De la Sainte Vierge le samedi

C’est l’office de la Sainte Vierge, mais avec quelques éléments de l’Epiphanie, dont ce répons des matines :

℟. Tria sunt múnera pretiósa, quæ obtulérunt Magi Dómino in die ista, et habent in se divína mystéria : * In auro, ut ostendátur Regis poténtia: in thure, Sacerdótem magnum consídera: et in myrrha, Domínicam sepultúram.
℣. Salútis nostræ auctórem Magi veneráti sunt in cunábulis, et de thesáuris suis mýsticas ei múnerum spécies obtulérunt.
℟. In auro, ut ostendátur Regis poténtia: in thure, Sacerdótem magnum consídera: et in myrrha, Domínicam sepultúram.

℟. Au nombre de trois sont les dons précieux que les Mages ont offerts au Seigneur en ce jour, et en chacun se trouve un divin symbolisme : * L’or doit manifester la puissance du Roi, l’encens fait considérer le Grand-Prêtre, et la myrrhe la sépulture du Seigneur.
℣. Les Mages ont adoré l’Auteur de notre salut dans son berceau et lui ont offert les mystiques symboles de leurs présents.
℟. L’or doit manifester la puissance du Roi, l’encens fait considérer le Grand-Prêtre, et la myrrhe la sépulture du Seigneur.

A Minsk

Vidéo mise en ligne aujourd’hui par le monastère Sainte-Elisabeth de Minsk : des stichères de Noël, par le chœur des « frères et sœurs laïcs ».

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.

Tout est rempli de joie en ce jour, le Christ est né de la Vierge.
Tout est rempli de joie en ce jour, le Christ est né de la Vierge.

Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Tout est rempli de joie en ce jour, le Christ est né à Bethléem.

Aie pitié de moi, ô Dieu, selon Ta grande miséricorde, et dans Ton immense compassion, efface mon péché.

Gloire à Dieu dans les hauteurs et paix sur terre. En ce jour, Bethléem reçoit Celui qui, éternellement, siège avec le Père. En ce jour, les anges chantent, comme il se doit à Dieu, l’enfant qui vient de naître : « Gloire à Dieu dans les hauteurs, paix sur terre, bienveillance parmi les hommes. »

*

Hier c’était une berceuse ukrainienne pour l’enfant Jésus : « Dors, Jésus, dors« .

De la férie

Le deuxième répons des matines est le deuxième répons des matines de la fête de l’Epiphanie.

℟. In colúmbæ spécie Spíritus Sanctus visus est, Patérna vox audíta est : * Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.
℣. Cæli apérti sunt super eum, et vox Patris intónuit.
℟. Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.

℟. Sous l’apparence d’une colombe, l’Esprit-Saint est apparu, et la voix du Père a été entendue : * Voici mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances.
℣. Les cieux se sont ouverts au-dessus de lui, et la voix du Père a retenti.
℟. Voici mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances.

On peut remarquer que ce répons ne reprend aucun évangile à la lettre. Le mot « specie » ne se trouve que chez saint Luc, mais il dit : « Le Saint-Esprit descendit sous forme corporelle comme une colombe », et non « sous forme de colombe ». Le mot « paternelle » ne se trouve dans aucun évangile. La citation de la voix du Père est celle de l’évangile de saint Matthieu, mais avec l’ajout de « bene », qui existe dans d’anciennes versions latines.

Ce répons se trouve dans les plus anciens livres liturgiques que nous ayons. (Comme toujours, ce n’est pas de la « liturgie tridentine ».)

De la férie

La liturgie byzantine célèbre la Théophanie du 6 au 14 janvier. Avec notamment ce kondakion (de Romanos le Mélode) :

Ἐπεφάνης σήμερον τῇ οἰκουμένῃ, καὶ τὸ φῶς σου Κύριε, ἐσημειώθη ἐφ ̓ ἡμᾶς, ἐν ἐπιγνώσει ὑμνοῦντας σε. Ἦλθες ἐφάνης τὸ Φῶς τὸ ἀπρόσιτον.

On en trouve diverses traductions. Voici celle des orthodoxes roumains en France, qui me paraît rendre le texte mieux que les autres :

En ce jour tu es apparu à l’univers Seigneur, et ta lumière nous a marqués de son empreinte, nous qui Te chantons en pleine connaissance : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible.

Le tropaire commence par le verbe qui en français a donné Epiphanie. On peut le traduire par apparaître, mais pour le distinguer du même verbe utilisé ensuite dépourvu de son préfixe on peut dire : En ce jour tu t’es manifesté. Toutefois aucune traduction ne peut rendre le fait que le verbe phaino, épiphaino, contient l’idée de lumière (phos), et renvoie donc au mot « lumière » qui est le mot essentiel et se trouve deux fois dans ce texte très bref (donc quatre fois avec les verbes) : l’Epiphanie, la Théophanie, est la manifestation de la Lumière divine.

Le tropaire cite le psaume 4 qui dit :

ἐσημειώθη ἐφ ἡμᾶς τὸ φῶς τοῦ προσώπου σου, κύριε.

En latin :

Signatum est super nos lumen vultus tui, Domine.

La difficulté est de traduire ἐσημειώθη, signatum est. La traduction des Roumains est la seule qui donne au verbe son sens plein, et insiste : « Ta lumière nous a marqués de son empreinte. » Même si le verbe est utilisé pour parler de n’importe quel signe, il y a ici clairement l’idée de sceau, et le verset de psaume illustre en effet l’Epiphanie : « Tu as mis la lumière de ton visage sur nous comme un sceau. » Lemaistre de Sacy traduisait : « La lumière de votre visage est gravée sur nous, Seigneur. »

Chanté par Simon Karas (1903-1999) et le chœur de l’« Association pour la promotion de la musique nationale ».

De la férie

L’octave de l’Epiphanie a été supprimée en 1955, mais les féries qui suivent conservent partiellement la liturgie de l’Epiphanie. L’hymne des vêpres et des matines est donc toujours celle qui évoque les trois mystères : les Mages, le Baptême, les Noces de Cana.

Crudélis Heródes, Deum
Regem veníre quid times ?
Non éripit mortália,
Qui regna dat cæléstia.

Hérode, roi cruel, pourquoi crains-tu
L’arrivée d’un Dieu qui vient régner ?
Il ne ravit pas les sceptres mortels,
Lui qui donne les royaumes célestes.

Ibant Magi, quam víderant,
Stellam sequéntes prǽviam :
Lumen requírunt lúmine :
Deum faténtur múnere.

Les Mages s’avançaient, suivant l’étoile
Qu’ils avaient vue et qui marchait, devant eux :
La lumière les conduit à la Lumière ;
Leurs présents proclament un Dieu.

Lavácra puri gúrgitis
Cæléstis Agnus áttigit :
Peccáta, quæ non détulit,
Nos abluéndo sústulit.

Le céleste Agneau a touché l’onde
Du lavoir de pureté ;
Dans un bain mystique, il lave en nous
Des péchés qu’il n’a point commis.

Novum genus poténtiæ :
Aquæ rubéscunt hýdriæ,
Vinúmque jussa fúndere,
Mutávit unda oríginem.

Nouveau prodige de puissance !
L’eau rougit dans les urnes de pierre.
Jésus ordonne de verser ;
L’eau coule et c’est du vin.

Jesu tibi sit glória,
Qui apparuísti Géntibus,
Cum Patre, et almo Spíritu,
In sempitérna sǽcula. Amen.

O Jésus, à vous soit la gloire,
Vous qui vous fîtes voir aux Gentils,
Avec le Père et le Saint Esprit,
Dans les siècles sempiternels.
Ainsi soit-il.