Le texte du répons bref de l’heure de sexte dans la liturgie du temps de la Passion est pris du psaume 21. On le retrouve comme verset aux matines, et dans les répons des matines de ce vendredi qui annonce le Vendredi saint.
℟. De ore leónis * Líbera me, Dómine. ℟. De ore leónis * Líbera me, Dómine. ℣. Et a córnibus unicórnium humilitátem meam. ℟. Líbera me, Dómine. ℟. De ore leónis * Líbera me, Dómine.
De la gueule du lion Délivrez-moi, Seigneur. De la gueule du lion Délivrez-moi, Seigneur. Et des cornes des licornes mon abaissement. Délivrez-moi, Seigneur. De la gueule du lion Délivrez-moi, Seigneur.
L’hymne des laudes au temps de la passion. C’est la deuxième partie de la grande hymne de saint Venance Fortunat commencée aux matines. Traduction Pierre Corneille.
Lustris sex qui jam peráctis, Tempus implens córporis, Se volénte, natus ad hoc, Passióni déditus, Agnus in Crucis levátur, Immolándus stípite.
De la terre et du ciel ce monarque absolu, Né, parce qu’il l’avait voulu, Pour mourir en souffrant et payer notre crime, Après qu’il eut laissé six lustres s’écouler, Innocente et pure victime, Permit qu’à sa justice on l’osât immoler.
Hic acétum, fel, arúndo, Sputa, clavi, láncea Mite corpus perforátur, Sanguis, unda prófluit, Terra, pontus, astra, mundus Quo lavántur flúmine.
Le vinaigre, le fiel, le roseau, les crachats Joignirent l’insulte au trépas ; Un fer fit dans son flanc une large ouverture, Il en sortit du sang, il en sortit de l’eau, Et l’air, le ciel et la nature Se trouvèrent lavés par ce fleuve nouveau.
Crux fidélis, inter omnes Arbor una nóbilis, Nulla silva talem profert Fronde, flore, gérmine : Dulce lignum, dulces clavos, Dulce pondus sústinet.
Arbre noble entre tous, quelle forêt produit Pareilles feuilles, fleurs ou fruit ? Croix fidèle, à jamais digne de nos hommages, Qu’a de charmes ton bois, que bénis sont les clous, Que de douceurs ont les branchages Qui pour notre salut portent un bois si doux !
Flecte ramos, arbor alta, Tensa laxa víscera, Et rigor lentéscat ille, Quem dedit natívitas : Ut supérni membra Regis Miti tendas stípite.
Arbre heureux, arbre saint, abaisse tes rameaux, Relâche en dépit des bourreaux L’inflexibilité qui t’est si naturelle, Et souffre que les bras du roi du firmament, Qui souffre et meurt pour un rebelle, Demeurent étendus un peu plus doucement.
Sola digna tu fuísti Ferre sæcli prétium, Atque portum præparáre Nauta mundo náufrago, Quem sacer cruor perúnxit, Fusus Agni córpore
Tu portes, par le choix des ordres éternels, Le rachat de tous les mortels, Et prépares un port à leur commun naufrage : Ils t’en firent seul digne, et le sang de l’Agneau Laisse à ton bois un sacré gage D’un triomphe aussi grand que ton destin est beau.
Glória et honor Deo Usquequáque altíssimo, Una Patri, Filióque, Inclyto Paráclito : Cui laus est et potéstas Per ætérna sæcula. Amen
Gloire, puissance, honneur et louange au Très-Haut, Au Fils, comme lui sans défaut, A leur Esprit divin, ainsi qu’eux ineffable ! Gloire, louange, honneur à leur sainte unité, A leur essence inconcevable, Et durant tous les temps et dans l’éternité !
Dans le message envoyé aux évêques français réunis à Lourdes, le cardinal Parolin écrit au nom du pape :
Vous avez enfin, chers frères, l’intention de traiter du délicat thème de la Liturgie, auquel le Saint-Père est particulièrement attentif, dans le contexte de la croissance des communautés liées au Vetus Ordo. Il est préoccupant que continue de s’ouvrir dans l’Église une douloureuse blessure concernant la célébration de la Messe, le sacrement même de l’unité. Pour la guérir, un regard nouveau de chacun porté sur l’autre, dans une plus grande compréhension de sa sensibilité, est certainement nécessaire ; un regard pouvant permettre à des frères riches de leur diversité de s’accueillir mutuellement, dans la charité et l’unité de la foi. Veuille l’Esprit Saint vous suggérer des solutions concrètes permettant d’inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo, dans le respect des orientations voulues par le Concile Vatican II en matière de Liturgie.
Voilà qui est fort étrange. D’abord, la très grande majorité des évêques français n’ont aucunement l’intention d’être « généreux » avec les tradis. Et surtout, se montrer « généreux » en la matière, de quelque façon que ce soit, c’est agir en contravention avec le motu proprio Traditionis custodes, qui est draconien, et qui est la loi actuelle de l’Eglise de Rome…
Je me garderai de commenter plus avant, de peur de faire un jugement téméraire.
Il reste que le pape, selon le cardinal Parolin, reconnaît « la croissance des communautés liées au Vetus Ordo ». Etonnant.
Russie, seconde moitié du XVIe siècle, Musée des icônes de Recklinghausen, Allemagne.
Trois stichères des vêpres byzantines, par le Chœur de Lycourgos Angelopoulos. (L’illustration du disque montre l’archange saint Michel à Chonè et non Gabriel.)
Te découvrant l’éternel dessein, ô Vierge, Gabriel se tint devant toi et te salua en disant : Salut, terre sans semailles, salut, buisson qui brûles sans être consumé, salut, abîme insondable au regard, salut, viaduc menant de terre jusqu’au ciel et l’échelle dressée que Jacob a contemplée ; salut, vase divin contenant la manne des cieux, salut, toi qui nous libères de la malédiction, salut, espérance d’Adam et son relèvement, le Seigneur est avec toi.
Tu m’apparais sous les traits d’un mortel, dit la Vierge pure à l’archange, et tes paroles dépassent l’humaine raison ! Tu dis que le Seigneur est avec moi et qu’il habitera dans mon sein, mais comment deviendrai-je, dis-le-moi, le séjour de l’Infini, le temple saint du Seigneur qui siège sur le trône des Chérubins ? Comment cela se fera-t-il, puisque le mariage m’est inconnu, comment donc enfanterai-je un enfant ?
Lorsque Dieu le veut ainsi, les lois de la nature sont renversées, dit l’Archange : il opère des prodiges surhumains. Crois-moi, je dis la vérité, Vierge toute sainte et immaculée. Alors elle s’écria : Qu’il me soit fait selon ta parole à présent, j’enfanterai le Dieu transcendant, de ma chair s’incarnera le seul Tout-puissant pour ramener les hommes à leur ancienne dignité par la fusion de sa divinité et de notre humanité.
La liturgie a conservé deux hymnes de saint Venance Fortunat célébrant l’arrivée triomphale de la relique de la Sainte Croix offerte par l’empereur Justin II en 569 à l’abbaye de Poitiers fondée par sainte Radegonde. L’hymne Vexilla Regis est chantée aux vêpres du temps de la Passion. L’hymne Pange lingua, chantée intégralement le vendredi saint en dernière partie de l’adoration de la Croix, a été divisée en deux pour l’office du temps de la Passion : la première partie est chantée aux matines, la seconde aux laudes. Voici les trois premières strophes de la première partie, chantées par un mystérieux « Escolania a cappella choir » (sic : espagnol, italien, anglais). Il y a ensuite Crux fidelis, qui est une strophe de la deuxième partie. Il semble que ce soit ainsi que l’hymne est chantée dans la néo-liturgie du vendredi saint (dans les rares endroit où il y a encore du latin), qui supprime donc six strophes…
Pange, lingua, gloriósi Láuream certáminis, Et super Crucis trophǽo Dic triúmphum nóbilem, Quáliter Redémptor orbis Immolátus vícerit.
Chante, ma langue Les lauriers d’un glorieux combat ; Célèbre le noble triomphe Dont la croix est le trophée, Et la victoire que le Rédempteur du monde Remporta en s’immolant.
De paréntis protoplásti Fraude Factor cóndolens, Quando pomi noxiális In necem morsu ruit, Ipse lignum tunc notávit, Damna ligni ut sólveret.
Dieu compatit au malheur Du premier homme sorti de ses mains. Dès que, mordant à la pomme funeste Adam se précipita dans la mort, Dieu lui-même désigna l’arbre nouveau Pour réparer les malheurs causés par le premier.
Hoc opus nostræ salútis Ordo depopóscerat, Multifórmis proditóris Ars ut artem fálleret, Et medélam ferret inde, Hostis unde lǽserat.
Tel fut le plan divin Dressé pour notre salut, Afin que la sagesse y déjouât La ruse de notre cauteleux ennemi, Et que le remède nous arrivât par le moyen même Qui avait servi pour nous faire la blessure.
Quando venit ergo sacri Plenitúdo témporis, Missus est ab arce Patris Natus, orbis Cónditor, Atque ventre virgináli Carne amíctus pródiit.
Lors donc que le temps marqué Par le décret divin fut arrivé, Celui par qui le monde a été créé Fut envoyé du trône de son Père, Et ayant pris chair au sein d’une Vierge, Il parut en ce monde.
Vagit infans inter arcta Cónditus præsépia: Membra pannis involúta Virgo Mater álligat: Et Dei manus pedésque Stricta cingit fáscia.
Petit enfant, il vagit Couché dans une pauvre crèche, La Vierge, sa Mère enveloppe de langes Ses membres délicats, Et des bandelettes étroites serrent Les mains et les pieds d’un Dieu.
Sempitérna sit beátæ Trinitáti glória, Æqua Patri, Filióque; Par decus Paráclito: Uníus Triníque nomen Laudet univérsitas. Amen.
Que toujours en sa béatitude A la Trinité soit la gloire, Egalement au Père et au Fils ; pareil honneur au Paraclet : Que du Dieu trine et un, le nom soit loué dans tout l’Univers. Ainsi soit- il.
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Crux fidélis, inter omnes Arbor una nóbilis: Silva talem nulla profert Fronde, flore, gérmine: Dulce ferrum, dulce lignum Dulce pondus sústinent.
Ô Croix fidèle, Arbre unique, noble entre tous, Nulle forêt n’en produit de pareil En feuillage, en fleurs et en fruits : Fer bien-aimé, bois bien-aimé, Qui porte un bien-aimé fardeau !