C’était à Stuttgart, en l’église catholique Sainte-Marie, la nuit de Noël.
J’ai vérifié. C’est là (en meilleure définition) à partir de 8’45.
C’était à Stuttgart, en l’église catholique Sainte-Marie, la nuit de Noël.
J’ai vérifié. C’est là (en meilleure définition) à partir de 8’45.
L’association des journalistes orthodoxes ukrainiens a publié une très belle analyse de l’icône traditionnelle de la Nativité, par Polina Joukova.

Noël sans paillettes : ce que cache la grotte noire sur l’icône
Pourquoi la Vierge Marie se détourne-t-elle de l’Enfant Jésus, et pourquoi l’abîme infernal béant occupe-t-il le centre de l’icône festive ? Analyse du drame caché dans les couleurs.
Le mois de décembre sent le sapin, les mandarines et l’attente. Nous sommes habitués à considérer Noël comme la fête la plus chaleureuse de l’année. Notre imagination, nourrie de belles cartes postales, dessine une image idyllique : une étable en bois chaleureuse, de la paille dorée, des anges potelés et rougis, et une Sainte Famille heureuse qui admire tendrement l’Enfant Jésus. Cette image dégage beaucoup de lumière, de paix et de chaleur familiale. Nous aimerions être là. Nous voulons nous y réchauffer.
Mais si nous entrons dans une église orthodoxe et nous approchons de l’analogion où se trouve l’icône de la Nativité (par exemple, celle d’Andreï Roublev ou des anciens maîtres byzantins), nous sommes surpris.
Il n’y a pas de confort ici. Il n’y a pas de maison en pain d’épice. Il se passe ici quelque chose qui nous coupe le souffle.
Au lieu de la paille moelleuse, des corniches rocheuses acérées comme des couteaux. Au lieu du foyer familial, un froid cosmique glacial. Ce n’est pas une idylle familiale, c’est un bouleversement tectonique de l’histoire. Et si nous regardons de plus près, nous verrons que l’iconographe n’a pas simplement représenté la naissance d’un enfant, mais le début d’une grande bataille.
Le trou noir de l’univers
Où notre regard se pose-t-il en premier lieu ? Au centre même. Mais là, il n’y a pas de lumière. Là, il y a une obscurité absolue et impénétrable.
Sur fond de rochers ocres, le triangle noir de la grotte béant. C’est la couleur la plus sombre qui se trouvait sur la palette du maître. Et ce n’est pas simplement l’entrée d’une grotte où l’on cache le bétail pour le protéger des intempéries. Dans la théologie de l’icône, cette noirceur porte un nom effrayant : « la gueule de l’enfer ».
L’icône nous dit très honnêtement : le monde dans lequel le Christ vient n’attendait pas sa venue à bras ouverts. Ce monde est dans le mal (1 Jn 5, 19). C’est un monde frappé par le péché et la mort. La grotte noire est l’image de toute l’humanité privée de Dieu. C’est la concentration de notre douleur, de notre désespoir, de nos guerres et de nos trahisons. Ce sont « les ténèbres extérieures » (Mt 8, 12).
Le miracle principal se produit précisément ici. La lumière n’éclaire pas cette caverne de l’extérieur, comme un projecteur. La lumière pénètre à l’intérieur. Volontairement. L’enfant Jésus est déposé directement dans cette obscurité.
Dieu ne dédaigne pas notre obscurité. Il n’exige pas que nous « nettoyions » d’abord notre vie, que nous allumions la lumière et que nous l’invitons ensuite. Il naît au plus profond de notre chute. Il se couche au centre pour briser les ténèbres de l’intérieur.
Né pour mourir
Regardez l’Enfant. Il ne ressemble pas au joyeux bambin des tableaux de la Renaissance. Il est étroitement emmailloté dans des langes blancs.
Rappelons-nous l’iconographie d’un autre événement : l’enterrement du Christ. Ces langes blancs reproduisent exactement le linceul funéraire. Et la crèche de pierre dans laquelle il repose ressemble de façon effrayante à un cercueil, un sarcophage.
Au moment le plus joyeux de l’histoire, l’Église ne nous laisse pas oublier le but de sa venue.
Il n’est pas né pour qu’on lui chante des berceuses. Il est né pour mourir.
La tache blanche du Nourrisson sur le fond noir de la grotte est le grain jeté en terre (Jn 12, 24). Ici, à Bethléem, on voit déjà l’ombre de la croix du Calvaire. L’icône ne le cache pas : le prix de notre salut sera extrêmement élevé.
Se détourner de son Fils
Un autre détail qui déconcerte souvent le spectateur contemporain. Regardez la Vierge Marie. Elle est la plus grande figure de l’icône. Elle est allongée sur un lit rouge, fatiguée par l’accouchement. Mais où porte-t-elle son regard ?
Elle ne regarde pas l’Enfant. Elle ne le serre pas contre sa poitrine. Elle est souvent représentée en train de se détourner de lui.
Pourquoi ? N’y a-t-il donc pas d’amour maternel ici ? Si, il y en a. Mais c’est un amour qui transcende l’attachement.
L’iconographe nous montre Marie qui a déjà accompli son sacrifice. Elle comprend que cet enfant ne lui appartient pas. Il appartient au monde.
Elle se détourne non par indifférence, mais par humilité devant le mystère. Sa posture exprime une profonde réflexion, ce « méditant dans son cœur » (Luc 2, 19). Elle regarde le monde (souvent nous) avec une tristesse et un espoir infinis. Elle sait qu’une épée transpercera son âme (Luc 2:35). Et elle l’accepte en silence.
Le coin du doute
Maintenant, reportons notre regard vers le coin inférieur de l’icône. Un vieillard y est assis. C’est Joseph, le fiancé. Il est assis, la tête appuyée sur sa main, dans une posture de profonde tristesse et de réflexion. Il ne participe pas à la célébration des anges. Il est seul. À côté de lui, on représente souvent un personnage étrange : un vieillard voûté vêtu de peaux de chèvre, appuyé sur un bâton tordu. Qui est-ce ? Un berger ?
Les interprétations anciennes disent : c’est « l’esprit du doute », le démon qui tente Joseph. Il lui souffle ces pensées qui sont si compréhensibles pour chacun d’entre nous : « Comment une vierge peut-elle enfanter ? C’est contre les lois de la nature. C’est impossible. On t’a trompé. Les miracles n’existent pas, Joseph. Il n’y a qu’un bâton sec dans ma main et des pierres sous mes pieds. »
C’est le moment psychologique le plus poignant de l’icône. C’est le « thriller » au cœur de la fête.
Tandis que le ciel exulte, que les mages galopent avec leurs cadeaux et que les bergers écoutent les anges, un homme est assis dans un coin et tente péniblement de croire.
Nous nous reconnaissons en Joseph. Vivant dans un monde plein de douleur et d’injustice, ne sommes-nous pas souvent assis dans ce « coin du doute » ? On nous murmure aussi : « Dieu n’existe pas. Le mal a triomphé. Regarde les informations, où est ton Noël ? Ce ne sont que des contes de fées. »
L’icône ne condamne pas Joseph. Elle lui donne une place dans la composition. L’Église comprend que la foi n’est pas toujours un envol enthousiaste. Parfois, la foi, c’est simplement le courage de ne pas partir, de rester assis près de la grotte, même lorsque la raison crie « je ne crois pas ».
Le réconfort de la vérité
Pourquoi cette icône austère nous réconforte-t-elle davantage aujourd’hui qu’une carte de Noël sur papier glacé ?
Parce que le vernis ment. Si Noël n’était qu’une jolie histoire familiale, il s’effondrerait dès le premier contact avec notre réalité. La confortable étable de l’image ne résisterait pas aux bombardements. Les petits anges aux joues roses ne nous sauveraient pas de la peur de la mort.
Mais l’icône dit la vérité.
Dieu n’est pas venu dans un monde de pain d’épice. Il est venu dans un monde où il y a des rochers froids, des grottes noires, la trahison et la mort.
Il est venu dans une réalité qui sent le moisi et le sang, et non la cannelle. C’est précisément pour cela que nous avons de l’espoir.
Le Christ repose dans la grotte noire de notre douleur. Il est là. Au point le plus sombre de la vie, dans le gouffre le plus profond, où il semble n’y avoir aucune place pour la lumière, Il est déjà là. Silence… Vous entendez ? Dans cette obscurité, un cœur vivant bat. Dieu est né. Et les ténèbres ne l’ont pas englouti (Jn 1, 5).
Traduction d’un article de Orthodox Christian. Je mets en gras le plus important.
Son Éminence le métropolite Antoine de Boryspil et Brovary, chancelier de l’Église orthodoxe ukrainienne, a publié une longue déclaration dans laquelle il s’exprime sur la persécution actuelle dont fait l’objet l’Église et appelle les croyants à maintenir leur foi et leur unité pendant cette période qui est la plus difficile depuis l’indépendance de l’Ukraine.
Faisant un parallèle avec la fin des années 1980, le métropolite Antoine rappelle comment la célébration du millénaire du baptême de la Rus’ en 1988 a marqué un réveil spirituel après des décennies d’athéisme soviétique. Il note qu’avec l’indépendance de l’Ukraine, les croyants avaient confiance que « les responsables de la structure et de la gouvernance de l’État tiendraient compte des leçons du passé et ne lèveraient plus jamais la main contre l’Église ».
Le métropolite déclare que seulement 30 ans après ce renouveau, au cours duquel « la terre ukrainienne s’est parée de milliers de dômes dorés, de centaines de monastères et de dizaines d’écoles théologiques », la situation s’est radicalement inversée. Il décrit comment l’Église orthodoxe ukrainienne, « reconnue par toutes les Églises orthodoxes locales comme la seule Église canonique en Ukraine », a été confrontée à une hostilité croissante, en particulier au cours de la dernière décennie.
Évoquant les événements de 2018, Son Éminence critique directement le rôle du patriarche Bartholomée de Constantinople. « Malheureusement, la part du lion de la responsabilité de cette anarchie incombe personnellement au primat du patriarcat de Constantinople », déclare-t-il. Le métropolite se souvient d’une visite au Phanar en 2018, lorsque le patriarche Bartholomée a déclaré à la délégation de l’Eglise orthodoxe ukrainienne : « Je ne ferai jamais de mal à l’Église orthodoxe ukrainienne. »
Le métropolite Antoine demande alors sans détour si le patriarche peut désormais « regarder droit dans les yeux » Son Éminence le métropolite Arsène de Svyatogorsk, qui « est en détention provisoire depuis plus d’un an », ainsi que de nombreux autres hiérarques qui « ont fait ou font encore l’objet d’une enquête ».Il mentionne que Sa Béatitude le métropolite Onuphre « a été déchu de sa citoyenneté » et que de nombreux évêques et membres du clergé « ont été placés sur la liste des sanctions, limitant ainsi leurs droits civils ».
Le chancelier décrit la confiscation d’églises, les attaques contre le clergé et les paroissiens, et la situation actuelle des reliques sacrées de la Laure des Grottes de Kiev, qui, selon lui, sont désormais « pour ainsi dire sous arrestation et soumises à une sorte d’expériences et de recherches ».
Son Éminence aborde les récentes demandes du gouvernement visant à modifier la charte de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, rejetant les suggestions selon lesquelles l’Église pourrait se conformer « formellement » tout en conservant ses croyances. « Le christianisme rejette catégoriquement le formalisme et le manque de sincérité dans les comportements et les paroles envers quiconque ou quoi que ce soit », déclare-t-il, comparant ces demandes aux persécutions anciennes lorsque les chrétiens étaient invités à offrir de l’encens aux idoles.
Le métropolite Antoine insiste sur le fait que l’Eglise orthodoxe ukrainienne est « indépendante et autonome depuis les années 1990 » conformément à la charte accordée par Sa Sainteté le patriarche Alexis II. « Personne ne nous a jamais dicté les décisions que le Synode de l’Eglise orthodoxe ukrainienne devait prendre. Tout est décidé exclusivement à Kiev », affirme-t-il, tout en soutenant que l’Église apprécie son « unité spirituelle et canonique » avec l’orthodoxie universelle.
Le métropolite met en garde contre l’acceptation des exigences du gouvernement ou de l’alternative d’un « tristement célèbre exarchat », déclarant que « la lutte est beaucoup plus profonde et se situe à des niveaux bien plus sérieux ». Il cite l’apôtre Paul : « Car notre combat n’est pas contre la chair et le sang, mais contre les forces spirituelles du mal dans les lieux célestes ».
En conclusion, Son Éminence cite saint Hilaire de Poitiers : « L’Église triomphe lorsqu’elle est blessée. » Il dit aux croyants que leurs souffrances actuelles ne sont « pas une punition, mais un signe de notre élection », et les appelle à suivre leur chemin « avec patience et courage, sans trahir Dieu ou notre Église, en préservant l’unité ecclésiastique ».
Le pape a nommé Mgr Richard Moth archevêque de Westminster (primat de l’Eglise catholique en Angleterre, et président de la conférence des évêques) en remplacement du cardinal Vincent Nichols qui a eu 80 ans le 8 novembre dernier.
Lu sur Riposte catholique :
Mgr Moth est né en Zambie en 1958. Ordonné prêtre en 1982 dans le diocèse de Southwark (il est situé sur la rive gauche de Londres), il a été évêque aux armées en 2009 avant de devenir évêque d’Arundel et Brighton en 2015. Mgr Moth est réputé pour avoir protégé la messe traditionnelle. Dans son diocèse, Traditionis Custodes n’a pas été appliqué et son vicaire général célébrait habituellement la messe traditionnelle.


Selon mon décompte c’est la 122e nouvelle église de Moscou, mais j’en ai peut-être raté… Le patriarche Cyrille a consacré ce matin l’église Saint-Nicolas du quartier Chtchoukino. Car c’est aujourd’hui la (grande) fête de saint Nicolas (la saint Nicolas d’hiver) en Russie selon le calendrier julien.
On remarquera les icônes très traditionnelles de l’iconostase. A 21’25 ; 40’50 ; 41’45 ; saint Nicolas à 42’18 ; 1h37; les 12 grandes fêtes de l’année à 43’ ; à 2h26′ on aperçoit les portes royales, avec l’Annonciation et les évangélistes…)

L’icône du Christ est celle du Mandylion (« non faite de main d’homme »), celle de Marie est l’icône de la Mère de Dieu dite du « doux baiser » (glycophilousa).
