En toi se réjouissent, ô Pleine de grâce

Les dimanches de carême, la divine liturgie byzantine est celle de saint Basile. En dehors de ce que la liturgie latine appelle le canon, elle diffère peu de la divine liturgie de saint Jean Chrysostome. L’une des principales autres différences est l’hymne à la Vierge après la consécration. La voici en grec par Théodore Vassilikos, et en slavon par les frères du monastère Sainte-Elisabeth de Minsk (chant znamenny). Le texte grec rappelle la salutation de l’ange à l’Annonciation : Khairé Kekharitoméni.

«Ἐπi σοὶ χαίρει, Κεχαριτωμένη, πᾶσα ἡ κτίσις. Ἀγγέλων τὸ σύστημα καὶ ἀνθρώπων τὸ γένος, ἡγιασμένε ναὲ καὶ παράδεισε λογικέ, παρθενικὸν καύχημα, ἐξ ἧς Θεός ἐσαρκώθη καὶ παιδίον γέγονεν, ὁ πρὸ αἰώνων ὑπάρχων Θεὸς ἡμῶν·
τὴν γὰρ σὴν μήτραν θρόνον ἐποίησε, καὶ τὴν σὴν γαστέρα πλατυτέραν οὐρανῶν ἀπειργάσατο. Ἐπὶ σοὶ χαίρει, Κεχαριτωμένη, πᾶσα ἡ κτίσις δόξα σοι.»

En toi se réjouissent, ô Pleine de grâce, toute la création, la hiérarchie des anges et la race des hommes. Ô Temple sanctifié, ô Jardin spirituel, ô Gloire virginale, c’est en toi que Dieu s’est incarné, en toi qu’est devenu petit enfant celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De ton sein il a fait un trône, il l’a rendu plus vaste que les cieux. Ô Pleine de grâce, toute la création se réjouit en toi. Gloire à toi.

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Dans le contexte, ce matin à Athènes, à 1h30’15 (église de l’Ascension), à Moscou à 1h 05’48 (monastère Sretenski), à Minsk (cathédrale) à 1h 01’10 :

L’hymne des chérubins à Minsk, à 37’44, est superbe. Très « occidental », mais d’une belle facture et magnifiquement chanté par le chœur archiépiscopal.

Troisième dimanche de carême

Ce démoniaque, d’après Matthieu, était non seulement muet, mais le récit le dit aussi aveugle, et il fut si bien guéri par le Seigneur qu’il parla et qu’il vit. Trois prodiges ont donc été accomplis en même temps dans un seul homme : l’aveugle voit, le muet parle, le possédé est délivré du démon. Ce qui se fit alors était seulement corporel ; mais cela s’accomplit aussi chaque jour, lors de la conversion des croyants, si bien qu’après l’expulsion du démon, les lumières de la foi apparaissent, et les bouches auparavant muettes s’ouvrent ensuite aux louanges de Dieu. Mais quelques-uns de ceux qui étaient là décrièrent : C’est par Béelzéboub, prince des démons, qu’il chasse les démons. Ceux qui disaient ces choses n’étaient point des gens du peuple, mais les pharisiens et les scribes qui le calomniaient, comme l’attestent les autres Évangélistes. Oui, les foules, qui paraissaient moins instruites, admiraient toujours les miracles du Seigneur ; ceux-là, au contraire, ou bien les niaient, ou, s’ils ne pouvaient les nier, s’efforçaient de les dénaturer par une explication défavorable, attribuant ces œuvres, non pas à la puissance divine, mais à l’esprit immonde.

D’autres encore, pour le tenter, lui demandaient un prodige dans le ciel, ou bien manifestaient le désir qu’à la manière d’Élie il fît descendre le feu du ciel, ou bien, comme l’avait fait Samuel, qu’en été, on entendît gronder le tonnerre, qu’on vît briller les éclairs, et qu’on reçût des torrents d’eau ; comme s’ils n’eussent pas pu encore calomnier ces faits et dire qu’ils étaient produits par des causes inconnues et par diverses perturbations de l’air. Mais toi, qui dénatures ce que tu vois de tes yeux, ce que tu touches de tes mains, ce dont tu sens l’utilité, que ferais-tu des prodiges qui te viendraient du ciel ? Tu répondrais certainement que les magiciens en Égypte ont fait aussi de nombreux prodiges venus du ciel.

Mais Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : Tout royaume divisé contre lui-même sera dévasté, et ses maisons s’écrouleront l’une sur l’autre. Ce n’est point à leurs dires, mais à leurs pensées qu’il répondit, afin qu’ainsi ils fussent au moins contraints de croire à la puissance de celui qui lisait les secrets de leur cœur. Or, si tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, le royaume du Père, du Fils et du Saint-Esprit n’est donc point divisé, puisqu’il ne sera désolé par aucune controverse, ni aucun soulèvement, mais demeurera éternellement stable. Mais si Satan est divisé contre lui-même, comment se maintiendra son règne, puisque vous dites que c’est par Béelzéboub que je chasse les démons ? En disant cela, Jésus voulait leur faire comprendre, par leur propre aveu, que s’ils ne croyaient pas en lui, ils se plaçaient sous la domination du diable qui ne peut subsister s’il est divisé contre lui- même.

Saint Bède, commentaire de saint Luc, leçons des matines (avant 1960)

Samedi de la deuxième semaine de carême

L’évangile de ce jour est celui du fils prodigue. Dans la liturgie byzantine c’est le deuxième dimanche du triode (le deuxième dimanche de préparation au carême). Toute la liturgie du jour est focalisée sur cette parabole, qui reviendra comme un leitmotiv dans la liturgie du carême. En voici un petit extrait, le doxastikon des laudes, chanté par Thrasyvoulos Stanitsas, archonte protopsalte du patriarcat de Constantinople de 1960 à 1964.

Πάτερ ἀγαθέ, ἐμακρύνθην ἀπὸ σοῦ μὴ ἐγκαταλίπῃς με, μηδὲ ἀχρεῖον δείξῃς τῆς βασιλείας σου· ὁ ἐχθρὸς ὁ παμπόνηρος ἐγύμνωσέ με, καὶ ᾖρέ μου τὸν πλοῦτον· τῆς ψυχῆς τὰ χαρίσματα ἀσώτως διεσκόρπισα, ἀναστὰς οὖν, ἐπιστρέψας πρὸς σὲ ἐκβοῶ· Ποίησόν με ὡς ἕνα τῶν μισθίων σου, ὁ δι’ ἐμὲ ἐν Σταυρῷ τὰς ἀχράντους σου χεῖρας ἁπλώσας, ἵνα τοῦ δεινοῦ θηρὸς ἀφαρπάσῃς με, καὶ τὴν πρώτην καταστολὴν ἐπενδύσῃς με, ὡς μόνος πολυέλεος.

Père de tendresse, je me suis éloigné de toi ; ne m’abandonne pas, ne me prive pas du royaume des cieux, car le perfide ennemi m’a dépouillé, il m’a dérobé tout mon bien ; j’ai follement dépensé mon trésor spirituel, mais je me lève et reviens à toi en disant : traite-moi comme l’un de tes serviteurs, toi qui as étendu les mains sur la croix pour me délivrer du monstre cruel et pour me revêtir de la robe originelle, en ton unique bonté.

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On remarque l’exactitude explicative de la traduction « robe originelle », qu’on doit sans doute au P. Denis Guillaume. Le texte évangélique en grec dit « robe première », en latin « stolam primam ». Presque toutes les traductions disent « la plus belle robe », ce qui n’est conforme ni à la lettre ni à l’esprit. Cette robe première est en effet le vêtement originel (antithèse de la « tunique de peau » d’après la chute) : l’homme repentant est rétabli dans sa condition d’avant le péché originel, et établi dans une condition supérieure à celle d’Adam, comme l’indiquent l’anneau royal de l’alliance et les sandales qu’il faut porter pour manger la Pâque. Le Père sacrifie pour son fils le veau gras, comme Abraham pour les anges de la Trinité.

Vendredi de la deuxième semaine de carême

L’évangile de ce jour est la parabole des vignerons homicides en Matthieu 21, 33-46. Quand Jésus demande aux princes des prêtres et aux anciens du peuple ce que fera le maître de la vigne de ces vignerons assez méchants pour tuer son propre fils, ils répondent qu’il « fera périr misérablement ces misérables, et il louera sa vigne à d’autres vignerons, qui en rendront les fruits en leur temps ». Ainsi se condamnent-ils eux-mêmes et annoncent-ils eux-mêmes que la grâce va passer aux païens. Voici le commentaire de saint Jean Chrysostome à partir de ce verset 41.

Saint Matthieu marque que ce furent les Juifs eux-mêmes qui prononcèrent leur arrêt. C’est ainsi que Dieu traita autrefois David, lorsqu’il lui fit prononcer son arrêt par lui-même dans la parabole de Nathan. Il ne faut point d’autre preuve de la justice de ce châtiment, que de voir les coupables s’y condamner les premiers.

Et pour montrer en même temps que ce ne serait pas seulement la justice qui attirerait sur les gentils une faveur qu’ils méritaient si peu, et que le Saint-Esprit avait prédit cette grâce longtemps auparavant, Jésus-Christ rapporte cette prophétie : « N’avez-vous jamais lu cette parole dans les Ecritures : la pierre qui a été rejetée par ceux qui bâtissaient, est devenue la principale pierre de l’angle ; c’est le Seigneur qui l’a fait, et nos yeux le voient avec admiration (42) ? » Jésus-Christ montre de plusieurs manières qu’il rejetterait les Juifs à cause de leur incrédulité, et qu’il appellerait les gentils à la foi de l’Evangile. C’est ce qu’il avait déjà fait voir par la femme chananénne, par cet ânon sur lequel personne n’avait encore monté, par le centenier, et par beaucoup d’autres paraboles qui prouvent la même chose que celle-ci. Il ajoute pour ce sujet : « C’est le Seigneur qui l’a fait, et nos yeux le voient avec admiration »; marquant ainsi que les gentils qui croiraient, et que ceux d’entre les Juifs qui seraient fidèles, ne seraient qu’une même chose, quoiqu’auparavant il y eût entre eux une si prodigieuse différence. Et, pour leur apprendre qu’il n’y aurait rien dans ce changement si étrange qui fût opposé à Dieu, qui ne lui fût au contraire très-agréable, qui ne fût miraculeux et digne d’étonnement, il ajoute : « C’est le Seigneur qui l’a fait. » Il se donne à lui-même le nom de « pierre » ; et il appelle les Juifs architectes.

C’est ce qu’Ezéchiel exprime lorsqu’il dit : « Ils bâtissent une muraille et la crépissent sans art », Ezéch. XIII, 1.) Comment ont-ils « rejeté  » Jésus-Christ, sinon en disant :  » Cet homme n’est pas de Dieu, cet homme séduit le peuple  » -? Et ailleurs :  » Vous êtes un samaritain et vous êtes-possédé du démon « ? (Jean, VII, 8, 9.)

Il leur fait voir ensuite que la punition que Dieu leur infligerait, ne se terminerait pas seulement à être rejetés de lui ; il marque les autres peines qu’ils doivent attendre. « C’est pourquoi je vous déclare que le royaume de Dieu vous sera ôté, et qu’il sera donné à un peuple qui en produira les fruits (43). Celui qui se laissera tomber sur cette pierre s’y brisera, et elle écrasera celui sur qui elle tombera (44). » Il marque ici une double ruine des Juifs. La première, qui aurait lieu en ce qu’ils seraient scandalisés de Jésus-Christ, ce qui est marqué par ce mot : « Celui qui se laissera tomber sur cette pierre », l’autre en ce qu’ils seraient captifs; celle-ci est exprimée par ce mot : « Elle écrasera celui sur qui elle tombera », ce qui marque la captivité et la misère horrible dans laquelle ils devaient vivre jusqu’à la fin du monde. On peut aussi remarquer en passant que ces paroles : « Elle écrasera celui sur qui elle tombera », marquent sa résurrection. Nous voyons dans le prophète Isaïe que Dieu fait un reproche à sa vigne, au lieu que Jésus adresse ici ces reproches au prince du peuple. Il dit là : « Que devais-je faire à ma vigne que je n’aie point fait ? » (Isaïe, V, 2) Et il lui dit par un autre prophète : « Que vous ai-je fait, et que vos pères ont-ils trouvé de mal en moi ? » (Jérém. II, 5.) Et ailleurs : « Mon peuple, que vous ai-je fait, et en quoi vous ai-je offensé ? » (Mich. VI, 3.) Marquant par tous ces endroits leur ingratitude étrange qui leur avait toujours fait rendre le mal pour le bien et les plus grands outrages pour les faveurs dont Dieu les comblait.

Mais Jésus-Christ parlé ici avec beaucoup plus de force. Car ce n’est plus lui qui dit « Que devais-je faire que, je n’aie point fait »? » Mais il les contraint de prononcer cette sentence contre eux-mêmes, et d’annoncer que ce Maître n’avait rien omis de tout ce qu’il devait faire à ces ouvriers ingrats. Car lorsqu’ils disent : « Il perdra ces méchants comme ils le méritent, et louera sa vigne à d’autres vignerons », ils se condamnent de leur propre bouche. C’est le reproche que leur fit le bienheureux martyr Etienne, et qui les frappa si vivement, lorsqu’il les accusait d’avoir toujours été ingrats envers Dieu, et de n’avoir payé que de contradictions et de murmures toutes les grâces qu’il leur avait faites. Tous ces témoignages prouvaient clairement que c’étaient ceux mêmes qui étaient punis qui s’attiraient ces supplices, et qu’il n’en fallait point rejeter la cause sur Dieu qui les punissait. C’est ce que Jésus-Christ promet par cette parabole et par une double prophétie ; l’une de David et l’autre de lui-même. Que devaient donc faire les Juifs, eu écoutant toutes ces choses ? Ne devaient-ils pas se jeter aux pieds de Jésus-Christ pour l’adorer ? Ne devaient-ils pas admirer les soins qu’il avait toujours témoigné, et qu’il témoignait encore pour eux ? Et si cela n’était pas assez fort pour les toucher, la crainte de tant de punitions ne devait-elle pas les retenir ? Cependant rien ne leur sert.

« Les princes des prêtres ayant entendu ces paraboles, connurent bien que c’était d’eux qu’il parlait (45). Et voulant se saisir de lui, ils appréhendèrent le peuple, parce qu’il en était considéré comme un prophète (46). »

Ils comprirent enfin que tout ce discours les regardait. Quelquefois, lorsqu’ils se saisissaient de Jésus-Christ, il passait au milieu d’eux sans en être vu ; et quelquefois, sans se cacher, il se contentait de réprimer en-eux-mêmes le désir qu’ils avaient de le perdre. Ce qui faisait dire par admiration : « N’est-ce pas là ce Jésus qu’ils cherchent pour le faire mourir ? Il parle hardiment en public, et ils ne lui disent mot » (Jean. VII, 26.) Mais ici, comme la crainte du peuple les retenait assez d’elle-même, il ne voulut point faire d’autre miracle ni se rendre invisible comme autrefois. Car il voulait toujours, le plus qu’il lui était possible, agir en homme, afin de mieux établir la foi de son incarnation. Cependant, ni le respect de tout ce peuple pour le Sauveur, ni toutes les paroles de Jésus-Christ, ni tous les oracles des prophètes, ni le jugement que les autres portaient d’eux, ni celui qu’eux-mêmes avaient prononcé contre eux, n’ont pu les empêcher de devenir les ennemis et les meurtriers de Jésus-Christ ; tant l’avarice, l’ambition, et l’attache aux choses de la terre étaient enracinées dans leur cœur.

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Dans la néo-liturgie, il se trouve que l’évangile est le même en ce jour. A une différence près… On a supprimé le verset 44 : « Et celui qui tombera sur cette pierre, s’y brisera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. » La raison de cette censure de la parole du Seigneur est bien sûr que le propos n’est pas sympathique et choque la délicatesse de l’homme d’aujourd’hui. La « traduction liturgique de la Bible » prétend qu’on a enlevé le verset parce qu’il est « absent de nombreux manuscrits ». C’est un gros mensonge. Il est absent de DEUX manuscrits : le 33 qui date du IXe siècle, et le codex Bezae qui est assez souvent en désaccord avec les autres. Même les fabricants de la Néo-Vulgate ne l’ont pas enlevé.

Jeudi de la deuxième semaine de carême

Dans la parabole évangélique de la messe de ce jour, il y a un pauvre qui s’appelle Lazare, et un riche qui n’a pas de nom. Parce que le riche, c’est moi. Comme le souligne la liturgie, par l’antienne du Benedictus, le matin :

Fili, recordáre quia recepísti bona in vita tua, et Lázarus simíliter mala.
Fils, souviens-toi que pendant ta vie, tu as reçu les biens, de même que Lazare les maux.

Et par l’antienne du Magnificat, le soir :

Dives ille guttam aquæ pétiit, qui micas panis Lázaro negávit.
Ce riche demanda une goutte d’eau à Lazare, lui qui lui avait refusé quelques miettes de pains.

Cette assimilation au riche est accentuée par le « Fili ». Et la mélodie le souligne, par cet appel de clairon sol-do, et l’insistance sur « souviens-toi ». Dans la parabole, c’est Abraham qui dit « mon fils » au riche. Dans la liturgie, c’est Dieu qui m’appelle son « fils », et qui m’avertit de ne pas continuer à vivre comme le riche de la parabole.

Dans l’antienne du Magnificat il y a aussi une accentuation. Plus forte encore : le texte glose le texte évangélique pour dire que je refuse des miettes de pain à Lazare. Mais le riche n’a rien refusé, il a seulement ignoré le pauvre. C’est que, l’ignorer, c’est le mépriser, c’est le rejeter. Et c’est le riche qui, au final, sera rejeté. Dans l’enfer.

Et le pauvre s’appelle Lazare. Parce que le riche demande que celui-ci ressuscite pour aller avertir ses frères qu’ils doivent changer de vie. Et parce que les pharisiens se moquent de Jésus et ne cessent de lui demander des signes. Or Abraham ne va pas ressusciter Lazare, mais Jésus va bel et bien le faire : il va ressusciter Lazare, le frère de Marthe et Marie (qui, par symbolisme croisé, est riche, celui-là, un bon riche). Et par la résurrection de Lazare, il va prouver que le riche de la parabole a tort, et les pharisiens avec lui. Abraham dit au riche : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne croiront pas quand bien même quelqu’un ressusciterait des morts. » Or Lazare est effectivement ressuscité des morts. Et les pharisiens (et les grands prêtres), non seulement n’ont pas cru, mais ont condamné à mort celui qui venait de ressusciter un mort…