Saint Nicolas de Tolentino

Ce tableau représentant saint Nicolas de Tolentino et des scènes de sa vie se trouve au monastère royal de Brou, à Bourg-en-Bresse. Le deuxième médaillon à gauche en partant de bas évoque l’origine des « petits pains de saint Nicolas ».

Nicolas, en habit de religieux, est étendu sur un grabat. Ses yeux contemplent Marie qui lui apparaît au milieu d’une nuée. La Vierge, vêtue d’une robe rouge et d’un manteau bleu, tend la main droite et lui ordonne d’aller chercher un peu du pain qu’une voisine a fait cuire, de le tremper dans de l’eau et d’en manger. Le malade exécute l’ordre et se trouve complètement guéri. Des malades, informés de cette grâce, demandent de ce pain et sont pareillement guéris. Les demandes se multiplient et Nicolas bénit plusieurs pains qui ont la même vertu. Après sa mort, le prieur du couvent de Tolentino perpétue la bénédiction des pains de saint Nicolas.

Ce bocal avec une étiquette de la « Faculté de médecine de Lyon », conservé au musée d’histoire de la médecine et de la pharmacie de Lyon, contient des petits pains qui correspondent à la description relevée dans le Courrier de l’Ain de juillet 1966 : « Les petits pains, de forme ronde, d’un diamètre d’environ trois centimètres sur deux centimètres d’épaisseur, étaient fabriqués avec de la farine de pur froment, pétrie en pâte ferme, sans sel ni levain. Une forte cuisson leur donnait une siccité parfaite qui permettait de les conserver d’une année à l’autre. Pour les manger, on les trempait dans l’eau. »

Source : Chroniques de Bresse.

De la férie

On fait mémoire de saint Gorgon. Martyrologe :

A Nicomédie, la passion des saints martyrs Dorothée et Gorgon. Parvenus aux plus grands honneurs auprès de l’empereur Dioclétien, ils protestèrent contre la persécution qu’il dirigeait contre les Chrétiens ; pour ce motif ils furent, en sa présence et par son ordre, suspendus, déchirés à coups de fouets, puis, les entrailles mises à nu, arrosés de vinaigre et de sel, ils furent rôtis sur un gril ardent, étranglés enfin avec une corde. Plus tard, le corps du bienheureux Gorgon fut porté à Rome, et inhumé sur la voie Latine, d’où ensuite on le transféra à la basilique de Saint-Pierre.

Le martyrologe se termine par la mention de saint Kieran.

Il est précédé par la mention de saint Omer, « dans la contrée de Thérouanne en France ».

Il s’appelait Audomarus et au fil du temps Audomar est devenu Omer. Il était né près de Coutances, et il se fit moine à Luxeuil. Le roi Dagobert le nomma évêque de Noyon-Tournai, puis évêque de Thérouanne. Non loin de là il bâtit un monastère, qui devint la ville de Saint-Omer. Il ordonna prêtre saint Wandrille.

Dagobert et saint Omer. Vie de saint Omer, XIe siècle, bibliothèque municipale de Saint-Omer.

Nativité de la Sainte Vierge

La très belle antienne de Magnificat vient de la liturgie byzantine : c’est la traduction exacte de l’apolitykion de la fête. Voici cette antienne par les moniales de l’abbaye d’Ozon en 1960, et le tropaire par le chœur des moines de Vatopedi (mont Athos).

Nativitas tua Dei Genitrix Virgo gaudium annuntiavit universo mundo ; ex te enim ortus est sol justitiae, Christus Deus noster: qui solvens maledictionem, dedit benedictionem, et confundens mortem, donavit nobis vitam sempiternam.

Ta naissance, ô Vierge, Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers ; car c’est de toi que s’est levé le Soleil de justice, le Christ notre Dieu, qui, nous libérant de la malédiction, nous a donné la bénédiction, et confondant la mort, nous a donné la vie éternelle.

Ἡ γέννησίς σου Θεοτόκε, χαρὰν ἐμήνυσε πάσῃ τῇ οἰκουμένῃ· ἐκ σοῦ γὰρ ἀνέτειλεν ὁ ἥλιος τῆς δικαιοσύνης, Χριστὸς ὁ Θεὸς ἡμῶν, καὶ λύσας τὴν κατάραν, ἔδωκε τὴν εὐλογίαν· καὶ καταργήσας τὸν θάνατον, ἐδωρήσατο ἡμῖν ζωὴν τὴν αἰώνιον.

13e dimanche après la Pentecôte

« Pourquoi donc, dit-il, la loi a-t-elle été établie ? à cause des prévarications. » Car la loi non plus n’a pas été créée en vain. Voyez-vous comme ses regards embrassent tout ? On dirait qu’il a des yeux par milliers. Après avoir exalté la foi, et avoir montré qu’elle est plus ancienne, il ne veut pas que les Galates regardent la loi comme ayant été inutile, et il rectifie leur opinion à ce sujet, en expliquant qu’elle avait eu sa raison d’être et qu’elle avait eu une véritable utilité, à cause des prévarications. c’est-à-dire, parce qu’elle empêchait les Juifs de vivre sans rien qui les retînt, et de se laisser entraîner aux derniers excès du vice. Elle leur servait de frein ; elle les formait, réglait leur conduite, les empêchait de violer, sinon toutes, au moins quelques-unes de ses prescriptions. De sorte que la loi n’a pas procuré peu d’avantages aux hommes. Mais jusqu’à quelle époque cela doit-il durer ? « Jusqu’à l’avènement de ce Fils que la promesse regarde », et ce Fils, c’est Jésus-Christ. Si donc elle a été donnée pour durer jusqu’à l’avènement de Jésus-Christ, pourquoi vouloir mal à propos lui faire dépasser ce terme ?

« Et cette loi a été donnée par les anges par l’entremise d’un médiateur « . Ou bien ce sont les prêtres qu’il appelle des anges, ou bien il veut dire que les anges eux-mêmes ont prêté leur ministère à l’établissement de la loi. Pour lui le médiateur est le Christ, et il fait entendre qu’il existait avant la loi, et que c’est lui-même qui l’a donnée. « Or, un médiateur n’est pas d’un seul, et il n’y a qu’un, seul Dieu. »

Que vont répondre à cela les hérétiques ? Si ces mots : « Le seul vrai Dieu » (Jean, XVII, 3) ne permettent pas de croire que le Fils soit le vrai Dieu, il faut aussi en conclure qu’il n’est pas Dieu, puisqu’il a été dit : « Il n’y a qu’un seul Dieu » (Deut. VI, 4). Mais si, malgré ces mots : « Un seul Dieu, le Père » (I Cor. VIII, 6), le Fils ne laisse pas d’être Dieu, il est évident que le Père étant le vrai Dieu, le Fils est aussi-le vrai Dieu. Mais un médiateur, dit-il, est le médiateur de deux personnes. De qui donc le Christ était-il le médiateur ? Bien évidemment il servait de médiateur entre Dieu et les hommes. Voyez-vous comme Paul démontre que le Christ lui-même a donné la loi ? Si donc il a donné la loi lui-même, il a le droit de l’annuler.

« La loi donc est-elle contre les promesses de Dieu ? » Car si les bénédictions nous ont été données par l’intermédiaire de la race d’Abraham, et que la loi ait fait peser sa malédiction sur elle, elle s’est mise en contradiction avec les promesses de Dieu. Comment réfute-t-il cette objection ? D’abord il la repousse avec dégoût et s’écrie: « Loin de nous une telle supposition », puis il continue l’enchaînement de ses preuves et dit : « Car si la loi qui a été donnée avait pu donner la vie, on pourrait dire alors avec vérité que la justification s’obtiendrait par la loi. » Voici le sens de ses paroles : Si nous avions compté sur elle, dit-il, pour obtenir la vie, et si elle avait eu le pouvoir d’opérer notre salut, on aurait peut-être raison de parler ainsi ; mais si c’est la foi qui sauve, et que la loi attire la malédiction, nous ne pourrions rien perdre à l’avènement de la foi qui nous affranchit de tout. Si la promesse devait s’accomplir par l’intermédiaire de la loi, on n’aurait pas tort de croire que s’écarter de la loi serait s’écarter de la justification. Mais si elle a été donnée pour nous circonscrire tous dans de certaines limites, c’est-à-dire, pour confondre notre négligence, pour nous faire sentir nos fautes, non seulement elle n’empêche pas l’effet de la promesse, mais encore elle en favorise l’accomplissement. C’est ce qu’il veut prouver quand il dit : « Mais l’Écriture a comme renfermé tous les hommes sous le péché, afin que ce que Dieu avait promis fût donné par la foi de Jésus-Christ à ceux qui croiraient en lui. »

Comme les Juifs n’avaient pas conscience de leurs propres péchés, et que dans cet état ils ne désiraient pas s’en faire absoudre, Dieu leur donna la loi qui leur révéla leurs blessures, et leur fit désirer l’intervention du médecin. « L’Écriture, dit-il, les enferma sous le péché », c’est-à-dire qu’elle les convainquit de péché, et les retint, en faisant naître la crainte chez eux. Vous voyez donc que la loi, au lieu d’être contraire aux promesses de Dieu, n’a fait qu’en hâter l’accomplissement. Si la loi en revendiquait pour elle seule l’exécution et la responsabilité, on serait fondé à présenter cette objection ; mais si elle ne fait qu’obéir à une autre influence, à laquelle son action tout entière soit subordonnée, en quoi est-elle contraire aux promesses de Dieu ? Sans elle, tous les hommes auraient abouti au vice, et parmi les Juifs il n’y en aurait pas eu un seul qui eût voulu écouter le Christ ; tandis que, du jour où elle leur a été donnée, elle a produit un double résultat : elle a développé chez ceux qui l’observaient des germes suffisants de vertu, elle leur a donné conscience de leurs péchés, ce qui était le meilleur moyen de leur faire désirer la venue du Fils de Dieu. Aussi ceux qui n’ont pas cru en lui n’ont pas cru parce qu’ils ignoraient leurs propres péchés. Et voilà pourquoi Paul disait : « Parce que ne connaissant point la justification qui vient de Dieu, et s’efforçant d’établir leur propre justification, ils ne se sont point soumis à Dieu pour recevoir cette justification qui vient de lui » (Rom. X, 3).

Saint Jean Chrysostome, commentaire de l’épître aux Galates, traduction M. Boucherie, édition Jeannin, 1866.

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Le propre grégorien.

L’introït.

Le graduel.

L’alléluia.

L’offertoire.

La communion.

De la Sainte Vierge le samedi

Sacraméntum reconciliatiónis nostræ, ante témpora ætérna dispósitum, nullæ implébant figúræ; quia nondum supervénerat Spíritus Sanctus in Vírginem, nec virtus Altíssimi obumbráverat ei, ut, et intra intemeráta víscera, ædificánte sibi Sapiéntia domum, Verbum caro fíeret, et, forma Dei ac forma servi in unam conveniénte persónam, Creátor témporum nascerétur in témpore, et, per quem facta sunt ómnia, ipse inter ómnia gignerétur. Nisi enim novus homo, factus in similitúdinem carnis peccáti, nostram suscíperet vetustátem, et, consubstantiális Patri, consubstantiális esse dignarétur et matri, naturámque sibi nostram solus a peccáto liber uníret: sub iugo diáboli generáliter tenerétur humána captívitas.

Aucune figure n’accomplissait le mystère de notre réconciliation, décidé de toute éternité, car l’Esprit n’était pas encore venu sur la Vierge et la puissance du Très-Haut ne l’avait pas prise encore sous son ombre. Alors, la Sagesse se construisit une demeure : le Verbe se fit chair en un sein virginal ; unissant en une seule personne la condition de Dieu et celle d’esclave, le Créateur des temps naquit dans le temps, et celui-là même par qui tout avait été fait prit naissance au sein de l’univers. En effet, si l’homme nouveau, créé dans une chair semblable à celle du péché, n’assumait notre vétusté, si, lui, consubstantiel au Père, ne daignait devenir aussi consubstantiel à sa mère, et s’il ne s’unissait notre nature, lui qui seul est exempt du péché, toute l’humanité était retenue captive sous le joug du diable.

Saint Léon le Grand, lettre à l’impératrice Pulchérie.

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En Russie c’est la fête de l’icône de la Mère de Dieu Petrovskaïa, à savoir de saint Pierre métropolite de Moscou. L’original fut peint vers 1300 par Pierre alors qu’il était abbé d’un monastère dans sa région natale de Volhynie (nord-ouest de l’Ukraine), connu à la fois pour ses talents d’iconographe et sa piété. Lors d’une visite de saint Maxime métropolite de Kiev et de toute la Russie, Pierre lui offrit cette icône. Maxime l’emporta à Vladimir où se trouvait alors son siège en raison des ravages de Tatars à Kiev. Après la mort de Maxime, l’abbé Gerontius, qui voulait être métropolite, emporta l’icône à Constantinople pour se faire adouber par le patriarche Athanase. Mais pendant le voyage, une terrible tempête se leva. La Mère de Dieu lui apparut et lui dit : « Ce n’est pas à toi que reviendra cette sainte dignité, mais à celui qui a peint mon image. ». Lorsqu’il se présenta devant le patriarche avec l’icône, Pierre était déjà à Constantinople. Le patriarche remit l’icône à Pierre en disant : « Reçois l’image sacrée de la Mère de Dieu que tu as peinte de tes propres mains, car c’est pour cela que la Reine elle-même t’a fait ce don, en te prédisant ton destin. » Pierre rapporta l’icône à Vladimir. C’est lui qui en 1325 transféra le siège métropolitain à Moscou, et il plaça l’icône dans la cathédrale de l’Assomption du Kremlin.

C’est l’une des trois icônes que le patriarche Job emporta lorsqu’il alla demander à Boris Godounov d’accepter le trône (1598). Et elle fut apportée à Kostroma lorsqu’on alla y chercher Michel Romanov (1613).

Copie du XIVe siècle, galerie Tretiakov.