Douche froide

On se souvient de l’enthousiasme des bisounours l’an dernier, quand le cardinal Burke avait célébré la messe à Saint-Pierre de Rome lors du pèlerinage Summorum Pontificum. Parce que cette messe, UNE messe, avait été permise, c’était la fin de la persécution… Avec quelle émotion remerciait-on Léon… Alors que le pape n’avait RIEN dit à propos de ce pèlerinage, et que le cadre juridique demeurait exactement le même, à savoir celui du motu proprio de François.

Cette année il n’y aura donc pas de messe à Saint-Pierre de Rome. Il n’y aura pas non plus de cardinal. Seulement une messe célébrée par Mgr Athanasius Schneider à Saint-Marie-Majeure… près du tombeau de François…

Cela dit, même si le pèlerinage de l’an dernier était vraiment impressionnant, je ne comprends pas à quoi rime le fait de célébrer un motu proprio qui n’existe plus depuis 2021. Et cette année la nostalgie se brise sur la réalité.

Capituler ou mourir

Les Missionnaires de la miséricorde divine, de Toulon, sont une petite communauté de dix prêtres qui s’est développée à Toulon grâce à la bienveillance de Mgr Rey. Mais François a envoyé à Toulon un commissaire, François Touvet, puis a viré Mgr Rey et a mis François Touvet à sa place.

Pendant tout ce temps il ne pouvait plus y avoir d’ordinations sacerdotales, or les Missionnaires de la miséricorde divine avaient cinq diacres prêts à devenir prêtres.

Finalement, quatre ans après, quatre des cinq diacres (le cinquième est en dépression) vont pouvoir être ordonnés. Mais au cours d’une messe de Paul VI, et selon le nouveau rite d’ordination. Bref en contradiction frontale avec leur charisme et en contravention avec leurs constitutions… Ce sera le 31 octobre à l’abbaye de Triors, pour faire croire aux gogos que tout cela est traditionnel.

En réalité, c’est bien le motu proprio de François qui est appliqué à la lettre. Il est permis de célébrer la messe traditionnelle si Rome donne l’autorisation, seulement en dehors des églises paroissiales, et à l’exclusion de tout autre sacrement (dont l’ordination sacerdotale, ainsi qu’on le voit).

Les Missionnaires de la miséricorde divine ont donc capitulé. Pour que leurs nouveaux prêtres puissent célébrer la messe traditionnelle, ils ont dû accepter d’être ordonnés selon la nouvelle liturgie, ce qui est une absurdité.

C’est une première. Cela pourrait être imposé aussi aux autres instituts dédiés à la messe traditionnelle… Avant de leur imposer d’autres restrictions.

Capituler ou mourir, ou capituler puis mourir ?

Leur Eglise

« Les personnes transgender. Sciences, théologies, pastorales ». C’est un livre du « philosophe » Damiano Migliorini (qui a déjà publié « Gender, philosophies, théologies : la complexité contre toute idéologie »). Avec des contributions de divers autres auteurs, réunies par Giuseppe Piva, « théologien » jésuite. Publié par une maison d’édition officiellement « catholique ».

La préface est du cardinal Domenico Battaglia, archevêque de Naples, qui se fait appeler « Mimmo ».

Le site LGBT New Way Ministries s’est empressé de traduire cette préface en anglais, « afin de lui donner une audience mondiale », sous le titre : « Personne n’est exclu du Cœur de Dieu ». Au centre de ce texte : « La fidélité est un mouvement dans l’Esprit, une recherche communautaire, une volonté de demeurer ancré dans le Christ tout en traversant des territoires encore inexplorés. C’est pourquoi l’objectif n’est pas d’adopter des positions hâtives, mais de mûrir grâce au dialogue, à la prière et à la profondeur spirituelle et théologique d’un discernement ecclésial large et partagé, respectueux des personnes et enraciné dans la vérité. »

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Le site katholish.de, site officiel de la conférence des évêques allemands, publie un article qui résume une interview parue dans le supplément religieux de Die Zeit sur un livre paru en mai dernier en Allemagne : « Entre délire et sagesse ». Livre et interview du couple de « théologiens catholiques » Simone et Claudia Paganini.

Les auteurs passent les personnages bibliques au crible du diagnostic psychiatrique. « D’Adam et Ève dans la Genèse jusqu’au visionnaire de l’Apocalypse, chaque livre contient des figures qui manifestent des signes de trouble psychologique », disent-ils. Par exemple, Moïse souffre de dépression. Job manifeste des symptômes de trouble obsessionnel compulsif. Mais le clou du spectacle psychiatrique est évidemment Jésus :

La Bible décrit Jésus comme ayant un penchant pour l’alcool. Sa réaction face aux marchands de bétail dans le Temple suggère un trouble du contrôle des impulsions. Simone Paganini fait remarquer : « Jésus est celui qui dit : « Si quelqu’un te frappe, tends l’autre joue. » Et puis, il entre dans le Temple, s’irrite de la présence des marchands de bétail et… boum, tout éclate. »

Ainsi s’exprime un « théologien catholique », sur le site officiel de l’Eglise catholique en Allemagne, sans autre réserve que de mettre un point d’interrogation à la fin du sur-titre : « Jésus avait-il un penchant pour l’alcool et un trouble du contrôle des impulsions? »

Typiquement « synodal »

Léon XIV a modifié le code de droit canonique des Eglises orientales catholiques. Désormais, le synode de ces Eglises peut décider de démettre le patriarche.

Mais la décision finale reste au pape.

Autrement dit, c’est le pape seul qui décide. Il peut rejeter la décision d’éjecter le patriarche, comme il peut fomenter un vote de destitution dès qu’un patriarche est plus ou moins contesté.

Pie IX aurait apprécié. Encore que lui ne s’encombrait pas de quelconques formes canoniques quand il s’agissait des « rites orientaux ».

La laïcité colombienne : « Vive le Christ Roi ! »

Un juge a ordonné au nouveau président colombien Abelardo de la Espriella de présenter des excuses pour avoir « porté atteinte à la neutralité religieuse de l’Etat », parce que lors de son investiture, le 7 août dernier, un rabbin, un prêtre catholique et un pasteur évangélique étaient intervenus pendant la cérémonie, qui avait inclus des chants religieux et des prières.

Abelardo de la Espriella s’est exécuté. A la fin de son allocution de 25 minutes, hier soir, il a déclaré :

« Bien que je me considère comme croyant - je suis catholique - je respecte la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et dans le cadre de mes fonctions je garantirai les libertés et les droits de tous les Colombiens sans distinction, y compris la liberté de professer n’importe quelle religion, ou de n’en professer aucune, tout comme la Constitution protège mon droit de professer librement ma foi, tant en public qu’en privé. Si cet acte a pu générer un malaise ou s'il a offensé quelqu'un, je tiens, en ma qualité de chef de l'État, à leur présenter mes excuses. Je tiens à dire au peuple colombien que son président, aujourd'hui plus que jamais, défend fermement la patrie. Et vive le Christ Roi, que Dieu bénisse la Colombie ! Bonne nuit ! »