Une nouvelle église cosaque

Le patriarche Cyrille a consacré ce matin l’église de la Nativité du Christ dans la stanitsa de Dinskaïa (36.000 habitants), dans le kraï de Krasnodar, qu’on appelle toujours là-bas le Kouban. (Une stanitsa était une unité politique et économique d’une « armée » cosaque.) Le gouverneur Benjamin Kondratiev était présent avec sa famille et a souligné que la foi est le fondement du Kouban. (Il a été décoré de l’ordre de saint Daniel de Moscou première classe – me semble-t-il.)

Les peintures ont été réalisées par les maîtres de Palekh, héritiers d’une grande tradition iconographique.

Après la révolution bolchevique les cosaques de la région fondèrent la « République populaire du Kouban ». La majorité des cosaques rejoignit l’Armée blanche de Denikine, mais début 1920 l’Armée rouge prit le Kouban et imposa le pouvoir soviétique. Le drapeau du kraï de Krasnodar est aujourd’hui celui de l’éphémère République de 1919.

Québec islamique

Le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) a licencié près de 150 membres du personnel de soutien qui refusaient de se conformer à la nouvelle loi québécoise sur la laïcité. En bref des musulmanes qui refusaient d’enlever leur voile.

Le CSSDM avait contacté 734 employées concernées ces dernières semaines afin d’obtenir leur engagement à respecter la loi.

La majorité d’entre elles ont donc accepté. Mais elles ne sont pas « laïques » pour autant. Cela montre une fois de plus que Jean-Marie Le Pen avait raison quand il s’opposait à l’interdiction du voile : celles qui le portent sont immédiatement reconnues comme musulmanes, ce qui permet de mesurer le degré d’islamisation.

Et au Québec on voit qu’il est énorme. Ce pays était naguère l’un des plus catholiques du monde. Au point que lorsque je cherche sur Google une illustration pour un saint peu connu je tombe le plus souvent sur des photos d’un village du Québec qui porte son nom…

Le Québec a perdu la foi chrétienne et devient donc musulman : 734 employées musulmanes pratiquantes dans les seuls services scolaires de la seule ville de Montréal…

Et chez les Québécois de souche pas encore islamisés on se doit d’être un soutien et militant de la cause MMIWG2SLGBTQQIA+

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(On se souvient que lors de l’Aïd el-Fitr, la fête de la fin du ramadan, le 20 mars dernier, à Marseille, 27 cantines scolaires étaient fermées parce que le personnel était absent…)

La tente de David

Lors de ce qu’il est convenu d’appeler le « concile de Jérusalem », au chapitre 15 des Actes des apôtres, on ne fait guère attention à ce qui paraît secondaire dans les arguments invoqués : une citation d’Amos, faite par saint Jacques, pour appuyer ce que dit saint Pierre. Il s’agit du fait que les prophètes ont annoncé que viendrait le salut des nations. Saint Paul le fait dans ses épîtres, en citant des versets de psaumes très explicites. La citation d’Amos l’est aussi, mais elle commence de façon bizarre, peu compréhensible dans le contexte, d’où le peu d’intérêt qu’elle suscite chez le lecteur, surtout moderne :

Je rebâtirai la tente de David, qui est tombée ; je réparerai ses ruines, et je la relèverai ; afin que le reste des hommes, et toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué, cherchent le Seigneur, dit le Seigneur qui fait ces choses.

Osty trouve « étrange » que Jacques cite Amos selon la Septante, texte qui ici dit le contraire de l’hébreu : « … afin qu’ils (les fils d’Israël) conquièrent ce qui reste d’Edom ». Et conformément à son négationnisme habituel, quand il traduit le texte d’Amos il ne fait pas la moindre allusion à saint Jacques mais explique que le prophète annonce tout simplement le rétablissement du royaume d’Israël dans ses anciennes limites…

La Bible de Jérusalem souligne aussi que le texte est cité « selon la Septante » (mais c’est le cas de la très grande majorité des citations dans le Nouveau Testament), et explique que « l’argumentation repose sur des variantes propres à la version grecque », pour éviter d’évoquer clairement la contradiction avec l’hébreu, mais en suggérant que ce texte vient des milieux hellénistes et a été mis ensuite « sur les lèvres du chef du parti “hébreu” ». Sic. Autrement dit on ferait dire à Jacques ce qu’il n’a pas dit alors que cette prophétie sur « toutes les nations » fait bien évidemment partie intégrante et nécessaire des propos des apôtres… (Conformément à sa schizophrénie habituelle, la Bible de Jérusalem explique en note du texte d’Amos, dans l’Ancien Testament : « Les ruines qui seront relevées, c’est l’Eglise, qui sera rebâtie afin que toutes les nations puissent s’y rassembler… » (car il y a effectivement « toutes les nations » dans la suite du texte).

La TOB remarque sans s’y étendre que « l’argumentation attribuée à Jacques serait impossible avec le texte hébreu ».

En ce qui concerne les premiers mots de la citation, les traductions modernes disent « la hutte branlante » ou « la hutte croulante » de David. « La hutte de David qui était tombée », dit Osty.

La Vulgate dit « tabernaculum David » : littéralement la tente de David. C’est le mot qui a été traduit par tabernacle quand cette tente est devenue pendant l’Exode celle de la présence divine, avec l’arche d’alliance. En grec c’est « σκηνὴν Δαυιδ », tant chez Amos que dans les Actes. Et cette expression ne se trouve nulle part ailleurs.

Or la « tente de David », cela ne peut être que le Temple de Jérusalem : au temps de David la présence divine se trouvait toujours sous une tente, puisqu’il allait revenir à Salomon de construire le Temple. C’est pourquoi Amos parle des ruines qui seront réparées. Car à cette époque le Temple a été détruit, mais à la fin de sa prophétie il annonce qu’il sera reconstruit. Du point de vue chrétien, qui est celui de saint Jacques, la tente de David est l’Eglise, qui est le vrai nouveau Temple de Jérusalem.

On remarque une chose curieuse. Saint Jacques cite Amos en faisant dire à Dieu : « Je rebâtirai la tente. » Mais dans le texte authentique d’Amos il y a : « Je relèverai ». En grec ἀναστήσω : le verbe de la Résurrection. Car la tente de David, c’est le Corps du Christ : « Détruisez ce Temple et en trois jours.je le relèverai. »

Les orthodoxes qui ont participé à la TOB ont obtenu que soit insérée une note disant : « Dans ce relèvement de la hutte croulante de David, la liturgie orthodoxe voit une prophétie messianique du salut par l’incarnation du Christ. »

Voilà qui reste mystérieux. La note fait allusion au mégalynaire de la fête du saint prophète Amos, qui est en effet explicite :

Réjouis-toi, Amos, prophète de Dieu ! Car, telle la tente prophétique de David, le Verbe fait chair est ressuscité glorieusement et, ce qu’il avait créé, il l’a amené au Père.

Χαίροις ὦ Προφῆτα Θεοῦ Ἀμώς· τὴν γὰρ πεπτωκυῖαν, ὡς προέφης σκηνὴν Δαβίδ, σαρκωθεὶς ὁ Λόγος, ἀνέστησεν ἐνδόξως, καὶ ταύτην θεουργήσας, Πατρὶ προσήγαγε.

La tente qu’il avait créée, qui était tombée en ruines par le péché, et qu’il a restaurée par sa résurrection, il l’a ramenée au Père. La tente qui est la chair dont Dieu s’est revêtu pour la restaurer, et qui renvoie à ce que disait David à Nathan : « Ne vois-tu pas que je demeure dans une maison de cèdre, et que l’arche de Dieu habite sous les peaux ? »

On peut rappeler aussi que saint Jean, quand il dit que le Verbe fait chair a « habité » parmi nous, emploie un verbe construit sur le mot σκηνὴ, tente. Mais traduire par « posé sa tente parmi nous » serait forcer le trait : le verbe voulait simplement dire « habiter ».

Telle est la symphonie des significations croisées du texte sacré, quand on n’en fait pas une hutte croulante par des traductions fausses et des exégèses idéologiques.

« Parcours de foi »

« Nous avons suivi un chemin synodal, marchant ensemble, à l’écoute les uns des autres, non pas en tant que communautés isolées, mais en tant qu’une seule Église », déclare Mgr Thomas Zinkula, archevêque de Dubuque, dans l’Iowa. Ce chemin synodal était un « parcours de foi » (Journey in faith), au terme duquel a été décidé un « plan de consolidation » qui crée 24 « pastorats » regroupant 84 des 160 paroisses actuelles. Les autres disparaîtront.

Ce plan est rendu nécessaire par le fait qu’il n’y a plus que 85 prêtres, et qu’il n’y en aura plus que 55 vers 2040. La participation à la messe a baissé de 46% ces 20 dernières années, les mariages de plus de 50%, les baptêmes de 22%.

Mais grâce au chemin synodal on peut « consolider » quelques ruines et appeler cela un « parcours de foi »…

Il suffit de changer les maux en mots…