18e dimanche après la Pentecôte

Deus, qui nos, per hujus sacrifícii veneránda commércia, uníus summæ divinitátis partícipes éfficis : præsta, quǽsumus ; ut, sicut tuam cognóscimus veritátem, sic eam dignis móribus assequámur. Per Dóminum…

O Dieu, qui par les échanges admirables s’accomplissant en ce sacrifice, nous rendez participants de votre souveraine et unique divinité, faites, nous vous en supplions, que comme nous connaissons votre vérité, nous la suivions en ayant une conduite digne de notre foi.

Dom Pius Parsch :

La Secrète exprime une profonde pensée : Dieu nous fait, par le saint “commerce” qui se réalise au Saint-Sacrifice, participants de la divinité suprême (le commerce consiste en ce que Dieu se fait homme, grâce à quoi nous sommes divinisés) ; nous demandons non seulement de garder la foi, mais de vivre, conformément à cette foi, une vie de “dignes mœurs”.

Bienheureux cardinal Schuster :

La secrète rappelle d’abord que le divin Sacrifice nous met en relations si intimes avec la divinité que, tandis que nous lui offrons nos présents, celle-ci, à son tour, se donne elle-même à nous en échange. Cet état si sublime, auquel nous initie la foi, exige une fidèle correspondance de notre part, aussi supplions-nous aujourd’hui la divine clémence de nous accorder d’exprimer par nos œuvres cette dignité de fils de Dieu participant à la nature divine, dont le Sacrement nous est le gage. Alors la vérité sera en nous pleine et entière, quand, à l’image du Verbe de Dieu, nous exprimerons nous aussi la bonté et la beauté du Père.

L’Année liturgique :

La sublime éloquence de la Secrète dépasse tout commentaire. Pénétrons-nous de la grandeur des enseignements si admirablement résumés en quelques mots ; comprenons que notre vie et nos mœurs ne doivent être rien moins que divines, pour répondre aux mystères qui sont révélés à notre intelligence et s’incorporent à nous dans le commerce auguste du Sacrifice.

Saint François Borgia

Dómine Iesu Christe, veræ humilitátis et exémplar et prǽmium : quǽsumus, ut, sicut beátum Francíscum in terréni honóris contémptu imitatórem tui gloriósum effecísti, ita nos ejúsdem imitatiónis et glóriæ tríbuas esse consórtes.

Seigneur Jésus-Christ, vous qui êtes le modèle et la récompense de la véritable humilité, et qui avez fait du bienheureux François votre glorieux imitateur dans le mépris des honneurs terrestres, accordez-nous la grâce de l’imiter et de partager sa gloire.

On trouvera sur mon blog les quelque 17 notices que j’ai consacrées à cet étonnant personnage qu’était le saint de la famille Borgia, dont celle-ci qui résume bien sa vie (à compléter avec celle-ci).

Le martyrologe évoque d’autre part deux martyrs dont le calendrier byzantin fait également mémoire :

A Nicomédie, les saints martyrs Eulampe et sa sœur Eulampie, vierge. Cette dernière apprenant que son frère était torturé pour le Christ, se jeta au milieu de la foule, embrassa son frère et se joignit à lui comme compagne de son supplice : tous deux furent plongés dans une chaudière d’huile bouillante, mais n’en éprouvèrent aucun mal. Enfin avec deux cents autres qui, à la vue de ce miracle avaient cru au Christ, ils eurent la tête tranchée et consommèrent leur martyre.

C’était lors de la persécution de Maximien, le successeur de Dioclétien. Les chrétiens de Nicomédie s’étaient réfugiés dans les montagnes. Un jour Eulampe fut chargé de porter du pain à ceux qui s’étaient cachés dans la ville. Voyant sur un mur l’ordre de l’empereur de mettre à mort les chrétiens, il le déchira. Il fut arrêté et torturé. Quand sa sœur l’apprit elle vint le retrouver et fut également torturée.

Fragment d’une icône ménologe du mois d’octobre, XVIIe siècle, Académie théologique de Moscou.

Saint Denys l’Aréopagite

Dimanche prochain à 16h seront célébrées de nouveau à Notre-Dame de Paris les vêpres orthodoxes de saint Denys (qui s’étaient réfugiées à Saint-Etienne-du-Mont après l’incendie). Cette célébration solennelle réunira les évêques orthodoxes des différentes juridictions présentes en France.

La liturgie byzantine continue imperturbablement de célébrer en saint Denys le disciple athénien de saint Paul, l’auteur des Noms divins et de la Hiérarchie céleste, et le premier évêque d’Athènes, et en France le premier évêque de Paris martyr à Saint-Denis.

L’ikos des matines est de ceux qui ont une forme de strophe d’acathiste :

Ἄγγελος ἐξ ἀνθρώπων ἀρεταῖς χρηματίσας, ὁ μέγας Διονύσιος πᾶσαν, ὡς ὑπόπτερος, ἐμυήθη τὸν νοῦν τὴν οὐράνιον γνῶσιν· διὸ ᾄσμασιν , ὡς Ἄγγελον τιμήσωμεν, βοῶντες πρὸς αὐτὸν τοιαῦτα.
Χαῖρε, ὁ γνοὺς Χριστὸν διὰ Παύλου, χαῖρε, πολλοὺς πρὸς Χριστὸν ἐπιστρέψας.
Χαῖρε, πολυθέου σκηνῆς ὀλετήριον, χαῖρε, θεογνώστου βουλῆς σκοπευτήριον.
Χαῖρε, βίβλος θεοχάρακτος, μυστηρίων θησαυρέ, χαῖρε πίναξ θεομόρφωτε, καὶ διόπτρα οὐρανοῦ.
Χαῖρε, ὅτι τὸ Πάθος τοῦ Κυρίου κατεῖδες, χαῖρε, ὅτι προθύμως δι’ αὐτὸν σφαγιάζῃ.
Χαῖρε, πηγὴ βλυστάνουσα ἄφεσιν, χαῖρε, ῥανὶς κοιλαίνουσα ἄνοιαν.
Χαῖρε, ὁδὸς ἀπλανὴς σωτηρίας, χαῖρε, φραγμὸς ἀσεβῶν παροδίας.
Χαίροις, Πάτερ παγκόσμιε.

Lui qui fut un Ange parmi les hommes pour ses vertus, le sublime Denys, comme sur les ailes de l’esprit, fut initié à la parfaite connaissance du ciel ; aussi, comme un Ange nous le vénérons en lui chantant :
Salut, toi qui as connu le Christ grâce à Paul,
Salut, toi qui dirigeas les multitudes vers le Christ,
Salut, toi qui détruisis les temples des faux-dieux,
Salut, scrutateur du plan connu de Dieu.
Salut, trésor de mystères, livre gravé divinement,
Salut, tableau divin et céleste miroir,
Salut à toi, car tu as vu la Passion du Seigneur,
Salut à toi, car pour lui tu acceptas de tout cœur l’immolation.
Salut, source faisant jaillir la rémission,
Salut, toi qui goutte à goutte fis disparaître l’erreur,
Salut, infaillible chemin du salut,
Salut, clôture interdisant l’accès aux impies.
Salut à toi, Père célébré par tout l’univers.

*

L’apolytikion, par le P. Nicodème Kabarnos :

Χρηστότητα ἐκδιδαχθείς, καὶ νήφων ἐν πᾶσιν, ἀγαθὴν συνείδησιν ἱεροπρεπῶς ἐνδυσάμενος, ἤντλησας ἐκ τοῦ σκεύους τῆς ἐκλογῆς τὰ ἀπόρρητα, καὶ τὴν πίστιν τηρήσας, τὸν ἴσον δρόμον τετέλεκας, Ἱερομάρτυς Διονύσιε· Πρέσβευε Χριστῷ τῷ Θεῷ, σωθῆναι τὰς ψυχὰς ἡμῶν.

Maître en douceur, sobre en tout, et de noble conscience, comme prêtre, revêtu, au Vase d’élection tu as puisé les ineffables vérités ; tu as gardé la foi et, comme lui, mené ta course à bonne fin ; pontife et martyr, saint Denys, prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.

Sainte Brigitte

La dictée de l’ange à sainte Brigitte (Sermo angelicus), vers 1450-1500, Allemagne du Nord ou Pays-Bas, Musée du Götaland de l’est, Linköping, Suède. (Photo du musée.)

Livre 1 des Révélations célestes, chapitre 6.

Mes ennemis sont comme des bêtes farouches qui ne peuvent jamais être rassasiées ni s’apaiser ; leur cœur est tellement vide de charité que la pensée de ma passion n’y entre jamais. Jamais cette parole n’est sortie une fois de l’intime de leur cœur : Seigneur, vous nous avez rachetés : louange vous soit pour votre amère passion ! Comment mon Esprit peut-il être avec eux ? ils n’ont aucun amour envers moi ; ils trahissent librement les autres afin d’accomplir leurs volontés ; leur cœur est plein de vile vermine, c’est-à-dire, d’affections du monde ; le diable a mis en leur bouche la fiente du péché : c’est pourquoi mes paroles ne leur plaisent point. Partant, je les séparerai de mes amis avec la scie tranchante ; et comme il n’y a pas de mort plus amère que celle qui est faite avec la scie, de même il n’y aura pas de supplice qu’ils n’expérimentent et n’éprouvent ; et le diable les sciera par le milieu ; et ils seront séparés de moi parce qu’ils me sont odieux ; tous ceux aussi qui sont unis avec eux seront séparés de moi : c’est pourquoi j’envoie mes amis pour séparer de mes membres les membres du diable, car ils sont vraiment mes ennemis.

Je les envoie donc comme mes soldats à la guerre, car celui qui afflige sa chair et s’abstient des choses illicites, est en vérité mon soldat. Ils ont pour lance les paroles que j’ai dites ; pour glaive en leur main la foi ; pour cuirasse sur leur poitrine l’amour, afin qu’en toute sorte de rencontre, ils m’aiment de même manière. Ils ont au côté le bouclier de la patience, afin de supporter toutes choses patiemment, car je les ai enserrés comme l’or dans le vase, et maintenant ils doivent sortir et marcher par ma voie. Et moi, je ne pouvais entrer, selon la justice bien ordonnée, en la gloire majestueuse avec mon humanité sans tribulation ; comment donc y entreront-ils ? Si leur Seigneur souffrait, est-ce extraordinaire qu’ils souffrent ? Si Notre Seigneur a supporté les coups de fouets, ce n’est pas grand-chose s’ils endurent des paroles. Qu’ils ne craignent pas, car je ne les laisse jamais ; car comme il est impossible au diable de toucher le cœur de Dieu et de le diviser, de même il lui est impossible de séparer de moi mes amis. Et d’autant qu’ils sont devant moi comme l’or précieux, s’ils sont éprouvés par un petit feu, je ne les abandonne pas pourtant, mais cela réussit pour une plus grande récompense.