Poutine, sa santé, ses sosies

A l’occasion de l’anniversaire de Vladimir Poutine, la chaîne allemande Welt demande à son correspondant Christophe Wanner s’il n’y a pas des signes de fatigue chez Poutine. Réponse :

« Eh bien, je n’en vois aucun. Poutine fait beaucoup d’exercice, il nage, il dispose d’une salle de sport spéciale au Kremlin, qu’il a récemment montrée à la télévision d’État russe. Le président russe est vraiment en bonne forme physique. Des rumeurs persistantes circulent en Russie selon lesquelles il serait malade, mais cela dure depuis des années et nous voyons que Poutine continue de bien gérer sa fonction, ce qui signifie qu’il est en bonne santé. Et si cela ne change pas, il n’y aura pas de changement de pouvoir en Russie dans les années à venir. Je ne vois aucune opposition ni aucun coup d’État en gestation. »

*

Cela dit, il faudrait savoir de quel Poutine on parle. Il y a deux ans, Zelensky affirmait que le vrai Poutine était mort et qu’on ne voyait que des sosies. Justement, les sosies ont organisé une petite cérémonie au Kremlin pour l’anniversaire de Poutine. Mais le vrai Poutine, s’il existe, n’est évidemment pas celui qui salue ses sosies…

La Russie toujours plus isolée

Quelque 85 pays ont confirmé leur participation à la Semaine russe de l’énergie, qui se tiendra du 15 au 17 octobre à Moscou.

Anton Kobyakov, conseiller présidentiel et secrétaire exécutif du comité directeur du forum :

« À l’heure actuelle, 5.000 représentants de 85 pays ont confirmé leur participation à la Semaine russe de l’énergie. L’intérêt pour ce forum ne cesse de croître : l’année dernière, à la même période, plus de 2.200 représentants de 58 pays avaient confirmé leur participation. Le forum se tiendra cette année sur le thème “Créer ensemble l’énergie de l’avenir”. Notre pays se prépare à accueillir des représentants des milieux d’affaires et de la recherche, des personnalités politiques et des experts, afin de discuter ensemble des problèmes et des défis actuels auxquels sont confrontés les secteurs nationaux et mondiaux des combustibles et de l’énergie, et de partager leurs opinions sur les tendances et les perspectives de coopération dans ce domaine. »

Les valeurs communes

Un extrait de la longue séance de questions réponses de Vladimir Poutine au Forum de Valdai. C’’est sa réponse à Tara Reade, une Américaine qui travaillait avec le sénateur Joe Biden et qui a dû fuir après les accusations qu’elle portait contre lui. Elle a aujourd’hui la nationalité russe et travaille pour RT.

« Vous avez mentionné les valeurs communes et la façon dont nous traitons les personnes qui viennent de différents pays et qui souhaitent vivre ici et qui partagent ces valeurs communes avec nous. Vous savez, dans notre culture politique, il y a eu beaucoup de bonnes choses, des choses contestables… Ainsi, le document d’identification des citoyens de l’empire russe n’avait pas de champ pour la nationalité. Le passeport soviétique l’avait, mais pas le passeport russe. Il avait la religion. Il y avait une valeur commune, une valeur religieuse, l’appartenance à la religion chrétienne orientale, la religion orthodoxe. Bien sûr, il y avait d’autres valeurs, mais c’est celle-là qui déterminait le type de valeurs que vous partagiez. C’est pourquoi aujourd’hui, peu importe que quelqu’un vienne de l’est ou de l’ouest, s’il partage nos valeurs il est de chez nous et c’est ainsi que nous allons le traiter. »

Les enfants de Sirius

Dans le cadre de ma modeste contribution à la recherche et à la localisation des milliers d’enfants ukrainiens kidnappés par Poutine, je signale le grand centre d’éducation et universitaire de Sirius près de Sotchi, où Vladimir Poutine a inauguré vendredi une salle de concert. On peut voir dans la salle de nombreux enfants, dont un certain nombre sont certainement des « Ukrainiens » de Crimée et du Donbass. (Puisque j’ai appris grâce au « rapport » de Yale que les enfants kidnappés sont ceux de ces régions qui vont en vacances ou à l’école en Russie.) – Pour avoir le sous-titrage en français, cliquer sur le rectangle en bas à droite.

L’architecte de la salle de concert est Andrey Litvinov. Lorsque Poutine l’a rencontré il lui a dit : « Bien que vous soyez hirsute, vous faites tout à merveille. Vous êtes quelqu’un de talentueux. C’est formidable que nous ayons autant de personnes talentueuses comme vous. Vous avez quelque chose à montrer au monde. C’est excellent ! »

A Donetsk, la Mère de Dieu revient chez elle

Le 30 septembre, l’icône de la Mère de Dieu d’Iveron a retrouvé le monastère de Donetsk qui porte son nom.

Cette icône avait été peinte en 1999 par un moine du monastère russe du mont Athos, à la demande du starets Sozime, fondateur de deux monastères près de Donetsk.

Le monastère de la Mère de Dieu d’Iveron se trouvant près de l’aéroport de Donetsk qui subissait des bombardements continus, dut être évacué en septembre 2014. L’icône fut transférée à la cathédrale de Donetsk.

Les moniales ont pu revenir récemment dans leur monastère (qui n’est pas encore restauré), et l’icône est donc revenue elle aussi, après un périple à travers les diocèses de Donetsk et de Gorlovka.

Le métropolite Vladimir a célébré un service d’action de grâce, avec des prières particulières pour la Sainte Rus’, pour la paix, et pour une prompte libération de prison du métropolite Arsène, abbé de Sviatogorsk.

(Le starets Sozime, avant sa mort en 2002, avait prophétisé des temps difficiles pour l’Ukraine et demandé de rester fidèle à l’Eglise orthodoxe russe. Fils d’un Cosaque du Don et d’une mère ukrainienne, il soulignait toujours que la Sainte Rus’ n’est pas seulement la Russie mais aussi l’Ukraine et la Biélorussie. Voyant, déjà, la répression contre tout ce qui était russe en Ukraine, il disait avec regret que ces actions finiraient tôt ou tard dans un bain de sang, la guerre, et la persécution de l’Eglise orthodoxe. L’abbesse du monastère dit qu’elle ne comprenait pas ce qu’il voulait dire, et qu’elle l’a compris quand les premiers obus ukrainiens sont tombés sur les bâtiments.)