La biologie trans de l’archevêque

En ce début du « mois des fiertés », John Wester, l’archevêque de Santa Fe, Nouveau-Mexique, a publié dans le magazine jésuite America un article dans lequel il appelle u respect des identités « transgenres » et exhorte l’Église à « se rapprocher des catholiques LGBTQ ».

Il y affirme que les nouvelles « identités de genres » telles que « transgenre » et « non binaire » doivent être considérées comme des réalités physiques. Mon sexe biologique est celui d’un homme, mais dans mon cerveau biologique je suis une femme. Sic :

« J’ai appris un fait fondamental et significatif : la manière dont nous comprenons notre genre est déterminée par des zones spécialisées du cerveau. Nous avons entendu les témoignages émouvants d’un homme transgenre et de la mère d’une fille transgenre, tous deux décrivant un sens profond et inné de l’identité qui s’est manifesté dès l’âge de 3 ans. De tels récits suggèrent que l’identité de genre n’est pas un simple “choix” ou une “phase” passagère, mais une expérience profondément ressentie de la personnalité, qui semble enracinée dans l’interaction complexe entre la biologie et la neurologie. Le respect de ce concept inné du soi qui trouve son origine dans le cerveau, en tant que partie intégrante du corps, est essentiel pour reconnaître la dignité de chaque être humain. »

Et comme il est très intelligent il a une analogie tout prête, et particulièrement inepte :

« J’ai pensé à notre société du début du XXe siècle jusqu’aux années 1960, lorsque nous forcions souvent les enfants gauchers à écrire de la main droite. Je me suis demandé si nous étions aujourd’hui dans une situation similaire en assimilant l’identité de genre à une sorte d’aberration. »

Sic. Cet homme-là est un archevêque de l’Eglise catholique. Il a même un « master of divinity »…

Comme c’est bizarre…

Le cardinal Re, doyen du collège des cardinaux, a envoyé aux cardinaux une lettre en vue du consistoire convoqué par le pape les 26, 27 et 28 juin prochains.

Au programme notamment la liturgie, comme le pape l’avait clairement laissé entendre à la fin du dernier consistoire ? Eh bien non. La question liturgique restera au vestiaire cette fois encore.

Au dernier consistoire, en janvier dernier, la liturgie était l’un des quatre thèmes prévus. Mais il avait été écarté… Le pape avait dit alors qu’il ne fallait pas l’oublier. C’est pourtant ce qui se passe.

On parlera de la situation internationale (sic), du chef-d’œuvre de Léon XIV sur l’intelligence artificielle, de la réception du chef-d’œuvre de Léon XIV sur l’intelligence artificielle dans les Eglises locales, et bien sûr des suites sans fin du synode sur la synodalité…

Bref, sur la liturgie, le seul document cardinalice demeure celui que le cardinal Roche avait distribué à la fin du dernier consistoire : une réitération hargneuse de Traditionis custodes, seul horizon de l’unité de l’Eglise.

Ni paradis, ni enfer…

La célébrissime chanson de John Lennon Imagine est ouvertement athée et, comme il le soulignait lui-même, communiste : elle appelle à supprimer les religions, les nations, la propriété privée. Le premier couplet dit ceci :

Imagine qu’il n’y a aucun paradis,
C’est facile si tu essaies,
Aucun enfer en-dessous de nous,
Au-dessus de nous, seulement le ciel,
Imagine tous les gens,
Vivant pour aujourd’hui…

Or le président de l’Académie pontificale de théologie, l’évêque Antonio Staglianò, a produit une vidéo où il dit ceci :

« Abolissons la religion, abolissons Dieu, abolissons le paradis. Qui dit cela ? John Lennon, dans la plus belle chanson du monde, Imagine. »

Et il se livre alors à un discours où il affirme que John Lennon a raison, parce que « pour avoir la paix dans le monde il faut abolir cette sorte de religion pour laquelle je dois tuer ou mourir » : celle du Valhalla, celle du fondamentalisme islamique, celle des croisades…

Or ce n’est pas du tout ce que dit John Lennon : il parle de la religion en tant que telle, et il dit qu’il n’y a pas d’autre vie que celle d’ici-bas.

Les réactions ont été vives sur les réseaux sociaux, et l’évêque Antonio Staglianò a été traité d’hérétique.

Il a alors produit une nouvelle vidéo, où il répond de façon proprement grotesque :

« Moi, un évêque hérétique ? C’est un luxe que je ne peux pas m’offrir : je suis évêque, et, de plus – avec tout le respect que je vous dois – président de l’Académie pontificale de théologie, donc je ne peux pas être un évêque hérétique. » Sic.

Antonio Staglianò avait déjà attiré l’attention le 16 février 2024 quand il avait participé à l’archevêché de Milan à une rencontre « historique » entre les trois grands-maîtres de la franc-maçonnerie italienne, l’archevêque de Milan, le cardinal Coccopalmerio (des soirées chem-sex du Vatican), et Antonio Staglianò, qui avait été « la véritable star de l’après-midi » selon Riccardo Cascioli, car il avait souligné les affinités entre la doctrine catholique et la pensée maçonnique…

Toujours le Filioque

Un lecteur m’a envoyé dimanche un lien vers un article d’un prêtre de la curie, Romano Tommasi, sur le Filioque.

Cela commence par un très long développement censé réfuter l’argument des orthodoxes disant que le concile d’Ephèse a interdit d’ajouter quoi que ce soit au Credo de Nicée-Constantinople. Cet argument est faible, car toute l’histoire de l’Eglise, comme toute l’histoire profane, est pleine d’interdits de ce genre qui ne sont jamais respectés. Mais l’interminable et inutile démonstration du P. Tommasi se retourne contre lui. Il souligne que le Credo arménien a fait des ajouts. En effet. Mais ils ne modifient en rien la foi exprimée par le Credo, contrairement au Filioque. Et quand il déclare : « Aujourd’hui les orientaux orthodoxes (les Eglises miaphysites ou non chalcédoniennes) ont toutes des Credo qui vont au-delà de la stricte règle du concile d’Ephèse », il fait frauduleusement des « Eglises miaphysites ou non chalcédoniennes » des Eglises orthodoxes alors que les orthodoxes ne les reconnaissent pas comme telles, et la vraie conclusion est que toutes les Eglises catholiques (Rome, Constantinople, Antioche, Jérusalem, Alexandrie) avaient le même Credo de Nicée-Constantinople, inchangé, jusqu’à ce que Rome le change.

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