15e dimanche après la Pentecôte

James Tissot, 1886-1896, musée de Brooklyn.

Ce que rapporte l’évangile de ce jour est une histoire vraie. L’Évangile est vrai, non seulement parce qu’il exprime la plénitude de la vie et de la vérité divines, mais parce qu’il raconte ce qui s’est vraiment passé, ce que Dieu a en vérité effectué pour son peuple et pour l’humanité entière. La réaction des témoins de l’évènement le montre bien : il s’est passé aujourd’hui à Naïm un évènement extraordinaire, un jeune homme que l’on portait en terre, c’est-à-dire mort depuis trois jours, a été réveillé d’entre les morts par une simple parole du Seigneur et Messie rencontrant la procession funéraire dans la rue : « Un grand prophète s’est levé parmi nous ! Dieu a pris en considération son peuple ! » Oui : mais beaucoup plus qu’un prophète, et pas seulement son peuple : l’humanité entière.

L’historicité du saint Évangile va encore plus loin que cette chronique. L’histoire du monde, l’Histoire, est marquée à jamais par le fait que le Fils de Dieu « s’est fait chair du saint Esprit et de Marie la Vierge et s’est fait homme ». Et, en se faisant homme, Il a rencontré l’homme dans les ruelles de ce monde, dont Il s’est fait le Citoyen, comme dit saint Basile. Il a rencontré ses concitoyens, l’humanité veuve et privée de tout soutien : dans l’Antiquité, une veuve est la plus malheureuse des femmes et si son fils unique n’est plus, elle n’a plus d’espoir même de manger à sa faim. La condition humaine est atroce, non seulement parce que beaucoup parmi les hommes souffrent la faim, la soif et le mépris, mais parce que nombreux sont ceux qui ne connaissent rien du Père céleste et qui sont si pauvres et si dénutris qu’ils n’ont même plus ni faim ni soif de lui.

Or, à l’humanité qui a laissé mourir son époux par oubli, par négligence, par impiété, par ses péchés et ses fautes si nombreux, en le reléguant, comme un astre mort, dans un ciel lointain, le Fils annonce le Père. Aussi dit-Il à la veuve cette parole paradoxale : « Ne pleures pas ! » – facile à dire, semble-t-il ; parole presque insolente adressée à une femme si douloureuse. Pourtant, c’est vrai : Ne pleures pas ! Ton époux est vivant et ton fils vit ! À chacun d’entre nous, quand Il lui parle au cœur même de son chagrin et de sa déréliction, dans la surdité de son âme veuve, le Christ annonce qu’il a un père, le Père céleste ; à chacun de nous, quand Il nous dit « Réveille-toi ! » – facile à dire à un mort ! – à chacun de nous, orphelin comme ce pauvre jeune homme, le Christ donne la grâce d’être fils du Très-haut par la foi et la grâce du saint Esprit.

Le Fils de Dieu donne à l’humanité un père, son Père. Le Christ ne se contente pas d’agréger ses disciples à son école, Il ne se satisfait par de les enseigner ; il ne lui suffit même pas de les adopter de la part du Père. Non ! Il les affilie au Père en leur donnant le saint Esprit. Et le saint Esprit les configure au Fils par la foi. Bien plus : Il les conçoit du Père, comme le dit le prologue de l’évangile selon saint Jean. « Jeune homme, c’est Moi qui te le dis ! réveille-toi ! Car te voilà né d’en haut, né, non plus d’un vouloir de chair ou d’homme, mais de Dieu ! » La bonne nouvelle qu’apporte Jésus sur les routes de ce monde à l’humanité désolée et sans Dieu, c’est qu’elle a un époux en Dieu et qu’elle a un père en Dieu.

Veuve stérile et sans enfants, l’humanité se voit promettre par le Fils d’être à nouveau fertilisée par l’Esprit du Père et de mettre au monde de nombreux fils. Au fils défunt Il rend la vie ; à la mère Il rend la fécondité. Le Christ vient dans le monde, dans les villes et les villages de ce monde, porteur d’un espoir fou, d’une promesse insensée : les impasses, les impossibilités, les échecs définitifs, les insolubles morts, la pauvreté sans remède, la stérilité et le veuvage de tant d’âmes privées de la connaissance de Dieu, le Christ ose – avec quelle audace ! – les balayer de sa main divine, de cette main dont il touche le cercueil de nos faillites. Gloire à toi, Seigneur Jésus, gloire à toi !

La seule indication concernant cette homélie trouvée sur le site Sagesse orthodoxe est qu’elle a été diffusée le 9 octobre 2016 sur Radio Notre-Dame. Puisque ce site est celui de la paroisse orthodoxe de Louveciennes, et vu la qualité de l’homélie, elle est plus que probablement du père Marc-Antoine Costa de Beauregard.

De la férie

Le premier nommé au martyrologe est Moïse, qui est honoré ce même jour dans la liturgie byzantine. Mais la liturgie latine ne célèbre pas les saints de l’Ancien Testament (à l’exception des Maccabées).

La notice la plus longue est celle-ci :

A Chalon-sur-Saône, en Gaule, saint Marcel martyr. Sous l’empereur Antonin, il fut invité par le gouverneur Prisque à un festin profane, mais, témoignant de l’horreur pour les repas de ce genre, il reprocha librement à ceux qui y prenaient part de rendre un culte aux idoles; alors, par une cruauté inouïe, le gouverneur le fit enterrer jusqu’à la ceinture. Marcel demeura trois jours dans cet état, ne cessant de louer Dieu, jusqu’à ce qu’il lui eût rendu son âme sans tache.

On lit sur le site Tourisme et loisirs du diocèse d’Autun-Chalon-Macon :

Marcel serait venu d’Asie Mineure avec Irénée qui avait été disciple de saint Polycarpe de Smyrne (aujourd’hui Izmir en Turquie) qui avait été lui-même disciple de saint Jean l’Apôtre. Avec eux se trouvaient d’autres chrétiens dont Valérien.

A cette époque (177 après Jésus-Christ) l’empereur Marc Aurèle dirigeait l’empire de Rome. Il était parmi les grands persécuteurs des chrétiens et nombreux sont les martyrs qui moururent sous son règne.

Après avoir parcouru la Méditerranée d’est en ouest, Marcel, Valérien et Irénée remontent la vallée du Rhône en prêchant la Parole de Dieu. On retrouve leur histoire dans des documents qui rapportent entre autres faits marquants les Martyrs de Lyon dans l’amphithéâtre des 3 Gaules dont les ruines sont visitables à la Croix-Rousse à Lyon. Saint Pothin, évêque de Lyon et sainte Blandine connurent le martyre en ce lieu, saint Irénée avait été envoyé à Rome pour consulter l’évêque.

Selon la légende Marcel et Valérien échappèrent aux persécutions grâce à un ange qui les aurait libérés. Marcel et Valérien continuèrent leur pieuse progression vers le nord par la vallée de la Saône. Valérien connut le martyre à Tournus où une partie (la crypte) de l’abbaye Saint Philibert lui est dédicacée.

Marcel continua sa mission d’évangélisation vers le nord mais, à proximité de Chalon, lui aussi est arrêté et invité à renier sa foi. Il refuse de participer à un banquet païen et à un sacrifice aux dieux de l’empire romain. Le gouverneur Priscus le condamne à être écartelé entre les branches d’un arbre, flagellé et enfin immergé à mi-corps dans un puits où il agonise pendant 3 jours.

Un premier oratoire fut érigé probablement à l’endroit même où mourut saint Marcel. Plus tard une basilique fut élevée à la demande du roi Gontran, petit-fils de Clovis. Au IXe siècle la Bourgogne subit les invasions des Normands. En 979 le comte Geoffroy de Chalon remet les hommes et les bâtiments de Saint Marcel à l’abbaye de Cluny (fondée en 910). L’église de Saint-Marcel devient donc un prieuré clunisien et le restera jusqu’au XVIIIe siècle.

Quelques photos de l’église Saint-Marcel de Saint-Marcel (Chalon-sur-Saône). On voit le reliquaire de saint Marcel, et l’inscription rappelant que deux papes ont visité cette église.

Saint Pie X

Photo en couleur prise en 1907 par la Neue Photographische Gesellschaft de Berlin pour une carte postale. Ce studio ouvert en 1905 fut sans doute le premier à réaliser des photos couleur.

Début de l’encyclique Pascendi Dominici gregis, 1907.

A la mission qui Nous a été confiée d’en haut de paître le troupeau du Seigneur, Jésus-Christ a assigné comme premier devoir de garder avec un soin jaloux le dépôt traditionnel de la foi, à l’encontre des profanes nouveautés de langage comme des contradictions de la fausse science. Nul âge, sans doute, où une telle vigilance ne fût nécessaire au peuple chrétien: car il n’a jamais manqué, suscités par l’ennemi du genre humain, d’hommes au langage pervers, diseurs de nouveautés et séducteurs, sujets de l’erreur et entraînant à l’erreur. Mais, il faut bien le reconnaître, le nombre s’est accru étrangement, en ces derniers temps, des ennemis de la Croix de Jésus-Christ qui, avec un art tout nouveau et souverainement perfide, s’efforcent d’annuler les vitales énergies de l’Eglise, et même, s’ils le pouvaient, de renverser de fond en comble le règne de Jésus-Christ. Nous taire n’est plus de mise, si Nous voulons ne point paraître infidèle au plus sacré de Nos devoirs, et que la bonté dont Nous avons usé jusqu’ici, dans un espoir d’amendement, ne soit taxée d’oubli de Notre charge.

Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c’est que, les artisans d’erreurs, il n’y a pas à les chercher aujourd’hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c’est un sujet d’appréhension et d’angoisse très vives, dans le sein même et au cœur de l’Eglise, ennemis d’autant plus redoutables qu’ils le sont moins ouvertement. Nous parlons, Vénérables Frères, d’un grand nombre de catholiques laïques, et, ce qui est encore plus à déplorer, de prêtres, qui, sous couleur d’amour de l’Eglise, absolument courts de philosophie et de théologie sérieuses, imprégnés au contraire jusqu’aux moelles d’un venin d’erreur puisé chez les adversaires de la foi catholique, se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l’Eglise; qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l’assaut à tout ce qu’il y a de plus sacré dans l’œuvre de Jésus-Christ, sans respecter sa propre personne, qu’ils abaissent, par une témérité sacrilège, jusqu’à la simple et pure humanité.

Ces hommes-là peuvent s’étonner que Nous les rangions parmi les ennemis de l’Eglise. Nul ne s’en étonnera avec quelque fondement qui, mettant leurs intentions à part, dont le jugement est réservé à Dieu, voudra bien examiner leurs doctrines, et, conséquemment à celles-ci, leur manière de parler et d’agir.

Ennemis de l’Eglise, certes ils le sont, et à dire qu’elle n’en a pas de pires on ne s’écarte pas du vrai. Ce n’est pas du dehors, en effet, on l’a déjà noté, c’est du dedans qu’ils trament sa ruine ; le danger est aujourd’hui presque aux entrailles mêmes et aux veines de l’Eglise ; leurs coups sont d’autant plus sûrs qu’ils savent mieux où la frapper. Ajoutez que ce n’est point aux rameaux ou aux rejetons qu’ils ont mis la cognée, mais à la racine même, c’est-à-dire à la foi et à ses fibres les plus profondes. Puis, cette racine d’immortelle vie une fois tranchée, ils se donnent la tâche de faire circuler le virus par tout l’arbre : nulle partie de la foi catholique qui reste à l’abri de leur main, nulle qu’ils ne fassent tout pour corrompre. Et tandis qu’ils poursuivent par mille chemins leur dessein néfaste, rien de si insidieux, de si perfide que leur tactique : amalgamant en eux le rationaliste et le catholique, ils le font avec un tel raffinement d’habileté qu’ils abusent facilement les esprits mal avertis. D’ailleurs, consommés en témérité, il n’est sorte de conséquences qui les fasse reculer, ou plutôt qu’ils ne soutiennent hautement et opiniâtrement.

Euthanasier la messe traditionnelle

Le cardinal Timothy Ratcliffe (ancien maître des dominicains, militant LGBT, consulteur du conseil pontifical Justice et Paix, « assistant spirituel » du synode, chanoine de la cathédrale anglicane de Salisbury), veut abréger les souffrances des amoureux de la messe traditionnelle :

Je ressens une profonde sympathie pour les personnes dont l’amour de la messe tridentine les a mises en tension avec la hiérarchie. Certains sont mes amis et je déteste les voir souffrir. Mais il est toujours bon de se rappeler que l’Eucharistie est le sacrement de notre unité en Christ. Je crois donc que le sacrement ne pourra jamais devenir un signe de désunion avec le Corps du Christ. Aussi douloureux que cela puisse être, si l’Église déclare qu’un rite ne doit pas être utilisé, aussi amoureux que l’on puisse être, il ne peut être bon de laisser sa célébration être une source de division.