L’imam Nunez

Le discours du ministre de l’Intérieur le 12 mars lors de « l’Iftar des ambassadeurs » à la Grande Mosquée de Paris était passé inaperçu, dans le flot de l’actualité qui passe… Un passage vient d’émerger sur les réseaux sociaux. Le ministre se prononce en faveur du voile pour les fillettes (ce en quoi l’imam Nunez est plus islamiste que la grande majorité des théologiens musulmans), et pour une diffusion toujours plus grande de l’islam, de même que le président de la République est lui aussi attaché à « développer » (sic) l’islam en France. (« Mon cher Chems », que tutoie le ministre, est le recteur algérien de la Grande Mosquée.)

« La France ne doit pas perdre en chemin ses enfants et elle ne doit perdre en chemin aucun de ses enfants parce qu’ils se seraient sentis stigmatisés ou blessés. C’est ce qui justifie d’ailleurs ma position sur l’interdiction du port du voile sur l’espace public par les mineurs. Je ne serai pas celui qui ira expliquer à des enfants qu’en portant le voile, elles menacent le vivre ensemble républicain. Je ne le ferai pas parce que je n’y crois pas et parce qu’une telle mesure ne ferait en réalité que détourner l’attention de la vraie menace. C’est une proposition qui, à mon sens, décrédibiliserait le vrai combat donné contre l’islam politique qui, lui, lui, est essentiel. C’est également ce qui justifie et justifiera que je pousse et défende, comme ministre des cultes, toute initiative qui puisse contribuer à mieux faire connaître l’islam. Et tu sais, mon cher Chems, combien le président de la République est attaché à développer et à mieux faire connaître l’islam. »

Les icônes dans les tribunaux

La Cour européenne des droits de l’homme examine en ce moment la plainte de l’« Union athée de Grèce » qui conteste la présence d’icônes dans les salles d’audience. Les tribunaux grecs ont rejeté la demande, d’où le recours à la CEDH. Laquelle a donc jugé la requête recevable, ce qui est assez curieux quand on se rappelle qu’elle avait rejeté la plainte de parents athées concernant la présence de crucifix dans les salles de classe de l’école publique en Italie.

Les évêques orthodoxes de Crète viennent de publier un bon texte à ce sujet :

Le Saint Synode provincial de l’Église de Crète, à la suite du débat qui s’est récemment développé concernant la présence d’icônes sacrées et de symboles chrétiens dans la vie publique, juge nécessaire de rappeler que, dans l’Église orthodoxe, l’icône sacrée n’est pas simplement un symbole religieux ou seulement une œuvre d’art, mais qu’elle est liée à la foi même de l’Église, selon laquelle Dieu s’est fait homme et s’est manifesté au monde.

C’est pourquoi l’Église honore les icônes du Christ, de la Vierge Marie et des saints, non pas en tant que matière, mais en signe d’hommage aux personnes représentées, conformément à l’enseignement du 7e Concile œcuménique selon lequel : « l’honneur rendu à l’icône rejaillit sur l’original ». L’icône rappelle que la grâce de Dieu sanctifie tout, la matière et l’ensemble de la création.

En Crète, dans le reste de la Grèce et dans tout le monde orthodoxe, les icônes constituent un élément concret d’expression de la foi, de la vie et de la culture, des réalités qui ont donné un sens à notre peuple. Les symboles sont le langage d’une culture, et dans le cas de l’expérience orthodoxe, ils constituent des principes spirituels incarnés, à travers lesquels les hommes communiquent avec Dieu et découvrent leur histoire et leurs racines.

Devant les icônes, les hommes de toutes les époques prient, laissent derrière eux leur angoisse et leur douleur, espèrent et trouvent du réconfort. L’iconographie byzantine, comme par exemple l’école crétoise d’iconographie et ses créateurs tels que Théophane le Crétois, Domenikos Theotokopoulos (El Greco) et tant d’autres, constituent notre héritage inestimable, mais aussi une partie de la culture européenne.

L’Église orthodoxe respecte pleinement la liberté de conscience de chaque individu et ne cherche pas à imposer la foi, qui est toujours proposée librement.

La présence d’icônes dans l’espace public ne restreint la liberté de personne, elle est l’expression de l’histoire, de la tradition et de l’identité spirituelle de notre peuple.

À une époque de matérialisme et de relativisme spirituel, où beaucoup de gens ont le sentiment de perdre leurs repères et le sens de la vie, les visages du Christ, de la Vierge Marie et des Saints, représentés dans les icônes, rappellent que l’homme ne vit pas sans racines, mais au sein d’une foi vivante, au sein d’une culture qui s’est forgée au fil des siècles et qui continue d’éclairer le chemin de notre vie.

Ah bon…

Léon XIV dimanche : l’attitude de Jésus révèle le visage de Dieu, « un Dieu qui refuse la guerre, que personne ne peut invoquer pour justifier la guerre, qui n’écoute pas la prière de ceux qui font la guerre et rejette celle-ci en disant : “Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang”. »

Il va falloir embaucher du monde pour procéder à nombre de décanonisations. Quelques exemples :

Michel, Georges, Demetrios, Procope, Artemios, Julien, Guillaume, Maurice, Edouard, Etienne, Henri, Louis, Jeanne d’Arc, Jean de Capistran, Pie V…

« Inapproprié »

Les supporters du club de foot de Belgrade ont créé cette impressionnante mosaïque lors d’un match, avec cette inscription façon slavon d’église : « Que notre foi vous conduise à la victoire. »

L’UEFA a considéré qu’il était « inapproprié » de représenter le Christ, et a condamné l’équipe à une amende.

Le député allemand Tobias Teich de l’AfD a déclaré : « Jésus n’est pas autorisé dans le stade de Belgrade. Du moins, c’est ainsi que l’UEFA le voit. Notre menace ne vient pas de l’Est, elle vient de l’intérieur. »

Il ne croit pas si bien dire. Car l’UEFA n’a rien à dire quand les supporters de l’équipe de Kaiserslautern font un gigantesque pentagramme d’où sort le diable. Avec deux inscriptions successives ouvertement sanatistes en latin : « Exaudi nos, Lucifer, et surge ex abysso, sume animas nostras ! » (Exauce-nous, Lucifer, surgis de l’abîme, prends nos âmes !). « Ad lucem nos trahe, orbem mundi regna, surge ex flammis et appare » (Amène nous à la lumière, règne sur le monde, sors des flammes et apparais). C’était il y a exactement un an.

Deux visions de l’Europe…

Chemin de croix LGBT…

Des chemins de croix LGBT sont organisés en Autriche, réinterprétant les stations selon les expériences supposées de supposés réfugiés « queer » racontées dans des appels téléphoniques fictifs.

C’est un projet œcuménique organisé par la Jeunesse catholique de Haute-Autriche, soutenu par les diocèses de Linz, Graz, Innsbruck et l’archidiocèse de Vienne, et par l’Eglise évangélique de Vienne.

« Les histoires racontées sont incroyablement fortes – elles vous coupent le souffle ; les mots ne suffisent pas à décrire ce qu’elles suscitent en vous », a déclaré Hannelore Mayer, assistante pastorale spécialisée dans le « ministère arc-en-ciel » au sein de l’organisation Jeune Eglise de Vienne.

Le chemin de croix comprend un spectacle d’acrobatie aérienne à l’intérieur de l’église. L’objectif est de « rendre visibles les expériences d’exclusion, de violence et d’espoir, et de promouvoir la conscience sociale ».

Katharina Payk, aumônière universitaire protestante, « théologienne queer » et co-organisatrice des événements, a déclaré que le projet démontrait la force de la coopération œcuménique : « Lorsque nous, chrétiens, vivons ensemble la diversité, l’Église devient un lieu qui transcende les frontières. »