Τιμόθεε’ και διαπρέψας τω λόγω της χάριτος, αθλητικώς εδοξάσθης Απόστολε. Όθεν πρέσβευε, Κυρίω τω σε δοξάσαντι, δωρήσασθαι ημίν το μέγα έλεος.

Tu t’es montré le fils authentique de Paul, son aide et son collaborateur, Timothée bien-aimé en tout, et tu t’es distingué par la parole de la grâce, tu as été glorifié en athlète de Dieu, ô apôtre. C’est pourquoi, intercède auprès du Seigneur qui t’a glorifié, afin qu’il nous accorde sa grande miséricorde.

Τιμόθεον πιστοί, τον συνέκδημον Παύλου, και θείον μαθητήν, και πιστόν συνεργάτην, ενθέως τιμήσωμεν, προς αυτόν ανακράζοντες’ Αεί πρέσβευε, τω Βασιλεί των απάντων, δούναι άφεσιν, αμαρτιών ημίν πάσιν, ως θείος Απόστολος.

Fidèles, honorons avec ferveur Timothée, le compagnon de Paul, son disciple divin et fidèle collaborateur, en lui criant : « Intercède toujours auprès du Roi de l’univers pour qu’il nous accorde le pardon de nos péchés, ô apôtre divin. »

Χερσί ταις του Παύλου ολοσχερώς, Χριστώ ανετέθης, τω των όλων δημιουργώ, και της εν Εφέσω, Αγίας Εκκλησίας, ποιμήν σοφός εδείχθης, μάκαρ Τιμόθεε.

Entièrement entre les mains de Paul, tu t’es donné au Christ, le Créateur de l’univers, et à la sainte Eglise d’Ephèse, tu t’es montré un pasteur sage, ô bienheureux Timothée.

Chantés par le hiéropsalte Apostolos Koutsimanis.

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Gerasimos Mikragiannanitis (1905-1991), ermite de l’Athos, hymnographe prolifique, auteur de plus de 2.000 partitions, canonisé par le saint synode du patriarcat de Constantinople en 2023. En parlant de la façon dont il composait en l’honneur d’un saint, il disait : « J’ai le saint devant moi. C’est pourquoi je ne veux communiquer avec personne d’autre à ce moment-là. L’hymnographie, cette œuvre spirituelle, est une union de l’âme avec Dieu ; c’est une prière d’émerveillement ; c’est une méditation de l’esprit ; c’est une theoria (contemplation) secrète ; c’est un mystère qui ne s’interprète pas et ne s’extériorise pas de façon rationnelle. L’hymnographie est la philosophie sous-jacente. Elle ne s’exprime pas par ces mots. Il faut l’essayer pour la ressentir. » (« Philosophie » a sens que lui donnent les Pères de l’Eglise : le message chrétien et la façon d’en vivre.)

Continuité bergoglienne

Léon XIV a nommé Carlo Roberto Maria Redaelli, jusqu’ici archevêque de Gorizia, secrétaire du dicastère pour le clergé. Il est l’un des plus farouches adversaires de la liturgie traditionnelle.

A l’assemblée de la conférence des évêques italiens, en 2018, Mgr Redaelli s’était fait le porte-parole des évêques qui condamnaient le motu proprio Summorum Pontificum. Messa in latino relatait :

Mgr Redaelli, évêque de Gorizia (dont nous savons qu’il a obtenu un diplôme en droit canonique à l’Université pontificale grégorienne) a affirmé que le Missel ancien de Jean XXIII avait été abrogé par Paul VI (contrairement à ce qu’affirme Benoît XVI dans le Motu Proprio) et que, par conséquent, Summorum Pontificum, dont les prémisses juridiques sont erronées, est inopérant dans la partie où il affirme la validité continue de l’ancien missel et reconnaît sa validité inchangée aujourd’hui. Pour cette raison, le motu proprio est un « non-sens » juridique et la liturgie « tridentine » n’a pas été légitimement rétablie par le motu proprio et ne peut être considérée comme libéralisée.

D’autre part, en 2017 il avait refusé de condamner le « mariage » d’un chef scout avec un homme. Il avait invité les fidèles à « réfléchir ensemble pour comprendre si, même à partir d’un événement aussi controversé, on peut recevoir des aspects de la grâce » et rappelait  » l’invitation à accueillir, discerner et intégrer qui imprègne le magistère du pape François ».

Saint Raymond de Peñafort

Saint Raymond compilant le droit canonique pour Grégoire IX. Fresque de la salle capitulaire des dominicains de Trévise, 1352.

Sa collecte.

La leçon du bréviaire.

Hymne du bréviaire dominicain.

Son tombeau.

Saint Raymond à Tossa de Mar.

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Le martyrologe dit aussi notamment :

Ancýræ, in Galátia, sancti Cleméntis Epíscopi, qui, sǽpius cruciátus, tandem, sub Diocletiáno Imperatóre, martýrium consummávit.

Ibídem sancti Agathángeli, qui eódem die, sub Lúcio Prǽside, passus est.

A Ancyre [Ankara], en Galatie, saint Clément évêque. Torturé à plusieurs reprises, il consomma enfin son martyre, sous l’empereur Dioclétien.

Au même lieu, saint Agathange, qui souffrit le même jour sous le préfet Lucius.

Saint Clément d’Ancyre et saint Agathange sont les deux martyrs célébrés ce jour dans la liturgie byzantine. Voici les stichères du lucernaire (ceux de Clément rappellent qu’il fut tué alors qu’il célébrait la messe) :

Tu fus le sarment de la Vigne de vie bêché de tous côtés par de labeurs mystiques : taillé dans les peines de l’ascèse en effet, puis retranché par le glaive du martyre, Père saint, tu nous as versé le vin de componction ; et, l’ayant bu à satiété, nous les fidèles, nous célébrons, bienheureux Clément, ta mémoire sacrée.

Après avoir offert, Pontife saint, le sacrifice parfait, l’admirable et surnaturelle oblation, toi-même tu t’offris en sacrifice ; et tu mêlas de tout cœur ton sang à celui de ton Seigneur ; purifié par lui, Bienheureux, tout entier, tu devins net, tout entier parfaitement consacré.

Toi qui sacrifiais l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde, faisant disparaître la corruption et la mort, bienheureux Pontife divin, tu fus immolé en victime sans défaut, devenant un même être avec lui par une mort semblable à la sienne et porteuse de vie, et tu as trouvé maintenant dans son royaume la béatitude méritée.

De la bonne nouvelle t’enrichit l’excellent pontife Clément dont tu fus le compagnon de route et de combat ; avec lui tu menas la divine course jusqu’au bout, Agathange, dans les souffrances et toutes sortes de châtiments jusqu’à recevoir la couronne à la fin et passer vers le royaume d’en-haut pour te réjouir avec les Anges en tout temps.

Desquamé par les grattoirs et lardé par le feu, exposé à la flamme de tous côtés, martyr Agathange, étendu sur le gril et cuit sur la braise comme un bon pain, tu fus présenté à la table des cieux, demandant au Maître d’épargner tout châtiment à ceux qui te vénèrent avec foi.

Tu enduras les fustigations et, tendu sur le bois, tu supportas les déchirements avec une endurance infinie, et sur la fin de tes combats, la tête tranchée, tu as arrosé des flots de ton sang toute la sainte Eglise qui célèbre ton éminente clarté, gloire des Martyrs aux multiples exploits.