Un jury indépendant

Un jury de journalistes, indépendant, en Europe ? Ça existe encore ? Eh oui. Le prestigieux concours mondial de la photo de presse (World Press Photo), créé à Amsterdam en 1955 et toujours basé à Amsterdam, Pays-Bas, a attribué l’un de ses prix 2025 à un photographe de presse… russe, Mikhaïl Terechtchenko. Et non seulement russe, mais travaillant pour l’agence TASS. Et non seulement travaillant pour l’agence TASS, mais ouvertement favorable à la guerre en Ukraine et ayant salué la « libération » de Marioupol par l’armée russe…

Naturellement, ce prix a fait scandale. D’abord en Géorgie, parce que Mikhaïl Terechtchenko est récompensé pour ses photos des récentes émeutes géorgiennes : c’est donc un double scandale, puisqu’il s’agissait de protestations contre une élection soi-disant « sous influence russe ». L’opposition géorgienne hurle, suivie bien entendu par les Ukrainiens, et par les Occidentaux au courant de l’affaire.

World Press Photo a répondu : « Nous n’excluons aucun photographe, quel que soit son pays. (…) Nous faisons confiance au jury indépendant et à nos processus de jugement rigoureux pour garantir que la qualité visuelle et journalistique de toutes les photos gagnantes soit de classe mondiale. »

Pourquoi World Press Photo n’a-t-il pas informé le jury que le photographe travaille pour TASS ? « Le jury indépendant juge les œuvres de manière anonyme, sans connaître le nom des photographes ou des médias pour lesquels ils travaillent. Le principe est que le jury juge l’œuvre, et non la personne ou l’agence pour laquelle elle travaille. Nous appliquons nos règles de manière uniforme à toutes les candidatures, sans exception. »

Or de fait les 10 photos primées de Mikhaïl Terechtchenko sont remarquables. Et elles sont remarquables aussi en ce qu’elles montrent l’extrême violence des… manifestants. C’est pour avoir brisé ce tabou des gentils défenseurs de la démocratie confrontés aux sauvages policiers qu’on lui en veut d’abord, sans oser le dire.

« A la trappe ! »

Même si le Rassemblement national a abandonné presque tout ce qui faisait la spécificité du parti de Jean-Marie Le Pen, il semble qu’il fasse toujours aussi peur, pour qu’un tribunal se mêle de politique au point de déclarer inéligible la candidate en tête des sondages pour la prochaine présidentielle, en utilisant une procédure d’exception et d’exclusion qui fait fi de ce qui peut se passer en appel…

Et cela parce que le parti utilisait une partie du pactole européen qui lui était alloué pour payer des permanents étiquetés « assistants parlementaires ». Tous les partis ont fait cela, même si le Modem seul a été inquiété avant le RN. Tous plus ou moins, le RN plus que d’autres pour la raison qu’on lui refusait tout financement de campagne, par pression politique sur les banques.

Cette pratique était tacitement tolérée, jusqu’au moment où l’on a décidé de frapper le parti des Le Pen. Quand Ubu a dit : Le Pen à la trappe ! L’Ubu européen, le temple de la corruption au plus haut niveau, avec un déluge de fric qui inonde diverses mafias bien en cour (y compris hors UE, comme en Ukraine), mais qui sévit contre les intrus politiques. Comme en Moldavie, comme en Roumanie, comme on aurait aimé le faire en Géorgie, et en Allemagne l’AfD a échappé de peu à l’interdiction, et la prochaine victime est déjà désignée : Conor McGregor, en Irlande.

Ainsi va donc désormais la « démocratie » européenne. Un système qui a vécu, et qui s’effondre dans l’ignominie avec la complicité d’une justice partisane.

Lundi de la quatrième semaine de carême

L’hymne des vêpres pendant le carême, traduction Lemaître de Sacy, en alternance d’alexandrins et d’octosyllabes.

Audi, benígne Cónditor,
Nostras preces cum flétibus,
In hoc sacro jejúnio
Fusas quadragenário.

Dieu dont nul de nos maux n’a les grâces bornées
Refuge unique en nos douleurs,
Dans ce jeûne sacré de quarante journées,
Entends nos voix, reçois nos pleurs.

Scrutátor alme córdium,
Infírma tu scis vírium :
Ad te revérsis éxhibe
Remissiónis grátiam.

Tu vois notre cœur faible, impuissant à bien faire
Puisqu’à ton œil rien n’est caché.
Fais grâce à des pécheurs dont le regret sincère
Te cherche en quittant le péché.

Multum quidem peccávimus,
Sed parce confiténtibus :
Ad laudem tui nóminis
Confer medélam lánguidis.

Grand Dieu, nous l’avouons, nous sommes très coupables,
Mais nous t’offrons nos humbles vœux,
Montre en daignant guérir nos langueurs incurables
Que tu ne perds que l’orgueilleux.

Sic corpus extra cónteri
Dona per abstinéntiam,
Jejúnet ut mens sóbria
A labe prorsus críminum.

Fais qu’en ce jeûne saint l’abstinence pénible
Afflige tellement la chair
Que par un plus grand jeûne aux sens imperceptible
L’âme s’abstienne de pécher.

Praesta, beáta Trínitas,
Concéde, simplex Unitas,
Ut fructuósa sint tuis
Jejuniórum múnera.

Trinité souveraine, unique roi du monde,
Fais goûter aux vrais pénitents
Les admirables fruits que ta grâce féconde
Tire du jeûne en ce saint temps.

La trêve à sens unique

Les Ukrainiens n’ont pas respecté une seule journée la trêve des attaques sur les infrastructures d’énergie, qu’ils avaient pourtant signée. Et il semble que ça s’aggrave. Hier ils ont bombardé la station de comptage de gaz de Soudja, désormais hors service (c’est sur le gazoduc qui va en Europe occidentale). Aujourd’hui, ils ont bombardé des lignes à haute tension dans la région de Belgorod, privant d’électricité 9.000 foyers.

Il n’est pas indifférent de constater que l’attaque sur Soudja a été menée par des missiles américains HIMARS tirés par des spécialistes britanniques grâce à l’aide de systèmes satellitaires français.

La France ne respecte donc pas non plus la trêve, conformément à ce qui avait été annoncé par Macron.