Une fake news de La Croix

Que nos gazettes païennes disent n’importe quoi sur la prétendue découverte de 42 pages de saint Paul, c’est normal, vu le degré actuel d’analphabétisme religieux. Mais quand La Croix ne relève pas le niveau (du moins dans son titre), c’est qu’il n’y a vraiment plus rien à sauver dans la presse.

Non, on n’a pas retrouvé 42 pages perdues du Nouveau Testament. Des chercheurs ont réussi à reconstituer 42 pages des épîtres de saint Paul qui manquaient dans le codex H (ou 015). Un manuscrit terriblement mutilé, partiellement conservé au Mont Athos, et dont il y a sept autres morceaux dispersés à Saint-Pétersbourg, Moscou, Kiev, Paris, Turin, mais qui est une des références pour l’établissement du texte. Il date du VIe siècle et c’est un « témoin constant de premier ordre », selon la terminologie de Nestle-Aland, pour huit épîtres de saint Paul et pour l’épître aux Hébreux.

On avait vu que certaines pages portaient des traces de la page opposée qui avait disparu. Des traces souvent presque invisibles. Mais les dernières techniques d’imagerie ont permis de « lire » ces traces, y compris celles qu’on ne voyait pas.

Les spécialistes verront si l’on y trouve d’intéressantes variantes. Mais en tout état de cause cela ne peut être que très marginal. Le codex H n’est que l’un des 33 « témoins constants de premier ordre » pour la première aux Corinthiens, dont voici les versets 19-22 du chapitre 10, retrouvés dans le fragment Coislin 202 conservé à Paris. C’est précisément la page qui précédait la première du manuscrit qui était lisible jusqu’à maintenant (à droite).

Un silence éloquent

Voilà plus de 24 heures que Macron a fait de la dépénalisation de l’avortement « une priorité en Andorre ».

Et le co-prince catalan, l’évêque d’Urgell Josep-Lluís Serrano Pentinat, n’a toujours pas fait le moindre commentaire.

Il doit toujours être sous le charme de son co-prince parisien, sans doute. Ou alors le discours de Macron avait reçu son assentiment, donc celui de Rome (on sait que le cardinal Parolin suit personnellement l’affaire)…

Cirque queer satanique à l’église

C’était du 16 au 25 avril. « Mettre l’enfer au cœur de l’église. Il n’y a plus de limites, il faut tout déconstruire… Le vrai nom de la chapelle, c’est Sainte Jeanne d’Arc, et nous on y fout le feu… »

Description du « spectacle » sur Tribune chrétienne, par quelqu’un qui y était. Avec une brève vidéo qui sur X est interdite aux moins de 18 ans.

Certes, la chapelle est désacralisée. Mais le symbole est clair. L’absence de réaction des autorités catholiques l’est tout autant.

Sarah vous bénit

Cette photo a été publiée par Sarah (« Archevêque Sarah », « 106e archevêque de Cantorbéry »), le 25 avril, premier jour de son « pèlerinage à Rome ». Elle est au tombeau de saint Pierre, en la « chapelle clémentine », et elle bénit des gens qui sont devant elle, ainsi que le prélat à côté, qui est Mgr Flavio Pace, secrétaire du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens. Lequel reçoit avec componction et humilité la bénédiction d’une femme déguisée en évêque.

Vous savez quoi ? Faire croire qu’on est archevêque de Cantorbéry, y compris à Rome, c’est fendard comme si c’était mardi gras tous les jours !