Commémoraison du Baptême de Notre Seigneur

En ce jour octave de l’Epiphanie, la liturgie latine commémore le baptême du Christ. Mais en dehors des oraisons de la messe, de l’évangile et des lectures des matines, c’est la même liturgie que celle de l’Epiphanie. Pourtant ce jour eut longtemps ses antiennes propres. Des antiennes traduites de stichères de la liturgie grecque. Saint Pie V les a toutes supprimées, ce qui est curieux car habituellement il ne supprimait pas ce qui était devenu traditionnel.

Voici ces antiennes :

Au Magnificat des premières vêpres :

Baptízat miles Regem, servus Dóminum suum, Joánnes Salvatórem : aqua Jordánis stúpuit : colúmba protestátur, Patérna vox audíta est : Hic est Fílius meus.

Le soldat baptise le Roi, le serviteur son Seigneur, Jean le Sauveur ; l’eau du Jourdain s’étonne, la colombe témoigne, la voix du Père retentit : Celui-ci est mon Fils.

Au Benedictus :

Præcúrsor Joánnes exsúltat cum Jordáne : baptizáto Dómino facta est orbis terrárum exsultátio, facta est peccatórum nostrórum remíssio, sanctíficans aquas. Ipsi omnes clamémus : Miserére nobis.

Jean le Précurseur exulte avec le Jourdain ; le Seigneur étant baptisé la joie est faite sur terre, la rémission est faite de nos péchés par la sanctification des eaux. Crions-lui tous : ayez pitié de nous.

Au Magnificat des secondes vêpres :

Fontes aquárum sanctificáti sunt Christo apparénte in gloria orbi terrárum : hauríte aquas de fonte Salvatóris, sanctificávit enim nunc omnem creatúram Christus Deus noster.

Les sources des eaux sont sanctifiées quand le Christ apparaît en gloire au monde. Puisez les eaux de la source du Sauveur, car maintenant le Christ notre Dieu a sanctifié toute créature.

Autres antiennes, dont on trouvera ici le chant :

Véterem hóminem rénovans Salvátor venit ad baptísmum ut natúram quae corrúpta est per aquam recuperáret, incorruptíbili veste circumamíciens nos.

Le Sauveur, voulant rénover le vieil homme, vient au baptême, afin de renouveler par l’eau la nature corrompue ; il nous revêt d’un vêtement incorruptible.

Te, qui in Spíritu et igne puríficas humána contágia, Deum ac Redemptórem, omnes glorificámus.

Vous qui, par l’Esprit et par le feu, purifiez l’humaine contagion, Dieu et Rédempteur, tous nous vous glorifions.

Baptísta contrémuit et non audet tángere sanctum Dei vérticem, sed clamat cum tremóre : Sanctífica me Salvátor

Le Baptiste a tremblé et n’osa toucher la tête sainte de son Dieu ; mais il s’écrie avec crainte : Sanctifiez-moi, ô Sauveur !

Caput dracónis Salvátor contrívit in Jordáne flúmine, ab ejus potestáte omnes erípuit.

Le Sauveur a brisé la tête du dragon dans le fleuve du Jourdain, et nous a tous arrachés à son pouvoir.

Peccáti acúleus contéritur hódie baptizato Domino et nobis donáta est regenerátio.

L’aiguillon du péché est écrasé aujourd’hui par le baptême du Seigneur, et la régénération nous est donnée.

Aqua combúrit peccátum hódie, appáret liberátor, et orat omnis mundus divinitátis opem

L’eau brûle aujourd’hui les péchés, le Libérateur est apparu, et tous louent la belle œuvre de sa divinité.

Magnum mystérium declarátur hódie, quia Creátor ómnium in Jordáne expúrgat nostra facínora.

Un grand mystère est déclaré aujourd’hui, car le Créateur de tout lave nos crimes dans le Jourdain.

La messe traditionnelle au consistoire

Un cardinal a fait cette confidence au Catholic Herald :

« Alors que la liturgie était mise de côté, on nous a remis à la fin un document rédigé par le cardinal Arthur Roche, qui était assez négatif concernant la messe traditionnelle. »

Le cardinal Roche est le préfet du Dicastère pour le Culte Divin, qui non seulement applique Traditionis custodes à la lettre, mais a demandé aux évêques de lui faire savoir ce qu’ils faisaient pour pousser les prêtres et fidèles à « revenir à une forme de célébration unifiée », selon la lettre de François accompagnant le motu proprio.

Commentaire d’Infovaticana :

« Cette procédure — introduire une évaluation critique par un texte écrit et non par une discussion ouverte entre les cardinaux — a été interprétée par divers observateurs comme un signe préoccupant. Pour beaucoup, elle indique que l’orientation du Saint-Siège en cette matière serait déjà décidée d’avance, sans réelle volonté de confrontation collégiale. »

De la férie

L’antienne de Benedictus aux laudes de ce jour est une citation de la première épître de saint Paul à Timothée, dont certains exégètes pensent que c’était un cantique de la toute première liturgie. C’est en tout cas un saisissant résumé de l’économie christique du salut.

Maniféste magnum est pietátis sacraméntum, quod manifestátum est in carne, justificátum est in spíritu, appáruit Angelis, prædicátum est Géntibus, créditum est in mundo, assúmptum est in glória, allelúja.

Manifestement, il est grand, le mystère de piété qui s’est manifesté dans la chair, a donné sa justification dans l’esprit, est apparu aux Anges, a été prêché aux Gentils, cru dans le monde et élevé en gloire, alléluia.

Novo-Tikhvine

Sublime divine liturgie ce matin au monastère Novo-Tikhvine de Iekaterinbourg, chant byzantin épuré sur le texte slavon. (Dimanche après la Nativité.)

Pendant l’hymne des chérubins, à partir de 1h11’50, l’immense lustre tourne, faisant danser dans la pénombre de l’église les lumières rouges (les séraphins) et bleues (les chérubins)…

Le monastère célèbre la fête de saint Basilisc de Sibérie, dont le tombeau se trouve dans cette église dédiée à saint Alexandre Nevski. (On le voit au premier plan à 4′ et à 2h31.)

Les deux célébrants principaux sont l’évêque Serge d’Alapaïevsk et l’évêque Méliton de Nijni Taguil (les deux autres éparchies de la métropole de Iekaterinbourg).

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Présentation d’un livre qui vient tout juste de paraître, publié par le monastère :

Le vénérable Basilisc a vécu à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, mais par ses prières, il était l’égal des anciens ascètes. Il a passé près de cinquante ans dans les forêts de Mordovie, de Briansk et de Sibérie, vivant dans le jeûne et le silence. Pour son zèle dans la prière, ainsi que pour sa profonde humilité, sa douceur et sa simplicité, il a reçu de Dieu de nombreux dons spirituels, ainsi que des visions merveilleuses : il a porté dans ses bras l’Enfant Jésus, s’est tenu devant le Seigneur crucifié et a touché avec crainte ses blessures, il a contemplé la Mère de Dieu. Et bien que les exploits du saint et toute sa vie aient été extrêmement élevés, chaque chrétien orthodoxe, en lisant sa vie remplie d’exemples étonnants de foi et de prière, d’amour et d’humilité, y trouvera quelque chose d’utile et d’inspirant.

Le livre publie en russe les enseignements du starets Basilisc, consignés par son disciple, le révérend Zosime.

La Sainte Famille de Jésus Marie Joseph

L’antienne du Magnificat, aux vêpres du premier dimanche après l’Epiphanie, reprenant le même évangile que la fête qui l’a supplanté en 1921, à l’abbaye d’Ozon en 1960.

Fili, quid fecísti nobis sic ? Ego et pater tuus doléntes quærebámus te. Quid est quod me quærebátis ? nesciebátis quia in his, quæ Patris mei sunt, opórtet me esse ?

Fils, pourquoi as-tu agi ainsi avec nous ? Moi et ton père t’avons cherché avec tristesse. Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne savez-vous pas que je dois m’occuper des affaires de mon Père ?