1.100 catéchumènes

De temps en temps on parle de la croissance des communautés orthodoxes aux Etats-Unis. Voici un chiffre ponctuel intéressant : le diocèse du Midwest de l’Eglise orthodoxe en Amérique annonce qu’en ce carême il a plus de 1.100 catéchumènes.

Il s’agit d’un des 12 diocèses des Etats-Unis de la seule « Eglise orthodoxe en Amérique » (OCA), celle qui est issue de l’Eglise orthodoxe russe (il y a aussi l’archidiocèse orthodoxe grec d’Amérique, dépendant du patriarcat de Constantinople).

Or moins de 1% des citoyens des Etats-Unis se dit orthodoxe.

En outre, être catéchumène orthodoxe est autrement plus contraignant qu’être catéchumène dans l’actuelle Eglise catholique latine. Ne serait-ce qu’à cause du jeûne sévère auquel il est confronté pour la première fois. Il ne s’agit pas de figurer dans quelques « célébrations » affublé d’une « étole » (!), se terminant par un happening aquatique dans la nuit de Pâques au son d’une chanson ringarde… puis de disparaître ensuite : « Merci pour ce bon moment »…

Continuité

Sur cette photo on voit des augustiniens célébrant à genoux le culte de Pachamama. C’était en 1995. Au milieu, face à l’officiant qui brandit l’encens, le P. Robert Prévost. C’était au cours du « IVe Symposium-Atelier “Lire Saint Augustin depuis l’Amérique latine” » (São Paulo, 23-28 janvier 1995), dont les actes (et la photo) ont paru dans le livre « Écothéologie : une perspective à partir de Saint Augustin » (Mexique, 1996).

Pete Hegseth et le troisième Temple

Le 19 février 2018, l’actuel ministre de la guerre de Donald Trump, alors journaliste à Fox News, donnait une conférence à Jérusalem et il disait ceci :

Aujourd’hui Jennifer et moi-même avons eu la chance de voir le mur occidental du Mont du Temple. Et en étant là vous ne pouvez que contempler le miracle qui est devant vous. Et il m’est venu à l’esprit un autre miracle que j’espère vous tous verrez dans un avenir pas trop éloigné. Parce que 1917 fut un miracle, 1948 fut un miracle, 1967 fut un miracle, 2017 – la Déclaration de Jérusalem comme capitale - fut un miracle, et il n’y a pas raison que le miracle du rétablissement du temple sur le Mont du Temple ne soit pas possible. Je ne sais pas comment cela arrivera, vous ne savez pas comment cela arrivera, mais je sais que cela peut arriver. Cela je le sais. Et une étape dans ce processus est la reconnaissance que les faits et les actes sur ce sol ont une importance. C’est pourquoi aller visiter la Judée et la Samarie, comprendre cette souveraineté, la souveraineté du sol israélien dans les villes israéliennes est la prochaine étape pour montrer au monde que ceci est la terre des juifs et la Terre d’Israël. Je crois, comme il a été dit, que vous devez acheter le ticket : ne souhaitez pas seulement pendant 40 ans gagner à la loterie, achetez le ticket. Je vous suggère, à la lumière du soutien que vous avez à Washington, du soutien que vous avez parmi les patriotes américains, parmi les chrétiens évangéliques, parmi les croyants, parmi les Républicains, même parmi certains démocrates qui ne peuvent plus guère le dire à Washington, d’acheter le ticket : passez à l’action, faites ce qui doit être fait ici en Israël, parce que je crois vraiment que nous sommes à un moment où l’Amérique vous soutiendra. Vous avez Donald Trump à la Maison Blanche, vous avez Mike Pence comme vice-président, vous avez Nikki Haley à l’ONU, vous avez de vrais croyants en Israël et en Amérique qui vous soutiennent.

Trois petites mais importantes notes.

— Le miracle de 1948, c’est quand les sionistes ont commencé à massacrer les Palestiniens, y compris chrétiens, à raser des villages, y compris chrétiens, afin de faire fuir les survivants par la terreur.

— Quand Pete Hegseth parle de la souveraineté d’Israël sur le sol de Judée et de Samarie, et demande aux Israéliens de faire ce qui doit être fait, il appelle à la prise de contrôle de toute la Cisjordanie par l’Etat d’Israël (car les Israéliens appellent officiellement « Judée-Samarie » la Cisjordanie).

— La fantasmagorie de la construction du troisième temple, même si elle est largement partagée par les « chrétiens sionistes », est proprement incompréhensible pour des chrétiens tout-court : c’est en totale contradiction avec l’enseignement du Christ et de saint Paul.

(Quant à Jennifer c’est la troisième femme – elle-même divorcée – de Pete Hegseth.)

Leur Eglise

N’étant pas adepte des spectacles appelés « eucharisties », ni des diverses mises en scène qui remplacent la liturgie, je découvre seulement maintenant que les nouveaux catéchumènes portent une étole…

Or l’étole est le symbole même de l’ordination sacramentelle. Seuls les évêques, les prêtres et les diacres peuvent la porter, et doivent impérativement la porter lorsqu’ils délivrent un sacrement : elle est le signe du ministère ordonné.

Faire porter une étole à des laïcs, hommes et femmes, qui ne sont même pas baptisés, c’est mettre sur le même plan et confondre (je suppose que c’est même souvent explicite dans les paroisses) le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel : tout le monde, homme et femme, est diacre et prêtre…

On me dira peut-être que ce n’est pas grave puisque la plupart de ces « catéchumènes », après s’être déguisés pendant le carême et avoir plongé dans une baignoire au son d’une musique rock la nuit ou le jour de Pâques, ne retourneront jamais à l’église.

Certes, mais je croyais qu’on était au temps de l’œcuménisme. Or voilà encore quelque chose qui ne peut que scandaliser les orthodoxes.

*

La paroisse qui est le dernier refuge de la messe traditionnelle dans mon coin organise 12 « repas partagés » pendant le carême. Nous étions priés, le premier dimanche de carême, de nous inscrire à la fin de la messe pour organiser les « repas partagés » afin de mieux nous connaître… Je suppose que cela aussi est très répandu. En bref, pendant le temps du jeûne, qui était autrefois du jeûne mais qui l’est toujours dans la liturgie traditionnelle, on doit penser à manger, et en ce temps de pénitence à inviter des gens autour d’un repas… La perte du sens commun est devenue hallucinante.

Le pervers Tucho

Le cardinal Victor Fernandez (Tucho pour les intimes), âme damnée de Bergoglio qui l’a fait préfet du dicastère de la doctrine de la foi, inventeur d’une pornothéologie, continue de produire des étrons sous Léon XIV. Sa note Una Caro (« une seule chair », sur le mariage) a été très peu commentée, voire pas du tout. Elle n’a pas échappé à la sagacité de l’éditorialiste de L’Entente catholique de Bretagne (1 rue Charles Le Goffic, 22000 Saint-Brieuc).

Extrait :

En réalité, la Note est un étrange fourre-tout, où le meilleur, connu depuis longtemps, côtoie l’inutile (la révérence au célibataire Kierkegaard, à l’hermétique Jean-Luc Marion, à Lévinas, Emmanuel Mounier, Jean Lacroix…) et parfois le pervers.

De façon évidente, la Note refuse qu’on mette en valeur l’un des buts du mariage, la procréation. (…)

Pour vanter la monogamie, Victor Fernandez a recours à des poètes non chrétiens : eux aussi sont pour l’amour dans le couple, n’est-ce pas ?! Il glisse dans cette liste deux poètes staliniens (Eluard et Neruda), une poétesse suicidée (Antonia Pozzi), … et surtout, perfidie suprême, un poète notoirement homosexuel, Walt Whitman, exaltant son couple : « Nous rentrerons à la maison tous deux… Nous irons ensemble à travers les eaux du temps ».