Discrètement…

On apprend que les Etats-Unis se sont retirés du Centre international chargé des poursuites pour le crime d’agression contre l’Ukraine (ICPA), censés recueillir les preuves de « crimes de guerre russes » sous l’égide d’Eurojust.

Le président d’Eurojust, Michael Schmid, a déclaré à la presse : « Il y a quelques semaines, ils ont annoncé qu’ils se retiraient (…) malheureusement en raison d’un changement de priorités au sein de leur ministère de la Justice. »

Les Etats-Unis avaient versé un million de dollars. Michael Schmid dit que ce sera à l’UE de tout financer maintenant. Puis il a lâché : « À vrai dire, on ne sait pas exactement ce qui se passera à l’avenir, mais notre intention est de continuer. »

En fait ce retrait date du 17 mars et avait été annoncé par le New York Times citant la notification du ministère américain de la Justice. Mais l’information n’avait pas fait les gros titres…

Addendum. Je m’aperçois que j’en avais parlé… C’est seulement une découverte pour l’AFP, et pour ceux qui perdent la mémoire…

Lâchage final ?

Defense News, qui n’est pas une publication de plaisantins, affirme sur la foi de nombreuses sources européennes et une source américaine que le secrétaire d’Etat à la Défense, chef du Pentagone, Pete Hegseth, ne participera pas à la réunion du groupe des 50 Etats soutenant militairement l’Ukraine dans le « format Ramstein », qui se déroulera le 11 avril à Bruxelles.

On précise qu’il n’y participera même pas virtuellement, et qu’aucun de ses adjoints ne sera présent non plus.

Or c’est le prédécesseur de Hegseth, Lloyd Austin, qui avait créé le Groupe de contact de défense de l’Ukraine, qui s’était réuni pour la première fois sous sa présidence à la base aérienne allemande de Ramstein.

L’absence du chef du Pentagone sera donc spectaculaire, et non sans signification quant à l’aide américaine à l’Ukraine. Mais on se souvient que lors de la dernière réunion Ramstein, le 12 février, Pete Hegseth, moins de trois semaines après sa prise de fonction, avait jeté un froid en affirmant que tant le retour de l’Ukraine à ses frontières d’avant 2014 que son adhésion à l’OTAN étaient « irréalistes ».

La dinde a encore frappé

Annalena Baerbock, ministre allemande sur le départ :

« Nous en tant qu’Européens nous avons déjà signé un accord sur les matières premières avec l’Ukraine il y a quelque temps. Et, naturellement, tous les autres traités qui pourront être signés à l’avenir DOIVENT être compatibles avec la loi européenne. Après tout, cela est notre continent européen. Et, dans cette situation, nous parlons aussi de cela avec tous les acteurs. »

Peut-être qu’un jour elle apprendra que l’Ukraine ne fait pas partie de l’Union européenne et que ni le gouvernement américain, ni le gouvernement ukrainien, ni le gouvernement russe, n’ont à respecter la « loi européenne ». Et que l’UE qui a voulu marginaliser la Russie est en train de se marginaliser réellement, quant à elle, comptant pour rien dans les relations entre Poutine et Trump. Et la Baerbock pourra tourner plusieurs fois à 360 degrés, naturellement ça ne changera rien…