Le Figaro reproduit un reportage de l’AFP sur un lac volcanique de Colombie, à 4.000 mètres d’altitude, une merveille de couleurs, paraît-il, dont l’environnement a été menacé par le surtourisme. Aujourd’hui les indigènes ont repris les choses en main, il faut avoir l’autorisation du gouverneur pour monter au lac, moyennant finances.
Avant l’ascension, les cinq membres de la garde indigène organisent un rituel en présence de leur taïta (chaman), Florentino Chasoy, pour louer le « cycle de la vie ». « Sans nos Dieux, sans la nature, l’eau, les montagnes… nous ne sommes rien », rappelle le chaman. Chacun demande « l’autorisation de monter » au sommet et « de contempler la beauté » du lac. S’excuse par avance du « dérangement » qu’il va causer « aux plantes, aux animaux », ou d’avoir à « perturber le silence » de ce « lieu sacré » pour les indigènes Pastos. Une oraison à la « Pacha Mama », une prière à la Vierge Marie, un « nettoyage spirituel » à coups de parfum… et en route vers le sommet !
Ou bien l’évangélisation a été très superficielle, ou bien le paganisme fait un grand retour. Je ne sais pas quelle est l’explication, mais ça n’a plus aucune importance depuis que le même rituel (en dehors de la prière à la Vierge Marie) a été célébré dans le jardin du Vatican en présence du pape de Rome…


