Fête Dieu

Le graduel de la messe (sur les versets 15 et 16 du psaume 144) a été repris du propre du 20e dimanche après la Pentecôte. Il est ici comme une préface de l’Ancien Testament à l’Alléluia qui suit, qui est quant à lui directement lié à l’évangile qui va être chanté.

Oculi ómnium in te sperant, Dómine: et tu das illis escam in témpore opportúno.
℣. Aperis tu manum tuam: et imples omne animal benedictióne.

Les yeux de tous espèrent en vous, Seigneur, et vous leur donnez leur nourriture en temps opportun.
℣. Vous ouvrez votre main, et vous remplissez toute chair de votre bénédiction.

Allelúja, allelúja. Caro mea vere est cibus, et sanguis meus vere est potus: qui mandúcat meam carnem et bibit meum sánguinem, in me manet et ego in eo. Allelúia.

Alléluia, alléluia. Ma chair est vraiment une nourriture, et mon Sang est vraiment un breuvage ; celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui. Alléluia.

Pour en finir avec les « lectures » (4)

Il y avait ce matin avant la divine liturgie, au monastère Sretenski de Moscou, l’ordination d’une vingtaine de « lecteurs » tonsurés. On voit qu’après la tonsure ils doivent « lire » l’épitre, ce qui est leur activité première. C’est-à-dire qu’ils doivent savoir chanter l’épître, ce qu’ils montrent à tour de rôle devant l’évêque (il s’agit ici du métropolite Théognost de Kachira, ancien abbé de la laure de la Trinité-Saint-Serge et archevêque de Serguei-Possad, aujourd’hui vicaire du patriarche Cyrille).

Le « lecteur » est quelqu’un qui chante, car les « lectures » liturgiques sont des chants. Et ici en slavon, langue liturgique.

(Dans leur calendrier c’est aujourd’hui la fête de l’icône de la Mère de Dieu de Vladimir. En quelque sorte la fête patronale du monastère. En effet Sretenski veut dire : « de la rencontre ». Et il s’agit de la rencontre de cette icône, qu’on avait fait venir de Vladimir pour conjurer le péril des armées de Tamerlan. De fait ces armées repartirent et Moscou fut sauvée. C’était en 1395. Sur la place où les habitants de Moscou avaient « rencontré » l’icône, le grand-prince de Moscou Vassili Ier fit construire le monastère.)

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Pour en finir avec les lectures 1, 2, 3.

Sainte Clotilde

Introït (psaume 17)

Vivit Dóminus, et benedíctus Deus meus, magníficans salútes regis eius, et fáciens misericórdiam christo suo, et sémini eius usque in sǽculum.
. Díligam te, Dómine, fortitúdo mea : Dóminus firmaméntum meum, et refúgium meum, et liberátor meus.

Vive le Seigneur, et béni soit mon Dieu ! Il multiplie les triomphes de son roi, il montre son amour à celui qu’il a consacré et à sa descendance pour toujours.
. Je vous aime, Seigneur, vous êtes ma force ; le Seigneur est mon rocher, ma forteresse et mon libérateur.

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Graduel (Esther 14)

Regína confúgit ad Dóminum, et deprecabátur, dicens : Tríbue, Dómine, sermónem composítum in conspéctu leónis, et transfer cor illíus. ℣. Tu scis quod numquam lætáta sit ancílla tua, nisi in te, Deus Abraham.

La reine eut recours au Seigneur, elle le suppliait en disant : Donnez-moi, Seigneur, le langage qui convient en présence de ce lion, et changez son cœur. ℣. Vous le savez, jamais votre servante n’a eu de joie ailleurs qu’en Vous, Dieu d’Abraham.

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Alléluia (Esther 15)

Allelúia, allelúia. Cum invocásset ómnium rectórem et salvatórem Deum, convértit Deus spíritum regis. Allelúia.

Allelúia, allélluia. Lorsqu’elle eut invoqué le Dieu qui conduit et sauve tous les hommes, Dieu changea le cœur du roi. Alléluia.

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Offertoire (psaume 101)

Respéxit Dóminus in oratiónem humílium : scribántur haec in generatióne áltera, et pópulus qui creábitur laudábit Dóminum.

Le Seigneur fut attentif à la prière des humbles. Que cela soit écrit pour les âges futurs, et le peuple qui naîtra louera le Seigneur.

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Communion (psaume 21)

Anima mea Dómino vivet, et semen meum sérviet ipsi.

Mon âme vivra pour le Seigneur, et ma descendance le servira.

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On trouvera les partitions ici.

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De la férie

L’hymne des laudes du mardi dans l’année est composée des strophes 1, 2, 21 et 25 de l’Hymne au chant du coq de Prudence. La voici avec la traduction de Jean Racine. J’ajoute une belle traduction anglaise anonyme publiée en 1871 par les épiscopaliens américains. Et une polyphonie d’un certain John White, « contemporain de Haydn et Mozart » qui avait ainsi mis en musique de nombreuses hymnes de l’office divin, sous le titre Horae canonicae.

Ales diei nuntius
Lucem propinquam præcinit :
Nos excitator mentium
Jam Christus ad vitam vocat.

Auferte, clamat, lectulos,
Ægro sopore desides :
Castique, recti, ac sobrii
Vigilate, jam sum proximus !

Jesum ciamus vocibus,
Flentes, precantes, sobrii :
Intenta supplicatio
Dormire cor mundum vetat.

Tu, Christe, somnum discute,
Tu rumpe noctis vincula,
Tu solve peccatum vetus,
Novumque lumen ingere !

Deo Patri sit gloria,
Ejusque soli Filio,
Cum Spiritu Paraclito,
Et nunc et in perpetuum. Amen.

L’oiseau vigilant nous réveille,
Et ses chants redoublés semblent chasser la nuit :
Jésus se fait entendre à l’âme qui sommeille,
Et l’appelle à la vie, où son jour nous conduit.

Quittez, dit-il, la couche oisive
Où vous ensevelit une molle langueur :
Sobres, chastes et purs, l’œil et l’âme attentive,
Veillez ; je suis tout proche, et frappe à votre cœur.

Ouvrons donc l’œil à sa lumière,
Levons vers ce Sauveur et nos mains et nos yeux,
Pleurons et gémissons : une ardente prière
Ecarte le sommeil, et pénètre les cieux.

O Christ, ô Soleil de justice !
De nos cœurs endurcis romps l’assoupissement ;
Dissipe l’ombre épaisse où les plonge le vice,
Et que ton divin jour y brille à tout moment.

Gloire à toi, Trinité profonde,
Père, Fils, Esprit Saint qu’on t’adore toujours,
Tant que l’astre des temps éclairera le monde,
Et quand les siècles même auront fini leur cours.

The wingéd herald of the day
Proclaims the morn’s approaching ray:
So Christ the Lord renews His call,
To endless life awakening all.

« Take up thy bed, » to each he cries,
Who sick, or wrapp’d in slumber, lies:
« Be chaste, and, living soberly,
Watch ye, for I the Lord am nigh. »

With earnest cry, with tearful care,
Call we the Lord to hear our prayer;
While supplication, pure and deep,
Forbids each chastened heart to sleep.

O Father, that we ask be done,
Through Jesus Christ,Thine only Son;
Who, with the Holy ghost and Thee,
Shall live and reign eternally.

Sainte Angèle Merici

Fin du Testament de sainte Angèle Merici (1540), fondatrice des ursulines (1535).

Si vous observez fidèlement toutes ces choses et d’autres semblables, comme le Saint-Esprit vous le dictera selon le temps et les circonstances, réjouissez-vous, continuez bon gré. Voici qu’une grande récompense sera préparée pour vous. Et là où seront les filles, là aussi seront les mères.

Soyez consolées, ne doutez pas ; nous voudrons vous voir au ciel au milieu de nous, car ainsi le voudra aussi Celui qui vous aime toutes. Et qui donc pourrait lui résister ? Lui dont la lumière et la joyeuse splendeur de vérité nous environneront au moment de la mort, et vous libéreront des mains de l’ennemi.

Persévérez donc fidèlement et avec allégresse l’œuvre commencée. Et gardez-vous, gardez-vous dis-je, de perdre votre ferveur, puisque chaque promesse que je vous fais se réalisera pour vous avec surabondance.

Maintenant, je m’en vais, et vous, entre temps, faites ce qui est à faire. Mais d’abord je vous embrasse et je donne à toutes le baiser de paix, en suppliant Dieu de vous bénir. In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.