De la férie

Le martyrologe note, in fine :

« A Poitiers, en France, sainte Radegonde reine, qui eut une vie éclatante de miracles et de vertus. »

Voici les illustrations pleine page de la Vie de sainte Radegonde par saint Venance Fortunat, dans l’édition de 1101. (Bibliothèque de Poitiers. On peut les télécharger en haute définition. Les légendes sont celles données par la bibliothèque.)

Radegonde est amenée devant Clothaire. – Radegonde en prière.

Radegonde en prière. – Radegonde en prière, prosternée à côté du lit conjugal.

Les gardiens de la prison de Péronne donnent à Radegonde une explication mensongère à propos des détenus.

Radegonde demande à l’évêque Médard d’être ordonnée diaconesse. Les grands du royaume tentent d’en dissuader le prélat.

Radegonde lave les pieds des miséreux. – Radegonde sert les miséreux à table.

Radegonde se retire dans le monastère. Radegonde prie, enfermée dans sa cellule.

A Novoberezovsky

Très belle divine liturgie, ce matin, à Novoberezovsky, dans la banlieue de Iekaterinbourg. Encore une nouvelle église, consacrée en 2012 par l’archevêque Vincent de Iekaterinbourg, aujourd’hui métropolite de Tachkent, et qui est venu pour présider la fête patronale de saint Jean le Soldat (ou Guerrier), martyr de Julien l’Apostat.

L’hymne des chérubins à 1h09.

A 1h32’30 : Nous te chantons, nous te bénissons, nous te rendons grâce… (chant pendant la consécration). Suivi du mégalynaire (chant à la Mère de Dieu après la consécration : Il est digne en vérité de te célébrer…)

A partir de 2h20 la procession.

A 2h28’37: le sonneur n’a peut-être même pas dix ans, mais il joue des mains et des pieds comme un pro…

De la férie

On fait mémoire de saint Tiburce et de sainte Suzanne, les deux premiers saints nommés au martyrologe.

Plus loin on lit :

A Evreux, en Gaule, saint Taurin évêque. Ordonné évêque de cette ville par le pape saint Clément, il y propagea la Foi Chrétienne par la prédication de l’évangile, et entreprit dans ce but de nombreux travaux ; il s’endormit dans le Seigneur, renommé par l’éclat de ses miracles.

A Cambrai, en France, saint Géry, évêque et confesseur.

Selon la vie de saint Taurin écrite par le moine Déodat au IXe siècle, Taurin fut baptisé et ordonné par le pape Clément qui l’envoya en Gaule dans la région d’Evreux, tandis que son frère Géry était envoyé à Cambrai. Naturellement le récit, stéréotypé, commence par l’apparition d’un ange à la mère de Taurin, et se poursuit par une multitude de miracles. En fait Taurin fut le premier évêque d’Evreux, mais à la fin du IVe et au début du Ve siècle. Son successeur saint Gaud est attesté en 461. Il n’a donc pas pu connaître saint Clément, mort en 97. Quant à saint Géry, s’il est voisin de Taurin sur le martyrologe, il est mort deux siècles après son « frère ».

Lorsque saint Taurin arriva à Evreux il dut combattre le démon qui l’attaqua sous la forme d’un lion, puis d’un ours, puis d’un buffle. Il détruisit la statue et les objets du culte d’une déesse que Déodat appelle « Diane », et fit de son temple une église dédiée à la Sainte Vierge. Elle fut détruite lors de la Révolution française…

La châsse contenant les reliques de saint Taurin, réalisée au XIIIe siècle, échappa en 1793 à la réquisition des métaux précieux et réapparut après la Révolution. Elle se trouve dans l’église… Saint-Taurin.

Addendum. La châsse serait aujourd’hui au musée (voir commentaire). Avec les reliques dedans ?…

9e dimanche après la Pentecôte

Allelúia, alléluia. Eripe me de inimícis meis, Deus meus : et ab insurgéntibus in me líbera me. Allelúia.

Sauvez-moi des mains de mes ennemis, ô mon Dieu, délivrez-moi de ceux qui se lèvent contre moi.

Il était question des ennemis de l’âme dans l’Introït. Nous les retrouvons ici, et ils incitent le chanteur à implorer Dieu avec ferveur pour la délivrance et le salut. Le même texte est mis en musique dans l’Offertoire du mercredi après le dimanche de la Passion. Un mélisme orné apparaît sur insurgéntibus dans les deux cas. Celui du verset de l’Alléluia, cependant, ne peut se comparer à l’effet dramatique produit dans l’Offertoire. Dans ce dernier, nous voyons clairement comment les ennemis se rangent en bataille, comment leur nombre ne cesse de croître, comment les choses en arrivent à un point où Dieu seul peut les aider. Le mot est construit plus calmement dans le verset de l’Alléluia. Ses deux premiers membres sont identiques. La conclusion, semblable à une coda, avec ses secondes dans les deux parties, s’efforce d’apaiser toute excitation. Malgré cela, une certaine agitation se fait à nouveau sentir dans le troisième membre, avec sa quarte et la descente vers le la grave.

Dans les manuscrits annotés, les neumes sur Eripe et Deus meus de la première phrase sont donnés en forme large. Le chagrin accable le chanteur. Sa prière jaillit d’un cœur lourd ; c’est du moins ce qu’indiquent les marques rythmiques. Mais la Revue Grégorienne (9, 112) remarque : « À la pensée de Dieu, l’âme oublie sa crainte naissante. Elle est si consciente de la présence divine que, lorsqu’elle chante Deus meus, elle ne pense plus aux ennemis dont elle parlait tout à l’heure. Elle se laisse emporter par la pure contemplation. » Dans toutes ces prières et supplications, il ne faut pas oublier que la requête est formulée par Allelúia. La tournure mélodique d’inimicis meis rappelle le passage efficace de ore leónis de l’Offertoire de la Messe des défunts, efficace car il renforce la gravité de la phrase.

Jusqu’à la répétition du jubilus avec libera, toutes les pauses se terminent sur la tonique. Bien que quelque peu inartistique, cela s’intègre parfaitement à l’atmosphère paisible de la phrase.

La mélodie est d’origine très ancienne. Dès le XIe siècle, elle était adaptée aux paroles de l’Ave Maria dans la Messe votive de la Sainte Vierge au temps de l’Avent.

Dom Dominic Johner

De la Sainte Vierge le samedi

Mosaïque de Sainte-Sophie de Constantinople.

Sit vobis tamquam in imágine descrípta virgínitas vitáque beátæ Maríæ, de qua, velut in spéculo, refúlget spécies castitátis et forma virtútis. Hinc sumátis licet exémpla vivéndi, ubi tamquam in exemplári, magistéria expréssa probitátis, quid corrígere, quid effúgere, quid tenére debeátis, osténdunt. Primus discéndi ardor nobílitas est magístri. Quid nobílius Dei Matre? Quid splendídius ea, quam splendor elégit? Quid cástius ea, quæ corpus sine córporis contagióne generávit? Nam de céteris eius virtútibus quid loquar? Virgo erat non solum córpore, sed étiam mente, quæ nullo doli ámbitu sincérum adulteráret afféctum.

Contemplez, comme une image dessinée devant vous, la virginité et la vie de la bienheureuse Marie. Comme en un miroir, y resplendit, éclatant, un exemple de chasteté, un modèle de vertu. Vous trouverez là les normes de votre conduite et, comme tracés d’avance pour vous, de clairs enseignements de vie irréprochable qui vous diront ce qu’il faut corriger, éviter, observer. Le meilleur stimulant pour apprendre, c’est l’excellence du maître. Or, qui est plus excellent que la Mère de Dieu ? Qui est plus splendide qu’elle ? La splendeur elle-même l’a choisie. Qui est plus chaste qu’elle ? Son corps a enfanté sans commerce charnel. Et que dire de ses autres vertus ? Vierge, elle l’était, non seulement dans son corps, mais aussi dans son âme, où nul fourbe calcul n’a jamais corrompu la pure vigueur de l’amour.

Saint Ambroise, Des vierges, II, 2, leçon des matines.