Lundi saint

Les chants propres de la messe, comme dans presque toute la liturgie du temps de la Passion, sont des versets de psaume exprimant la plainte du Christ et ses appels à l’aide.

Introït :

Júdica, Dómine, nocéntes me, expúgna impugnántes me : apprehénde arma et scutum, et exsúrge in adjutórium meum, Dómine, virtus salútis meæ.
Effúnde frámeam, et conclúde advérsus eos, qui persequúntur me : dic ánimæ meæ : Salus tua ego sum.

Seigneur, jugez ceux qui me font du mal, humiliez ceux qui me combattent. Prenez vos armes et votre bouclier et levez-vous pour me secourir, ô Seigneur, ma force et mon salut.
Tirez votre glaive et arrêtez ceux qui me poursuivent ; donnez-moi l’assurance que vous me sauverez.

Graduel :

Exsúrge, Dómine, et inténde judício meo, Deus meus et Dóminus meus, in causam meam. Effúnde frámeam, et conclúde advérsus eos, qui me persequúntur.

Offertoire :

Eripe me de inimícis meis, Dómine : ad te confúgi, doce me fácere voluntátem tuam : quia Deus meus es tu.

Arrachez-moi à mes ennemis, Seigneur ; je me réfugie auprès de vous ; apprenez-moi à faire votre volonté, car vous êtes mon Dieu.

Communion :

Erubéscant et revereántur simul, qui gratulántur malis meis : induántur pudóre et reveréntia, qui malígna loquúntur advérsus me.

Qu’ils rougissent et soient confondus ceux qui se réjouissent de mes maux ; qu’ils soient couverts de honte et de confusion ceux qui m’accablent d’injures.

Dimanche des Rameaux

L’hymne au Christ Roi, pendant la procession. (Sur cette insistance sur la royauté du Christ dans la première partie de la messe de ce jour, voir ici.) Le premier verset est le refrain. Par les moines de Solesmes (2007).

Glória, laus et honor tibi sit, Rex Christe, Redémptor: Cui pueríle decus prompsit Hosánna pium.

Gloire, louange, honneur à vous, Christ-Roi, Rédempteur, à qui l’élite des enfants chanta avec amour : Hosanna !

Israël es tu Rex, Davídis et ínclita proles: Nómine qui in Dómini, Rex benedícte, venis.

Vous êtes le roi d’Israël, le noble fils de David, ô Roi béni, qui venez au nom du Seigneur.

Cœtus in excélsis te laudat cælicus omnis, Et mortális homo, et cuncta creáta simul.

L’armée angélique, au plus haut des cieux, l’homme mortel et toute créature vous louent ensemble.

Plebs Hebrǽa tibi cum palmis óbvia venit: Cum prece, voto, hymnis, ádsumus ecce tibi.

Le peuple hébreu vint au-devant de vous avec des palmes ; nous voici avec des prières, des vœux et des cantiques

Hi tibi passúro solvébant múnia laudis: Nos tibi regnánti pángimus ecce melos.

Avant votre Passion ce peuple vous paya son tribut de louange : maintenant que vous régnez, nous vous adressons ces hymnes.

Hi placuére tibi, pláceat devótio nostra: Rex bone, Rex clemens, cui bona cuncta placent.

Leurs vœux furent agréés ; que notre dévotion le soit aussi, Roi de bonté, Roi de clémence, à qui tout ce qui est bon plaît toujours.

L’Acathiste

Très beau chant de l’Acathiste, hier (vendredi de l’Acathiste) à la cathédrale de Minsk, par le chœur de la cathédrale divisé en chœur féminin (en bas) et chœur masculin (en haut).

A 1h07’40 le chant « Invincible chef d’armée ».

A 1h29’30 le 13e kondakion « O Mère digne de toute louange », qui est particulièrement solennisé dans la liturgie slavonne.

Взбра́нной Воево́де победи́тельная, я́ко изба́вльшеся от злых, благода́рственная воспису́ем Ти раби́ Твои́ Богоро́дице: но я́ко иму́щая держа́ву непобеди́мую, от вся́ких нас бед свободи́, да зове́м Ти: Ра́дуйся Неве́сто Неневе́стная.

Invincible chef d’armée, à toi les accents de victoire ! Délivrée du danger, moi, ta cité, je te dédie cette action de grâces, ô Mère de Dieu. Toi dont la puissance est irrésistible, délivre-moi de tout péril, afin que je te crie : Réjouis-toi, Epouse inépousée !

О, Всепетая Мати, рождшая всех святых Святейшее Слово, нынешнее приемши приношение, от всякия избави напасти всех, и будущия изми муки, Тебе вопиющих: Аллилуиа.

O Mère digne de toute louange, tu as enfanté le Verbe plus saint que tous les saints ! (3 fois) Reçois maintenant notre offrande ; délivre-nous de tout mal, et préserve du châtiment futur ceux qui te crient : Alléluia !

(Hier j’ai suivi l’Acathiste en grec à l’église de l’Ascension d’Athènes.)

Samedi de la Passion

Dans l’antiquité, ce jour précédant la Grande Semaine était aliturgique. Les chants de la messe sont ceux de la veille. Voici l’antienne de communion, prise du psaume 26, dans l’antique version du psautier romain (avec persequéntium au lieu de tribulántium) et avec l’ajout de Domine. Comme dans toutes les antiennes du temps de la Passion, c’est le Christ qui utilise les psaumes pour exprimer au Père sa déréliction.

Ne tradíderis me, Dómine, in ánimas persequéntium me: quóniam insurrexérunt in me testes iníqui, et mentíta est iníquitas sibi.

Ne me livrez pas, Seigneur, à la merci de ceux qui me persécutent : des témoins iniques se sont élevés contre moi et l’iniquité a menti contre elle-même.

Vendredi de la Passion

Le texte du répons bref de l’heure de sexte dans la liturgie du temps de la Passion est pris du psaume 21. On le retrouve comme verset aux matines, et dans les répons des matines de ce vendredi qui annonce le Vendredi saint.

℟. De ore leónis * Líbera me, Dómine.
℟. De ore leónis * Líbera me, Dómine.
℣. Et a córnibus unicórnium humilitátem meam.
℟. Líbera me, Dómine.
℟. De ore leónis * Líbera me, Dómine.

De la gueule du lion Délivrez-moi, Seigneur.
De la gueule du lion Délivrez-moi, Seigneur.
Et des cornes des licornes mon abaissement.
Délivrez-moi, Seigneur.
De la gueule du lion Délivrez-moi, Seigneur.

*

Les chants du propre de la messe de ce jour sont des plaintes du Christ souffrant.

*

Ce que les destructeurs de la liturgie latine ont fait de la collecte de ce jour est un exemple particulièrement remarquable de la volonté d’imposer une nouvelle religion. Voir ici.