Saint Hilarion

Monastère Saint-Jean de Patmos.

Dans le calendrier byzantin c’est aussi la fête de « notre vénérable père Hilarion le Grand », ou Hilarion de Gaza, dont l’histoire a été écrite par saint Jérôme (et par saint Epiphane). Voici les tropaires de la troisième ode des matines.

Ayant guéri l’enflure des passions, bienheureux Hilarion, par ton ascèse continue tu les fis dépérir en t’écriant : Nul n’est saint comme toi, ô notre Dieu, nul n’est juste comme toi, Seigneur.

Avec le glaive de la tempérance tu as déchiré les tuniques de peau, symboles de la mort et tu as tissé le vêtement du salut en disant au Créateur : Tu es mon Dieu, nul n’est juste comme toi, Seigneur.

Fortifié par l’espérance de l’éternité, Père théophore, tu fus conduit vers Dieu par les mains du bienheureux Antoine ; l’ayant imité, toi-même tu devins un flambeau rayonnant de miracles, vénérable Hilarion.

Saint Jean de Kenty

Da, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, sancti Joánnis Confessóris exémplo in scientia Sanctórum proficiéntes atque áliis misericórdiam exhibéntes ; eius méritis, indulgéntiam apud te consequámur.

Nous vous en prions, Dieu tout-puissant, faites que, progressant dans la science des Saints et montrant de la compassion envers nos frères, à l’exemple du saint Confesseur Jean, nous puissions, grâce à ses mérites, trouver indulgence auprès de vous.

J’ai souvent évoqué saint Jean de Kenty (par exemple ici ou ). Canonisé en 1767, il a supplanté le jeune diacre saint Maxime d’Aveia, copatron de la cathédrale d’Aquila, martyr sous Dèce vers 250. Il avait environ 22 ans.

Le martyrologe dit:

Dans la cité d’Aveia, près d’Aquila, dans les Abruzzes, l’anniversaire du bienheureux Maxime, diacre et martyr. Désireux du martyre, il se présenta de lui-même aux persécuteurs qui le recherchaient, et, après une confession généreuse, fut étendu et torturé sur le chevalet, puis meurtri de coups de bâton ; il mourut enfin précipité d’un lieu élevé.

Saint Maxime d’Aveia par Jules César Bedeschini, début du XVIIe siècle, pour l’archevêché d’Aquila. Musée national des Abruzzes.

19e dimanche après la Pentecôte

Salus pópuli ego sum, dicit Dóminus : de quacúmque tribulatióne clamáverint ad me, exáudiam eos : et ero illórum Dóminus in perpétuum.

Je suis le salut du peuple, dit le Seigneur, dans toutes leurs tribulations, s’ils m’invoquent, je les exaucerai et je serai leur Seigneur à jamais.

L’introït de ce dimanche est le seul de tout le temporal à ne pas être pris d’un psaume, ou d’un autre texte de l’Ecriture. Par son premier mot « salus » il évoque les saints Côme et Damien, les saints médecins anargyres et martyrs, car cette messe était dans l’antiquité la messe du dimanche avant la fête des saints Côme et Damien, le 27 septembre, et la station romaine était dans leur église. Les deux médecins soignaient aussi efficacement que gratuitement : ils étaient le salut du peuple, en rendant la santé, le même mot évoquant à la fois le retour à la santé et le salut éternel, comme on le voit souvent dans l’Evangile quand Jésus dit au malade qu’il a guéri : « Ta foi t’a sauvé. » Or bien sûr le véritable salut du peuple, le salut éternel, c’est le Christ, auquel renvoient nos deux médecins.

Au VIIIe siècle, Grégoire II fit de cet introït celui du jeudi de la mi-carême, qui célèbre précisément les saints Côme et Damien (sanctórum tuórum Cosmæ et Damiáni beáta sollémnitas, dit la collecte). Cette messe de la mi-carême est vraiment centrée sur l’activité des guérisseurs comme symbole du salut éternel. Celle de ce dimanche l’est moins, mais la collecte demande bien que nous soyons « dispos de corps et d’esprit », et la prière après la communion est très… médicale, insistant sur le remède divin qu’on vient de prendre :

Tua nos, Dómine, medicinális operátio, et a nostris perversitátibus cleménter expédiat, et tuis semper fáciat inhærére mandátis. Per Dóminum.

Que ton opération médicinale, Seigneur, nous débarrasse de nos perversités et nous rende toujours attachés à tes commandements.

Saint Luc

Dans la liturgie byzantine, l’apolitykion de saint Luc est celui des apôtres. Mais le kondakion est propre :

Μαθητὴς γενόμενος τοῦ Θεοῦ Λόγου, σὺν τῷ Παύλῳ ἅπασαν, ἐφωταγώγησας τὴν γῆν, καὶ τὴν ἀχλὺν ἀπεδίωξας, τὸ θεῖον γράψας, Χριστοῦ Εὐαγγέλιον.

Disciple du Verbe divin, tu as illuminé la terre entière avec saint Paul et chassé les ténèbres en écrivant l’Évangile du Christ.

L’épitre de la divine liturgie est la fin de l’épître aux Colossiens, quand saint Paul énumère ses collaborateurs qui saluent les Colossiens, dont Luc, « le médecin, qui m’est très cher ». La liturgie latine a choisi le passage de la seconde épître aux Corinthiens, où saint Paul dit qu’il leur a envoyé, en compagnie de Tite, « un frère, dont la louange, en ce qui concerne l’Evangile, est répandue dans toutes les églises », et qui en outre « a été choisi par les églises comme notre compagnon de voyage » pour la collecte.

Il est étonnant que saint Paul ne nomme pas ce frère exceptionnel. Avec certains pères dont saint Jérôme qui l’affirme), la liturgie y voit saint Luc, à cause de « l’Evangile » (mais il ne s’agit manifestement pas du livre de saint Luc), et parce qu’il a été effectivement l’un des principaux compagnons de voyage de saint Paul, mais d’autres noms ont été avancés.

L’évangile de la liturgie latine est le début du chapitre 10 de saint Luc, quand le Seigneur envoie en mission 72 disciples, selon le texte latin, 70 selon le texte grec, deux à deux. Dans la liturgie byzantine, l’évangile est la suite : quand ces disciples reviennent. Certains pères ont considéré que saint Luc faisait partie de ces disciples, dont il est le seul à parler. Mais il paraît bien dire dès le début de son évangile qu’il n’a pas été témoin oculaire de la vie de Jésus.

Sainte Marguerite-Marie

Entrée dans l’ordre de la Visitation (1671), elle commença aussitôt à briller du resplendissement de la vie religieuse. Dieu la gratifia d’un don supérieur d’oraison et d’autres faveurs spirituelles, ainsi que de fréquentes visions. La plus célèbre de toutes fut celle-ci : Jésus s’offrit lui-même à ses regards, pendant qu’elle priait devant le Saint-Sacrement exposé, lui montra, dans sa poitrine ouverte, son divin Cœur tout enflammé et entouré d’épines, et lui prescrivit, par égard pour son immense amour et pour expier les injures des hommes ingrats, de s’appliquer à faire établir un culte public à son Cœur, lui promettant en retour les abondantes largesses du trésor divin (1675). Comme son humilité la rendait hésitante et qu’elle s’avouait incapable d’une si grande œuvre, le Sauveur très aimant la réconforta et lui désigna en même temps Claude de la Colombière, homme d’une sainteté éminente, pour être son guide et son soutien. Puis il l’encouragea par l’espérance de la souveraine utilité que l’Église a retirée dans la suite, en effet, du culte du divin Cœur.

Marguerite s’efforça, avec tout son zèle, de réaliser les ordres du divin Rédempteur. Et cependant les épreuves nombreuses ne lui manquèrent pas, ni les âpres critiques de ceux qui répétaient qu’elle était victime d’une vaine imagination. Elle supporta tout cela avec égalité d’âme; bien plus, elle le regardait comme un gain, estimant que par les opprobres et les souffrances, elle serait une hostie agréable à Dieu et en retirerait de plus grands secours pour accomplir son œuvre. Toute florissante de perfection religieuse et, par la contemplation des vérités éternelles, chaque jour plus unie au céleste époux, elle s’envola vers lui, âgée de quarante-trois ans, l’an de la Rédemption 1690. Des miracles la rendirent célèbre ; Benoît XV l’inscrivit au nombre des Saints (1920), et le Pape Pie XI étendit sa fête à l’Église universelle (1929).

(Bréviaire)