Le 19e paquet en retard

La Commission européenne devait annoncer demain le 19e paquet de sanctions toujours plus dévastatrices contre la Russie. Mais l’annonce est reportée sine die.

On apprend que cinq pays ont mis leur veto à la proposition de restreindre la délivrance des visas pour les citoyens russes : la Grèce, l’Italie, l’Espagne, la France et la Hongrie.

Les médias grecs expliquent qu’une telle décision « aurait des conséquences catastrophiques pour le tourisme », d’autant que les touristes russes dépensent en Grèce en moyenne 1.300 euros par jour, soit près du double de ce que dépensent les autres touristes. D’autre part la communauté russe en Grèce pâtirait sévèrement d’une telle mesure, et les Russes (comme ils l’ont déjà annoncé) prendraient des mesures similaires à l’encontre des Grecs, ce qui entraînerait une baisse encore plus marquée des exportations.

L’avortement en Russie

Un quart des cliniques privées en Russie ont cessé de pratiquer des avortements, selon le père Fyodor Loukyanov, président de la Commission patriarcale sur les questions familiales, la protection de la maternité et de l’enfance :

« Déjà 25 % des cliniques privées de la Fédération de Russie ont décidé de refuser de pratiquer des avortements. Les mesures de soutien de l’État aux femmes enceintes contribuent à réduire le nombre d’avortements. Grâce à l’Année de la famille et aux diverses mesures prises pour préserver la santé des mères et la vie des enfants à naître, 2024 a vu un minimum absolu dans la circulation de substances abortives : les établissements médicaux en ont reçu 33 % de moins qu’en 2023 et 46 % de moins qu’en 2022. »

Le 1er septembre, des lois interdisant de contraindre une femme à avorter sont entrées en vigueur dans les provinces de Kirov et de Briansk. Désormais 23 régions ont une telle loi, et deux autres sont en train de la voter. Les contraintes sont définies comme « des actions visant à forcer une femme enceinte à avorter par la persuasion, l’offre, la corruption ou la tromperie ». La Mordovie a été la première région à adopter une telle loi, en 2023. Le patriarche Cyrille a appelé à l’introduction d’une telle interdiction au niveau fédéral.

Selon les estimations de Rosstat, le nombre d’avortements en Russie est en baisse constante depuis le début des années 1990, en moyenne de 6 % par an.

Guérison

Les sanctions occidentales ont obligé la Russie à devenir plus autosuffisante, ce qui a fait du bien à son économie. Mais aussi…

« Les élites russes sont accros à l’Occident. C’est une véritable maladie. Aujourd’hui, l’Occident, qui blâme la Russie de toutes les manières possibles, nous guérit. Merci, l’Occident. »

Le kremlin de Kostroma

Le 29 août, en la fête de l’icône de la Mère de Dieu de saint Théodore (Feodorovskaya), patronne de la ville et de la province, a été lancée la construction de la cathédrale de la Dormition de Kostroma. C’est le deuxième maillon de la reconstruction du kremlin de Kostroma.

Kostroma, réputé pour ses peintres d’icônes à partir du XVIIe siècle, se trouve sur « l’anneau d’or » des villes princières au nord-est de Moscou, regorgeant d’églises médiévales, notamment dans leurs kremlins. La fiche Wikipedia sur les kremlins se termine sur la mention de celui de Kostroma, « dont il ne reste que des remblais » depuis les dévastations bolcheviques.

Ce n’est plus vrai depuis que la cathédrale de la Théophanie a été reconstruite, et consacrée en septembre 2023.

Le 29 août, avec le métropolite et le gouverneur de Kostroma, et des centaines de fidèles, il y avait Viktor Tyryshkine, promoteur immobilier de Moscou, qui finance la reconstruction du kremlin de Kostroma comme il a déjà financé la restauration ou la construction de plusieurs églises. « Ce sera le premier kremlin de notre nouvelle ère, restauré à partir de zéro. Si Dieu le veut, nous achèverons ce magnifique kremlin sur les rives du grand fleuve russe, la Volga », a-t-il déclaré.

Fico et Poutine

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a rencontré Vladimir Poutine ce matin à Pékin. Il lui a dit notamment :

« Les médias vont probablement en rire, mais je vais commencer en racontant une histoire à propos d’une grenouille ou d’un crapaud. Parfois j’ai l’impression que nous autres, dans l’Union européenne, nous sommes comme ce crapaud assis au fond d’un puits et qui ne peut pas voir ce qu’il y a en haut. Mais le monde est très différent. Et quelquefois je suis très désappointé que l’UE – bien que j’aie un grand respect pour l’UE – ne soit pas capable de répondre aux mouvements dans le monde. Et je ne comprends pas certaines décisions de l’Union européenne. C’est pourquoi, je vais parler franchement à cette réunion, nous sommes très intéressés à standardiser les relations entre la République slovaque et la Fédération de Russie. Je voudrais proposer une réunion ou la réunion d’une commission conjointe aussi tôt que possible. Nous devons chercher des opportunités pour approfondir et étendre notre coopération. »

Puis il y a eu une rencontre du même type entre Poutine et le président serbe Aleksandar Vučić.