Salomé chez McCain

Salomé Zourabichvili a été nommée “boursière Kissinger » de l’Institut McCain, en tant que présidente de la Géorgie, ce qui est absurde (même si elle a « emporté sa légitimité avec elle »).

L’institut McCain souligne :

Zourabichvili a refusé de démissionner, décrivant la prise de contrôle illégitime de son pays. Comme McCain et Kissinger, elle incarne la ténacité de l’homme d’État et la défense des valeurs démocratiques de son pays. Le sénateur McCain s’est solidarisé avec les Géorgiens contre l’invasion russe de 2008 ; en tant que boursière Kissinger de l’Institut, Mme Zourabichvili poursuivra la tradition d’un leadership stratégique fondé sur des principes dans l’un des champs de bataille démocratiques les plus importants au monde.

En tant que boursière Kissinger du McCain Institute, Mme Zourabichvili mettra à profit sa vaste expérience en matière de diplomatie, de leadership et d’élaboration de politiques pour favoriser la tenue de nouvelles élections et l’avènement d’une voie démocratique dans son pays.

Autour du 1er janvier 2016, John McCain avait fait une tournée dans les pays Baltes, en Ukraine et en Géorgie pour rappeler que les Etats-Unis étaient derrière eux contre Poutine. La célèbre photo ci-dessous le montre (à gauche) réveillonnant avec des soldats dans le Donbass en compagnie du sénateur Lindsey Graham et du président Petro Porochenko. John McCain a fondé son institut d’ingérence étrangère en 2012. Il est mort en 2018. L’actuelle directrice de l’institut est Evelyn Farkas, secrétaire adjointe à la Défense pour la Russie, l’Ukraine et l’Eurasie sous Obama.

Le Noël de Poutine

Vladimir Poutine a célébré la nuit de Noël cette année à l’église Saint-Georges du mont Poklonnaïa, la première église construite à Moscou après la chute du communisme, en compagnie de familles nombreuses, à l’issue de l’année de la famille.

Et il a publié ce communiqué (à comparer avec d’autres communiqués de chefs d’Etat, si l’on en trouve) :

« Je vous adresse tous mes vœux à l’occasion de la Nativité du Christ. Cette fête lumineuse et si attendue est chère à des millions de personnes dans le monde entier. Elle donne aux croyants de la joie et de l’espoir, inspire de bonnes pensées, de bons comportements et de bonnes actions. Pendant la période de Noël, nous ressentons clairement, de tout notre cœur, l’importance que revêtent pour nous les traditions paternelles et familiales, transmises de génération en génération. Je tiens à souligner que l’Église orthodoxe russe et les autres confessions chrétiennes de Russie jouent un rôle créatif considérable dans l’unification du peuple, la préservation de notre mémoire historique et de notre patrimoine culturel et spirituel unique. La contribution des organisations religieuses au renforcement de l’institution familiale, à l’éducation des jeunes, à l’affirmation dans la société d’idéaux et de valeurs morales durables telles que l’attention portée à son prochain, la miséricorde et la compassion, et au soutien de ceux qui ont besoin d’aide et d’attention, est significative. Ce travail multiforme et très demandé mérite la plus grande reconnaissance. Je souhaite aux chrétiens orthodoxes et à tous les citoyens de Russie qui célèbrent la Nativité du Christ, santé et prospérité. »

✝︎ Jean-Marie Le Pen ✝︎

Je lisais hier, avec quelques jours de retard, un article où il y avait ceci :

« Jean-Marie Le Pen était un réactif, plus intuitif que théoricien, et certains lui ont reproché un manque de stratégie définie à l’avance. Mais du moins était-il d’une doctrine très sûre. La plus fragile de ses improvisations s’appuyait sur un socle de convictions et de réflexes hérités d’une tradition gréco-romaine et catholique. Cela lui donnait une boussole sans erreur sur toutes les questions dites de société ainsi qu’un jugement sûr et vrai sur les grandes affaires politiques. »

Ce n’est pas tout-à-fait vrai, mais l’essentiel est dit. Je préciserai qu’il était à la fois l’héritier de la tradition catholique et de la « tradition » républicaine des « hussards noirs ». Ce qui faisait de lui un personnage unique, capable d’unir dans un même « front » des catholiques traditionalistes et des athées, des monarchistes et des républicains, etc. Et avec un sens aussi aigu que le plus souvent inconscient (mais nourri par son immense culture) de la réaction la plus française à tel ou tel événement, il emportait l’adhésion de tout son mouvement et d’innombrables sympathisants.

On l’avait appelé Le Menhir, et j’étais admiratif de voir comment il supportait les attaques les plus ignobles, la diabolisation la plus infâme, les calomnies les plus abjectes. Sa force de caractère était étayée par sa conviction d’être dans le vrai, et qu’il avait une mission.

J’ai travaillé avec lui pendant dix ans, et cela reste un grand moment de ma vie. Ceux qui ne l’ont pas connu ne savent pas que dans les rapports avec ses collaborateurs il pouvait être d’une flagrante injustice (dont il jouait, en fait, le plus souvent), et dans une colère noire qui devenait subitement une humeur guillerette et chantonnante… Il était tellement imprévisible qu’il était en fait prévisible, car c’était une mise en scène…. qui le rendait encore plus attachant.

Outre mon activité de journaliste et chroniqueur à National Hebdo, je lui proposais presque quotidiennement un projet de « communiqué de presse de Jean-Marie Le Pen ». Comme je l’écrivais en me « mettant à sa place », il me répondait presque toujours : « Envoie ! ». Un soir, après une grande émission télévisée de Chirac, un dimanche soir, je l’appelle avant d’écrire quoi que ce soit, pour lui demander sa réaction. Je note au vol ce qu’il me dit, puis je le rappelle après avoir synthétisé ses propos. Imprévisible il l’était pourtant, car je ne m’attendais pas du tout à sa réaction : « Mais ça, c’est ce que je viens de te dire ! Trouve-moi quelque chose d’autre et rappelle-moi ! » Je sens la sueur perler sur mon front… J’agite les derniers neurones qui me restent, je rédige quelque chose, je le rappelle. « Eh bien voilà, c’est ça que je voulais ! »…

Je l’ai toujours appelé « Président », parce que, même si je suis allé assez souvent chez lui à Rueil-Malmaison, et même une fois, par privilège spécial, dans son petit bureau « comme une cabine de bateau », je n’étais pas de ses intimes. Mais aujourd’hui je peux dire Adieu Jean-Marie. Que le Seigneur t’accueille dans son Royaume, pour lequel tu as travaillé plus que tu ne le pensais. Et il me faut dire encore (pardonne-moi) que lorsque notre fille Marie est morte dans un accident de moto, c’est toi qui nous écrivis la plus belle lettre, la plus profonde lettre, la plus chrétienne.

Constat géorgien

Du président du Parlement de Géorgie :

Quelle ironie de voir les autorités allemandes et françaises se plaindre de l’ingérence étrangère dans les élections. Quelle parodie de voir les gouvernements de Michael Roth et de Nathalie Loiseau oser se plaindre, hypocritement, de l’ingérence dans les élections d’un autre pays. Espérons qu’ils se rendront bientôt compte qu’en s’ingérant de manière honteuse, grossière et illégale dans les élections géorgiennes, ils coupent les branches de la démocratie et de la souveraineté sur lesquelles ils sont si fiers de se percher.