Jeudi saint

Christus factus est pro nobis obœ́diens usque ad mortem, mortem autem crucis. ℣. Propter quod et Deus exaltávit illum : et dedit illi nomen, quod est super omne nomen.

Le Christ, pour nous, s’est fait obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. ℣. C’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom.

Le corps du graduel exprime un amour reconnaissant pour tout ce que le Christ, dans son humiliation, a fait pour nous. Nobis contribue à produire cet effet. Les manuscrits annotés donnent ici à pratiquement chaque note la forme large. L’interprétation de The Caecilia (29, 49ss) semble quelque peu forcée lorsqu’elle considère obédiens comme un mouvement mélodique agité et y voit la répugnance naturelle que le cœur juvénile du Christ ressentait face à la mort et à la terrible agonie qu’Il allait subir. Cette interprétation suggérerait en outre que l’accord majeur résolu sur usque est apaisant, dans la mesure où il réconcilie le Christ avec le terrible devoir que l’obéissance lui impose. La quarte descendante de crucis peut nous aider à visualiser comment le Sauveur, avec le cri : « Père, je remets mon esprit entre tes mains », a incliné la tête et est mort.

Si le corps du graduel racontait ce que le Christ a fait pour nous, alors le verset raconte ce que le Père a fait pour le Christ : « exaltávit illum » – Il l’a exalté. La mélodie ici résonne comme le son des cloches de Pâques, rivalisant avec les joies du ciel. La récitation sur do sur exaltávit et ensuite sur ré sur « dedit illi » donne une forme plus plastique aux neumes qui suivent. Comme dans une sainte protestation, nous anticipons la glorification du nom du Sauveur qui sera si terriblement blasphémé dans les jours suivants, inscription que nous trouverons sur la croix au-dessus de la tête de la Victime. Ici, la mélodie module vers do comme la cadence médiane en psalmodie. La structure psalmodique, d’ailleurs, se trahit par l’intonation au début du verset et par une sorte de flexe sur le la, dernière note de illum. Au début grave avec « quod est », nous nous inclinons avec révérence devant le saint nom de Jésus.

Dom Dominic Johner

A Sainte-Elisabeth de Minsk

Le monastère Sainte-Elisabeth de Minsk vient de publier sa nouvelle vidéo. Elle comprend deux chants du carême : les Béatitudes, telles qu’elles sont chantées aux « Typiques », avec le refrain « Souviens-toi de nous, Seigneur quand tu viendras dans ton royaume », entre chaque béatitude ; et les quatre premiers versets du psaume 140 tels qu’ils sont chantés dans la divine liturgie des dons présanctifiés entre la première lecture et l’épître, avec le verset « Que ma prière s’élève… » comme refrain.

Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi,
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Seigneur je crie vers toi, exauce-moi ; 
entends la voix de ma supplication, lorsque je crie vers toi.

Place, Seigneur, une garde à ma bouche, 
et une porte fortifiée à mes lèvres.

N’incline pas mon cœur vers des paroles perverses,
pour chercher des excuses à mes péchés.

Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi, 
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Mercredi saint

Le verset de l’introït et les textes du trait, de l’offertoire et de la communion sont pris du psaume 101.

Introït

In nómine Jesu omne genu flectátur, cœléstium, terréstrium et infernórum: quia Dóminus factus est obœ́diens usque ad mortem, mortem autem crucis : ideo Dóminus Jesus Christus in glória est Dei Patris.
Dómine, exáudi oratiónem meam : et clamor meus ad te véniat.

Qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ; car le Seigneur s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix : c’est pourquoi le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père. (Philippiens 10)
Seigneur, écoutez ma prière, et que mon cri parvienne jusqu’à vous.

Graduel

Ne avértas fáciem tuam a púero tuo, quóniam tríbulor : velóciter exáudi me. ℣. Salvum me fac, Deus, quóniam intravérunt aquæ usque ad ánimam meam : infíxus sum in limo profúndi, et non est substántia.

Ne cachez pas votre face à votre serviteur, parce que je suis dans l’angoisse : vite, exaucez-moi. ℣. Sauvez-moi, mon Dieu, les eaux me montent à la gorge ; je suis enlisé dans la fange du gouffre, et rien de solide où poser le pied. (psaume 68)

Trait

Dómine, exáudi oratiónem meam, et clamor meus ad te véniat. ℣. Ne avértas fáciem tuam a me : in quacúmque die tríbulor, inclína ad me aurem tuam. ℣. In quacúmque die invocávero te, velóciter exáudi me. ℣. Quia defecérunt sicut fumus dies mei : et ossa mea sicut in frixório confríxa sunt. ℣. Percússus sum sicut fænum, et áruit cor meum : quia oblítus sum manducáre panem meum. ℣. Tu exsúrgens, Dómine, miseréberis Sion : quia venit tempus miseréndi ejus.

Seigneur, écoutez ma prière et que mon cri parvienne jusqu’à vous. ℣. Ne me cachez pas votre face au jour de ma détresse ; inclinez vers moi votre oreille. ℣. Au jour où je vous invoque, vite, exaucez-moi. ℣. Car mes jours se consument en fumée ; mes os brûlent comme un brasier. ℣. Comme l’herbe mon cœur se dessèche, j’en oublie de manger mon pain. ℣. Dressez-vous, Seigneur, prenez en pitié Sion ; le temps est venu de lui faire grâce.

Offertoire

Dómine, exáudi oratiónem meam, et clamor meus ad te pervéniat : ne avértas fáciem tuam a me.

Seigneur, écoutez ma prière et que mon cri parvienne jusqu’à vous : Ne me cachez pas votre face.

Communion

Potum meum cum fletu temperábam : quia élevans allisísti me:  et ego sicut fænum árui : tu autem, Dómine, in ætérnum pérmanes : tu exsúrgens miseréberis Sion, quia venit tempus miseréndi ejus.

J’avale mes larmes avec mon pain, car vous m’avez soulevé et jeté au loin. Je me dessèche comme l’herbe, mais vous, Seigneur, vous trônez à jamais. Dressez-vous, Seigneur, prenez en pitié Sion ; le temps est venu de lui faire grâce.

Mardi saint

Les chants propres de la messe.

Introït (Galates 6 et psaume 66, c’est aussi celui du Jeudi saint).

Nos autem gloriári opórtet in Cruce Dómini nostri Jesu Christi : in quo est salus, vita et resurréctio nostra : per quem salváti et liberáti sumus.
Deus misereátur nostri, et benedícat nobis : illúminet vultum suum super nos, et misereátur nostri.

Pour nous, il faut nous glorifier dans la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; c’est en lui qu’est notre salut, notre vie et notre résurrection ; c’est par lui que nous avons été sauvés et délivrés.
Que Dieu ait pitié de nous et nous bénisse ; qu’il fasse briller son visage sur nous et qu’il ait pitié de nous.

Graduel (psaume 34)

Ego autem, dum mihi molésti essent, induébam me cilício, et humiliábam in jejúnio ánimam meam : et orátio mea in sinu meo convertétur.
℣. Júdica, Dómine, nocéntes me, expúgna impugnántes me : apprehénde arma et scutum, et exsúrge in adiutórium mihi.

Mais moi, quand ils me tourmentaient, je me revêtais d’un cilice, et j’humiliais mon âme par le jeûne, et ma prière retournait dans mon sein.
℣. Jugez Seigneur, ceux qui me font du mal ; combattez ceux qui me combattent. Prenez vos armes et votre bouclier, et levez-vous pour me secourir.

Offertoire (psaume 139)

Custódi me, Dómine, de manu peccatóris : et ab homínibus iníquis éripe me.

Seigneur, préservez-moi de la main du pécheur, et délivrez-moi des hommes injustes.

Communion (psaume 68)

Advérsum me exercebántur, qui sedébant in porta : et in me psallébant, qui bibébant vinum : ego vero oratiónem meam ad te, Dómine : tempus benepláciti, Deus, in multitúdine misericórdiæ tuæ.

Ceux qui étaient assis à la porte parlaient contre moi, et ceux qui buvaient du vin me raillaient par leurs chansons. Mais moi, je vous adresse, Seigneur, ma prière. Voici le temps favorable, ô Dieu, selon la grandeur de votre miséricorde.

La Semaine Sainte de Petros Gaïtanos

0’35 : l’Alléluia des matines.
Au milieu de la nuit, mon esprit veille sur Toi, ô Dieu, parce que lumière sont tes préceptes sur la terre.
Alléluia, alléluia, alléluia.
Apprenez la justice, habitants de la terre.
Alléluia, alléluia, alléluia.
Ajoute-leur des malheurs, Seigneur, ajoute-leur des malheurs, aux glorieux de la terre.
Alléluia, alléluia, alléluia.

4’29 : tropaire de l’office de l’Epoux (lundi, mardi, mercredi).
Voici, l’Epoux arrive au milieu de la nuit – Et bienheureux le serviteur qu’Il trouvera veillant – Mais indigne celui qu’Il trouvera nonchalant – Veille donc, mon âme – à ne pas sombrer dans le sommeil – afin de n’être pas livrée à la mort et enfermée hors du Royaume – Mais reviens à toi et chante – Tu es Saint, Saint, Saint, notre Dieu – Par la Mère de Dieu aie pitié de nous.

7’02 : exapostilaire.
Je vois, paré de beauté – le lieu de tes Noces, mon Sauveur – et je n’ai pas de vêtement pour entrer – Illumine la parure de mon âme – Toi qui donnes la lumière, et sauve-moi.

9’06 : extrait (en caractères gras) du doxastikon des laudes du mercredi (tropaire de Cassienne).
Seigneur, la femme tombée en tant de péchés – a senti ta Divinité, s’est faite myrrhophore – Eplorée, elle T’apporte la myrrhe – avant ton ensevelissement – Hélas, dit-elle, je suis dans la nuit – dans la folie de la débauche, dans les noires ténèbres de l’amour du péché – Reçois les sources de mes larmes – Toi qui des nuées as fait venir l’eau de la mer – Penche Toi vers les implorations de mon cœur – Toi qui as incliné les cieux dans ton ineffable dépouillement.

13’16 : suite du tropaire de Cassienne.
J’embrasserai tes pieds très purs – je les essuierai avec les boucles des cheveux de ma tête – Au Paradis, entendant leur pas dans le soir Eve eut peur et se cacha – Qui découvrira la multitude de mes péchés, les abîmes de tes jugements – mon Sauveur qui délivres les âmes ? – Ne méprise pas ta servante, Toi qui as l’incommensurable miséricorde.

18’50 : stichère des laudes du lundi.
Le Seigneur venant à la Passion volontaire – disait aux apôtres sur la route – Voici, nous montons à Jérusalem – et le Fils de l’Homme sera livré, comme il est écrit sur Lui – Allons donc nous aussi, nos pensées purifiées – marchons avec Lui, soyons crucifiés avec Lui – et mourons pour Lui aux plaisirs de la vie – afin de vivre avec Lui et de L’entendre dire – Jamais plus Je ne souffrirai dans la Jérusalem terrestre – Mais Je monte vers mon Père et votre Père – vers mon Dieu et votre Dieu – Et Je vous élèverai avec Moi dans la Jérusalem d’en haut, dans le Royaume des cieux.

25’15 : 9e antienne des matines du jeudi.
Ils donnèrent trente pièces d’argent – le prix de Celui qu’ils estimèrent d’entre les fils d’Israël – Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation – L’esprit est prompt, mais la chair est faible. C’est pourquoi veillez.
Pour nourriture, ils M’ont donné du fiel – Pour ma soif, ils M’ont abreuvé de vinaigre – Mais Toi, Seigneur, ressuscite Moi – Et rends-leur ce qui leur est dû.

29’25 : le samedi, au lieu de l’hymne des Chérubins.
Que toute chair mortelle se taise – Qu’elle demeure dans la crainte et le tremblement – Qu’elle ne pense en elle à rien de terrestre – Car le Roi des Rois et le Seigneur des Seigneurs – vient se faire immoler et se donner en nourriture aux fidèles – Les chœurs des Anges Le précèdent – avec toutes les Principautés et les Puissances – les Chérubins aux yeux nombreux et les Séraphins aux six ailes – qui se voilent la face et chantent l’hymne – Alléluia.

36’10 : cathisme du lundi.
Ce jour porte la lumière des prémices de la Passion du Seigneur – Venez donc, vous qui aimez la fête, chanter à sa rencontre – Car le Créateur vient recevoir la croix – les blasphèmes et les coups, jugé par Pilate – Frappé sur la pupille de l’œil par un esclave – Il accepte tout pour sauver l’homme – Disons : Christ, Dieu bon, accorde le pardon des fautes – à ceux qui vénèrent dans la foi ta sainte Passion.

41’38 : 15e antienne des matines du vendredi.
Aujourd’hui est suspendu à l’arbre de la Croix – Celui qui a suspendu la terre sur les eaux. – Il est couronné d’épines, Lui le Roi des Anges – Il est revêtu de fausse pourpre, Lui qui revêt le ciel de nuées – Il est giflé, Lui qui dans le Jourdain a délivré Adam – Il est cloué, Lui l’Epoux de l’Eglise – Il est percé de la lance, Lui le Fils de la Vierge – Christ, nous nous prosternons devant Ta Passion (3 fois) – Révèle nous Ta glorieuse Résurrection.

47’16 : Stichère des apostiches du jeudi.
Te voyant suspendu à l’Arbre de la croix – Christ, Dieu Créateur de l’univers – celle qui T’enfanta sans semence implorait amèrement – Mon Fils, où est allée la beauté de ta forme ? – Je ne supporte pas de Te voir crucifié injustement – Mais relève Toi bientôt – Que je voie ta Résurrection des morts le troisième jour.

52’18 : Doxastikon des laudes du jeudi.
Ils ont enlevé mes vêtements – ils M’ont couvert d’un manteau de pourpre – ils ont mis sur ma tête une couronne d’épines – et ils M’ont donné dans la main droite un roseau – pour que Je les brise, comme les vases du potier.

57’28 : Stichère de la résurrection.
Venue le lendemain du sabbat, / Marie de Magdala Te cherchait dans le tombeau / et, ne T’ayant pas trouvé, elle se lamentait en pleurant et clamait : / Hélas, mon Sauveur, Tu as été dérobé, ô Roi de l’univers ; / mais les deux anges, messagers de la vie, qui se trouvaient dans le sépulcre lui dirent : / Pourquoi pleures-tu, ô femme ? / Je pleure, dit-elle, car on a enlevé mon Seigneur de sa tombe, / et je ne sais pas où on L’a mis. / Mais T’ayant vu, elle se retourna et s’écria : // Mon Seigneur et mon Dieu, gloire à Toi.

1h01’10 : extrait de la troisième stance des lamentations de la Mère de Dieu.
Ô mon doux printemps, mon très doux Enfant – Où s’en est allée ta beauté ?
Toutes les générations apportent leur hymne – à ton sépulcre, mon Christ.
Les porteuses de myrrhe vinrent à l’aube – Elles répandirent les parfums sur le tombeau.
Ô mon doux printemps, mon très doux Enfant – Où s’en est allée ta beauté ?
Toutes les générations apportent leur hymne – à ton sépulcre, mon Christ.