Boniface Luykx

Reprenant pour une recension dans Una Voce le (très recommandable et très abordable) nouveau livre de l’abbé Barthe sur les rituels postconciliaires des sacrements, je relis les citations d’un certain Boniface Luyks que fait Mgr Athanasius Schneider dans sa préface, et je me demande qui est cette personne si critique de la réforme liturgique.

Car je n’avais jamais entendu parler de lui, et je ne suis certainement pas le seul, puisqu’on ne trouve qu’une seule fois son nom dans les archives du New Liturgical Movement, en 2005, au tout début de ce site…

Mgr Schneider cite un livre de Boniface Luyks paru l’an dernier aux Etats-Unis, intitulé A wider view of Vatican II (Une plus large vision, ou vue, de Vatican II). C’est un livre posthume, car l’auteur est mort en 2004. Le texte, écrit entre 1995 et 1997, n’a été retrouvé qu’en 2022. Il est d’une importance capitale, car Boniface Luyks fut un acteur important et enthousiaste de la réforme liturgique, jusqu’à ce que les commissions fabriquent une néo-liturgie qui détruisait toute la tradition.

Moine norbertin belge connu comme militant du mouvement liturgique et connaisseur des liturgies orientales, il fut nommé dès 1959 consulteur pour la préparation du concile. Il fut l’auteur de quatre paragraphes de la Constitution sur la liturgie pour le compte de l’évêque dont il était l’expert (Mgr Malula, de Léopoldville, future Kinshasa), car il était missionnaire et il fonda un monastère dans la capitale du Congo belge qui venait d’être indépendant.

Puis il fut membre de la commission chargée de fabriquer la nouvelle liturgie. Il est donc un témoin essentiel de ce qui s’est passé. Après avoir montré son ancien ami Bugnini devenu le chef de la révolution liturgique manœuvrant des experts tous de son bord, il écrit :

« A ce stade on peut se poser la question évidente et sérieuse : d’où un homme, ou un groupe, tient-il le droit d’imposer sa façon de prier ou de célébrer à toute l’Eglise occidentale ? Cette question est au cœur de la validité douteuse, ou au moins de la licéité, d’une grande partie du travail des sous-commissions du Consilium, car elles ont souvent travaillé au mépris de la Constitution sur la liturgie, la seule norme faisant autorité donnée par le Concile. »

Peu après la publication des nouveaux livres liturgiques obligatoires, Boniface Luykx s’exila aux Etats-Unis, où il fonda un monastère grec-catholique, et devint archimandrite. C’est là qu’il rédigea ses « Souvenirs et analyses d’un consulteur du Concile ». Un livre qu’il faudrait traduire en français.

Saint Paul premier ermite

Monastère de Xeropotamou, Athos, XVIIe siècle.

Enfin saint Antoine rencontra un loup, qui le conduisit jusqu’à la cellule de saint Paul. Or celui-ci, pressentant l’arrivée d’un homme, avait fermé sa porte. Mais Antoine le supplia de lui ouvrir, affirmant qu’il mourrait sur place plutôt que de se retirer. Et Paul, vaincu par ses prières, lui ouvrit ; et aussitôt les deux ermites se jetèrent dans les bras l’un de l’autre.

Et comme l’heure de midi approchait, un corbeau vint apporter un pain formé de deux parties. Et comme Antoine s’en étonnait, Paul lui dit que Dieu le nourrissait tous les jours de cette façon : il avait seulement doublé la ration, ce jour-là, à cause de la visite d’Antoine. Là-dessus s’engagea une pieuse dispute pour savoir qui des deux serait le plus digne de diviser le pain. Paul voulait que ce fût Antoine, en sa qualité d’hôte, Antoine voulait que ce fût Paul, en sa qualité d’aîné. Enfin tous deux prirent le pain, et le divisèrent en parties égales.

Et comme Antoine s’en revenait vers sa cellule, il vit passer au-dessus de lui deux anges portant l’âme de Paul. Il retourna aussitôt sur ses pas, et trouva le corps de Paul agenouillé dans l’attitude de la prière, de telle sorte qu’il crut qu’il était vivant. Le saint, cependant, était mort ; et Antoine s’écria : « Ô âme sainte, ce que tu faisais dans la vie, tu en gardes le signe jusque dans la mort ! » Et pendant qu’il songeait au moyen d’ensevelir Paul, voici qu’arrivèrent deux lions qui creusèrent une fosse, aidèrent à la sépulture, et s’en retournèrent dans leur forêt. Et Antoine prit le manteau de Paul, fait de feuilles de palmier : il le revêtit, depuis lors, aux jours de fêtes. La mort de Paul eut lieu vers l’an 287.

Légende dorée (d’après saint Jérôme).

Θείου Πνεύματος, τὴ ἐπινεύσει, πρῶτος ὤκησας, ἐν τὴ ἐρήμω, Ἥλιου τὸν ζηλωτὴν μιμησάμενος καὶ δι’ ὀρνέου τραφεῖς ὡς ἰσάγγελος, ὑπ’ Ἀντωνίου τῷ κόσμῳ ἐγνώρισαι. Παῦλε ὅσιε, Χριστὸν τὸν Θεὸν ἱκέτευε, δωρήσασθαι ἠμὶν τὸ μέγα ἔλεος.

Inspiré par le Saint-Esprit, tu as été le premier à faire ta demeure dans le désert, imitant le zèle d’Elie, et nourri par un oiseau comme un égal aux anges ; par Antoine tu as été révélé au monde. Saint Paul, supplie le Christ Dieu de nous donner la grande miséricorde.

Una Voce et le texte de Roche

La Fédération internationale Una Voce a publié un long commentaire du texte distribué par le cardinal Roche au consistoire. De même qu’il n’y a rien de nouveau dans le radotage de Roche, on n’apprendra rien de nouveau non plus dans ce commentaire. Pour ceux qui ne seraient pas clairement et complètement au fait de la persécution, il rappellera néanmoins quelques-uns des arguments essentiels auxquels le préfet du dicastère refuse obstinément de répondre, ce qui n’est pas inutile. En voici donc une traduction. (On remarquera l’indice montrant que ce n’est même pas le cardinal – anglais – qui a rédigé le texte… et qu’il ne l’a même pas relu…)

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Saint Hilaire

L’ordination épiscopale de saint Hilaire (vers 353). Légende dorée, XIVe siècle.

Tropaire

Comme un des piliers de l’Orthodoxie tu soutins dans l’Église l’enseignement d’Athanase, le champion de la vraie foi : proclamant, toi aussi, le fils consubstantiel du père, de l’arianisme tu as préservé l’Occident. Intercède, saint Hilaire, auprès de notre Dieu pour qu’Il accorde à nos âmes la grâce du salut.

Kondakion

Sans ménager tes peines et la sueur de ton front, tu extirpas de ton domaine les ronces de l’hérésie, et comme un bon laboureur, Hilaire, joyeusement en bonne terre tu as semé au souffle de l’Esprit la semence de la vraie foi : arrosée par l’eau vive du Verbe consubstantiel au Père divin, elle a nourri les adorateurs de l’indivisible Trinité.

(Il existe tout un office orthodoxe de saint Hilaire, composé par l’archimandrite Denis Guillaume en 1997.)

Le texte de Roche

Le fameux texte du cardinal Roche sur la messe, distribué aux cardinaux à la fin du consistoire, était l’un des quatre textes distribués, chacun sur un des quatre thèmes proposés par le pape.

Il ne s’agit donc pas d’une initiative privée ou intempestive comme l’avaient aussitôt suggéré quelques bisounours, mais d’un acte officiel, clairement voulu par le pape.

Ce texte ne présente rien de nouveau. C’est sans surprise une défense sans nuance de Traditionis custodes et donc de « la seule expression de la lex orandi du rite romain » qui est celle de « l’unité ».

Le texte a été publié par Diane Montagna.

On en trouvera la traduction ici.

Et un commentaire de Jeanne Smits ici.