Epiphanie

En 2023 j’avais donné l’introït par le chœur de Kiedrich, dans la Hesse. Voici le graduel.

Ce chœur fut fondé au milieu du XIXe siècle par Sir John Sutton, du Nottinghamshire, qui avait aussi restauré l’église gothique et créé diverses institutions sociales. Il existe toujours, mais sa devise est aujourd’hui « Equité, tolérance et ouverture ». Sic.

La particularité du chœur est qu’il chante selon la tradition locale, documentée depuis 1333 : les livres sont en notation dite en fer à cheval.

L’enregistrement est de 1963.

Omnes de Saba vénient, aurum et thus deferéntes, et laudem Dómino annuntiántes. Surge et illumináre, Jerúsalem : quia glória Dómini super te orta est.

Tous ceux de Saba viendront, ils apporteront l’or et l’encens, et publieront les louanges du Seigneur. Lève-toi, et resplendis, Jérusalem ! Car la gloire du Seigneur s’est levée sur toi.

De la férie

Chaque année je redécouvre avec étonnement que l’Eglise de Rome a supprimé la vigile de l’Epiphanie de sa liturgie, dès 1955, alors que cette fête chez les byzantins est précédée d’une avant-fête qui commence dès le 2 janvier.

Voici le doxastikon des laudes du 5 janvier, chanté par Mikhaïl Kalaïtzis (version de Thrasyvoulos Stanitsas).

Ἰωάννη Βαπτιστά, ὁ ἐν μήτρᾳ γνωρίσας με τὸν Ἀμνόν, ἐν ποταμῷ μοι διακόνησον, μετὰ Ἀγγέλων μοι λειτούργησον, ἐκτείνας ἅψαι τῇ χειρί σου, τῆς κορυφῆς μου τῆς ἀχράντου, καὶ ὅταν ἴδῃς τὰ ὄρη τρέμοντα, καὶ τὸν Ἰορδάνην ἐπαναστραφέντα, σὺν τούτοις βόησον· ὁ σαρκωθεὶς ἐκ Παρθένου, εἰς ἡμῶν σωτηρίαν, Κύριε δόξα σοι.

Baptiste Jean, qui dès le sein m’as reconnu comme l’Agneau, dans le fleuve sois mon serviteur, accomplis ton office avec les Anges du ciel ; de ta main étendue touche ma tête immaculée ; et lorsque tu verras les montagnes trembler et le Jourdain remonter son cours, proclame avec eux : Toi qui pris chair de la Vierge pour nous sauver, Seigneur, gloire à toi.

Le très saint Nom de Jésus

Grand et glorieux mystère. L’enfant est circoncis et reçoit le nom de Jésus. Pourquoi cette connexion ? A première vue la circoncision paraît devoir être subie par celui qui est sauvé plutôt que par le Sauveur, et il semble que ce soit au Sauveur de circoncire et non pas d’être circoncis. Mais songez qu’il est le Médiateur entre Dieu et les hommes et que, dès les premiers instants de sa Nativité, il a associé les choses humaines aux choses divines, les plus basses aux plus sublimes. Il naît d’une femme, mais d’une femme en qui le fruit de la fécondité n’a pas fait tomber la fleur de la virginité. Il est enveloppé de pauvres langes, mais ces langes sont honorés par les louanges angéliques. Il est caché dans une crèche, mais une étoile brille dans le ciel pour annoncer sa venue. C’est ainsi que la circoncision démontre combien est réelle l’humanité dont il s’est revêtu, tandis que son nom qui est au-dessus de tous les noms indique la gloire de sa majesté. Il est circoncis comme vrai fils d’Abraham, il est nommé Jésus comme vrai fils de Dieu.

Et en effet le nom que porte mon Jésus que voici, n’est pas comme celui de ceux qui l’ont précédé, un nom vide de signification et sans portée. Il n’y a pas en lui le reflet d’un grand nom, mais sa vérité. L’Evangéliste ne nous atteste-t-il pas que ce nom vient du ciel et qu’il a été indiqué par l’Ange avant même la conception. Voyez la profondeur de cette parole : après que Jésus fut né, Jésus fut nommé par les hommes du nom qui lui avait été assigné par l’Ange avant sa conception. Or il est Sauveur de l’Ange aussi bien que de l’homme, mais de l’homme depuis l’Incarnation, et de l’ange depuis le début de la création. Il a été appelé, dit Luc, du nom de Jésus qui lui avait été donné par l’Ange. Le dire de deux ou trois témoins certifie toute parole. Et cette parole, qu’il est fait chair, contenue en bref dans le Prophète, se lit en plus clair dans l’Évangile.

C’est à juste titre que l’enfant né pour nous reçoit, au moment de la circoncision, le nom de Sauveur. Déjà, en répandant pour nous son sang très pur, il commence à accomplir notre salut. Les chrétiens n’ont pas à se demander pourquoi le Seigneur a voulu être circoncis. Il a été circoncis pour le même motif qu’il est né et qu’il a souffert. De tout cela, il n’a rien fait pour lui ; il a tout fait pour ses élus. Il n’a pas été conçu dans le péché, il n’a pas été circoncis à cause du péché ; il n’est pas mort pour avoir péché, mais bien pour nos péchés. Il a été nommé, dit l’Évangile, par l’Ange avant sa conception. Le mot « nommé » est tout à fait exact, le nom n’a pas été imposé. Ce nom, c’est le sien de toute éternité. C’est sa nature propre, d’être Sauveur. Ce nom lui appartient donc de naissance ; il ne lui a été donné par aucune créature humaine ou angélique.

Saint Bernard, deuxième sermon sur la Circoncision, leçons du troisième nocturne des matines.

A Moscou

Grandiose hymne des chérubins, avec des vues de la sublime cathédrale de la Dormition du Kremlin, ce matin, en la fête de saint Pierre de Moscou.

Né dans le royaume de Galicie-Volhynie (ouest de l’Ukraine actuelle), le moine et iconographe Pierre était devenu métropolite de Kiev et de toute la Rus’ en 1308. Comme Kiev était ravagée par les Mongols il s’était installé à Vladimir, puis en 1325 à Moscou…

Sainte Geneviève

Dans la liturgie byzantine en France :

Tropaire

Tes larmes abondantes ont arrosé et fécondé le désert des cœurs stériles. Tes prières et tes soupirs ont produit des fruits au centuple. Prie pour ta cité, ô sainte Geneviève, et pour ceux qui vénèrent avec amour ta sainte mémoire !

Kondakion

Pour l’amour du Seigneur, ô sainte Geneviève, tu as pris en haine le désir de repos, ayant éclairé ton esprit par le jeûne, car tu as vaincu les bêtes avec force. Mais par tes prières tu as écrasé l’agitation des ennemis.

*

Ce même jour, dans le diocèse de Quimper et Léon, sainte Geneviève de Loqueffret, sœur de saint Edern, fondatrice du monastère de Loqueffret.

Da zevez gouel hor patronez
Kristenien kanomp assemblez,
Goulennomp hirio dreist peb tra
Bennoz santez Jenovefa.

Au jour de la fête de notre patronne,
Chrétiens chantons ensemble,
Aujourd’hui, demandons à travers tout
La bénédiction de Sainte Geneviève

Evelse goulennomp fizians
Feiz, karantez, hag esperanz
Hag e resefomp heb dale
Ar grasou-ze digant Doue

Ainsi, demandons confiance
Foi, amour, espérance,
Et nous recevrons sans tarder,
Les grâces de la part de Dieu.

Le cierge de la Geneviève de Loqueffret montre qu’elle a été assimilée à celle de Paris.