L’un des principaux arguments des novateurs est que le « lectionnaire » est beaucoup plus fourni dans la néo-liturgie et donc que les fidèles bénéficient d’une plus grande quantité de lectures bibliques. Ce principe est d’abord anti-liturgique, car la liturgie n’est pas un enseignement biblique, c’est un culte que l’Eglise rend à Dieu. Ensuite, comme il était à prévoir, le texte biblique est abondamment censuré. On en a retiré ce qui ne convient pas à l’homme moderne, conformément aux principes explicitement affirmés par les fabricants, ce qui donne lieu à d’invraisemblables dentelles de textes pleins de trous, comme pour les psaumes de ce qui reste de l’office. Par exemple « Isaïe 61:1-3a.6a.8b-9 » ou « 2 Samuel 7:4-5a.12-14a.16 »… « a » et « b » (voire « c ») indiquent qu’on coupe le verset en deux (voire en trois), pour ne garder que ce qui convient à l’homme moderne.
Agnieszka Fromme, docteur en théologie, a étudié de près les différences entre les deux lectionnaires. Plusieurs de ses observations ont déjà été faites, mais son étude est systématique. Le blog New Liturgical Movement a publié l’article qui comporte le relevé qu’elle a fait. Ce relevé est précédé d’une longue introduction narrant l’histoire du lectionnaire et rappelant les fondements de la théologie catholique, et suivi d’une conclusion qui synthétise ses observations. On trouvera ci-dessous la traduction du relevé. Ce sera un nouveau chapitre de mon texte sur « la réforme liturgique, en quoi elle est irrecevable » (ci-contre, en haut de la colonne de droite).
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