Poutine sur l’Arctique

Extrait du discours de Vladimir Poutine, lors d’une réunion qui vient de se dérouler à Mourmansk « sur le développement de la zone arctique et le corridor de transport arctique ».

Il est évident que le rôle et l’importance de l’Arctique pour la Russie et pour le monde entier ne cessent de croître. Mais malheureusement, la concurrence géopolitique, la lutte pour les positions dans cette région, s’intensifient également.

Il suffit de rappeler que tout le monde est au courant du projet d’annexion du Groenland par les États-Unis. Mais vous savez, c’est seulement à première vue que cela peut surprendre certaines personnes, et il est profondément erroné de croire qu’il s’agit d’un discours extravagant de la part de la nouvelle administration américaine. Il n’en est rien.

En fait, les États-Unis d’Amérique avaient déjà de tels projets dans les années 1860. À l’époque déjà, l’administration américaine avait envisagé la possibilité d’annexer le Groenland et l’Islande, mais cette idée n’avait pas été soutenue par le Congrès à l’époque.

D’ailleurs, permettez-moi de vous rappeler qu’en 1868, les journaux américains avaient ridiculisé l’achat de l’Alaska : cela fut qualifié de « folie », de « boîte à glaçons » et de « jardin des ours polaires d’Andrew Johnson », le président des États-Unis de l’époque. La proposition concernant le Groenland tomba donc à l’eau. Mais aujourd’hui, cette acquisition, je veux dire l’acquisition de l’Alaska, est probablement évaluée très différemment aux États-Unis même – ainsi que les activités du président Andrew Johnson.

Il n’y a donc rien de surprenant à ce qui se passe aujourd’hui. D’autant plus que cette histoire ne faisait que commencer, et qu’elle n’a cessé de se poursuivre. En 1910, par exemple, un accord tripartite d’échange de terres fut préparé entre les États-Unis, l’Allemagne et le Danemark. En conséquence, le Groenland aurait dû revenir aux États-Unis, mais l’accord est tombé à l’eau.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont installé des bases militaires au Groenland pour le protéger de la mainmise des nazis et, après la fin de la guerre, ils ont proposé de racheter l’île au Danemark, ce qui est très récent au regard de l’histoire mondiale.

En bref, il s’agit de projets sérieux de la part des États-Unis concernant le Groenland. Ces projets ont de longues racines historiques, comme je viens de le montrer, et il est clair que les États-Unis continueront à promouvoir systématiquement leurs intérêts géostratégiques, militaro-politiques et économiques dans l’Arctique.

Quant au Groenland, il s’agit d’une question qui concerne deux États spécifiques et qui n’a rien à voir avec nous. Mais en même temps, bien sûr, nous sommes préoccupés que par le fait que les pays de l’OTAN en général considèrent de plus en plus le Grand Nord comme un tremplin pour d’éventuels conflits et utilisent des troupes dans ces circonstances, y compris par leurs « nouvelles recrues » – la Finlande et la Suède – avec lesquelles, soit dit en passant, nous n’avions aucun problème jusqu’à il y a peu de temps. Ces problèmes sont créés de toute pièce. Pourquoi ? C’est absolument incompréhensible. Quoi qu’il en soit, nous partons de ce que nous avons et nous réagirons à tout cela.

J’insiste sur le fait que la Russie n’a jamais menacé qui que ce soit dans l’Arctique. Mais nous suivons de près l’évolution de la situation et mettons en place une ligne de réponse adéquate, en augmentant les capacités de combat des forces armées et en modernisant l’infrastructure militaire.

Nous n’accepterons pas qu’on empiète sur la souveraineté de notre pays et nous protégerons nos intérêts nationaux de manière efficace. En maintenant la paix et la stabilité dans le cercle arctique, nous assurerons le développement socio-économique à long terme de la région, améliorerons la qualité de vie des populations et préserverons l’environnement naturel unique.

Et plus nos positions seront fortes, plus les résultats obtenus seront significatifs, plus nous aurons d’opportunités de lancer des projets internationaux globaux dans l’Arctique avec la participation de pays amis, d’États amis, et peut-être même de pays occidentaux, s’ils manifestent bien sûr un intérêt pour un travail commun. Je suis sûr que le temps de ces projets viendra.

Lavrov sur Rutte

Propos de Sergueï Lavrov sur Mark Rutte, au cours d’une grande interview hier soir à la télévision russe. (La traduction intégrale en anglais de ses propos se trouve sur le site du ministère russe des Affaires étrangères).

Je voudrais dire quelques mots sur le Groenland. Une chose honteuse s’est produite. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré avant de rencontrer Trump à la Maison Blanche qu’il ne voulait pas que les Américains entraînent l’OTAN dans le débat sur le Groenland. Qu’est-ce que cela signifie ? Un homme chargé de protéger les intérêts des États membres (le Danemark, qui possède actuellement le Groenland, est membre de l’OTAN) et d’empêcher les atteintes à leur intégrité territoriale a déclaré qu’il ne se laisserait pas entraîner dans le débat malgré sa responsabilité. Dans le même temps, M. Rutte n’a aucun scrupule à déclarer son soutien indéfectible à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, qui n’est pas et ne sera jamais membre de l’OTAN. Il refuse de protéger l’intégrité territoriale du Danemark, mais il est prêt à défendre l’Ukraine. Il est ridicule et pathétique.

Les sanctions, ça marche

Le PIB nominal de la Russie a franchi pour la première fois la barre des 200.000 milliards de roubles en 2024 [2.205 milliards d’euros], après avoir presque doublé depuis 2020, a déclaré le Premier ministre Mikhaïl Michoustine devant le Parlement.

Il a ajouté que les investissements fixes ont augmenté de près de 7,5 % en un an.

La Russie est sous le coup de 28.595 sanctions (moins quelques-unes sur le plan financier, semble-t-il, après l’accord de Ryad).

Près de Koursk

Voici l’intérieur de l’église Saint-Dimitri de Kazatchya Loknya, au nord-est de Soudja, après que l’armée russe a libéré le village occupé pendant des mois par l’armée ukrainienne. On pourra voir davantage d’images de la dévastation sacrilège ici. Un soldat dit : « L’armée ukrainienne avait installé un camp ici. Ils vivaient ici, mangeaient, stockaient des provisions. On voit par terre des nouilles ukrainiennes, du boudin… et derrière eux il y avait les icônes des apôtres Paul et Jacques… » Un autre ajoute : « Ils n’ont pas la foi. Nous ne combattons pas seulement une armée, mais des démons. »

C’était un bref retour à la période soviétique, quand cette église servait d’entrepôt…

Et quelque part sur la route…

Verbatim

Deux communiqués de la Maison Blanche

Résultats des groupes d’experts des États-Unis et de la Russie sur la mer Noire à Riyad, en Arabie saoudite, du 23 au 25 mars 2025

Dans le prolongement des discussions au niveau présidentiel entre le président Donald J. Trump et le président Vladimir Poutine, les États-Unis ont facilité les pourparlers bilatéraux au niveau technique avec la délégation russe du 23 au 25 mars à Riyad, en Arabie saoudite. À la suite de ces discussions :

  • Les États-Unis et la Russie ont convenu d’assurer la sécurité de la navigation, d’éliminer le recours à la force et d’empêcher l’utilisation de navires commerciaux à des fins militaires en mer Noire.
  • Les États-Unis aideront la Russie à retrouver l’accès au marché mondial pour ses exportations agricoles et d’engrais, à réduire les coûts d’assurance maritime et à améliorer l’accès aux ports et aux systèmes de paiement pour ces transactions.
  • Les États-Unis et la Russie ont convenu d’élaborer des mesures pour mettre en œuvre l’accord conclu entre le président Trump et le président Poutine visant à interdire les frappes contre les installations énergétiques de la Russie et de l’Ukraine.
  • Les États-Unis et la Russie se félicitent des bons offices de pays tiers en vue de soutenir la mise en œuvre des accords énergétiques et maritimes.
  • Les États-Unis et la Russie continueront à œuvrer en faveur d’une paix durable.

Les États-Unis ont réitéré l’impératif du président Donald J. Trump selon lequel les tueries des deux côtés du conflit russo-ukrainien doivent cesser, ce qui constitue une étape nécessaire vers un règlement de paix durable. À cette fin, les États-Unis continueront à faciliter les négociations entre les deux parties afin de parvenir à une résolution pacifique, conformément aux accords conclus à Riyad.

Les États-Unis expriment leur gratitude au prince héritier Mohammed ben Salmane pour son leadership et son hospitalité en facilitant une fois de plus ces discussions importantes dans le Royaume d’Arabie saoudite.

Résultats des groupes d’experts des États-Unis et de l’Ukraine sur la mer Noire à Riyad, en Arabie saoudite, 23-25 mars 2025

Dans le prolongement des discussions au niveau présidentiel entre le président Donald J. Trump et le président Volodymyr Zelenskyy, les États-Unis ont facilité des pourparlers bilatéraux au niveau technique avec la délégation ukrainienne du 23 au 25 mars à Riyad, en Arabie saoudite. À l’issue de ces discussions :

  • Les États-Unis et l’Ukraine ont convenu d’assurer la sécurité de la navigation, d’éliminer le recours à la force et d’empêcher l’utilisation de navires commerciaux à des fins militaires en mer Noire.
  • Les États-Unis et l’Ukraine ont convenu que les États-Unis restent déterminés à contribuer à la réalisation de l’échange de prisonniers de guerre, à la libération des détenus civils et au retour des enfants ukrainiens transférés de force.
  • Les États-Unis et l’Ukraine ont convenu d’élaborer des mesures pour mettre en œuvre l’accord du président Trump et du président Zelensky visant à interdire les frappes contre les installations énergétiques de la Russie et de l’Ukraine.
  • Les États-Unis et l’Ukraine se félicitent des bons offices de pays tiers en vue de soutenir la mise en œuvre des accords énergétiques et maritimes.
  • Les États-Unis et l’Ukraine continueront d’œuvrer à l’instauration d’une paix durable.

Les États-Unis ont réitéré aux deux parties l’impératif du président Donald J. Trump de mettre fin aux tueries des deux côtés du conflit russo-ukrainien, comme étape nécessaire vers un règlement de paix durable. À cette fin, les États-Unis continueront de faciliter les négociations entre les deux parties afin de parvenir à un règlement pacifique, conformément aux accords conclus à Riyad.

Les États-Unis expriment leur gratitude au prince héritier Mohammed ben Salmane pour son leadership et son hospitalité en facilitant une fois de plus ces discussions importantes dans le Royaume d’Arabie saoudite.

*

Communiqué du Kremlin

1. Conformément à l’accord entre les présidents de la Russie et des États-Unis d’Amérique, les parties russe et américaine sont convenues d’assurer la mise en œuvre de l’initiative de la mer Noire, qui comprend la garantie de la sécurité de la navigation dans la mer Noire, le non-recours à la force et la prévention de l’utilisation de navires commerciaux à des fins militaires, avec l’organisation de mesures de contrôle appropriées par le biais de l’inspection de ces navires.

2. Les États-Unis contribueront à rétablir l’accès des exportations russes de produits agricoles et d’engrais au marché mondial, à réduire le coût de l’assurance maritime et à améliorer l’accès aux ports et aux systèmes de paiement pour ces transactions.

Note:

Les paragraphes 1 et 2 entreront en vigueur après :

La levée des sanctions imposées à la Rosselkhozbank et aux autres institutions financières impliquées dans les opérations de commerce international de denrées alimentaires (y compris les produits de la pêche) et d’engrais, leur connexion à SWIFT et l’ouverture des comptes de correspondants nécessaires ;

La levée des restrictions sur les transactions de financement du commerce ;

La levée des sanctions imposées aux producteurs et exportateurs de denrées alimentaires (y compris les produits de la pêche) et d’engrais, et la levée des restrictions imposées aux compagnies d’assurance traitant des cargaisons de denrées alimentaires (y compris les produits de la pêche) et d’engrais ;

La levée des restrictions sur les services portuaires et les sanctions sur les navires battant pavillon russe impliqués dans le commerce des denrées alimentaires (y compris les produits de la pêche) et des engrais ;

la levée des restrictions sur la fourniture de machines agricoles à la Fédération de Russie, ainsi que d’autres biens impliqués dans la production de denrées alimentaires (y compris les produits de la pêche) et d’engrais.

3. La Russie et les États-Unis sont convenus d’élaborer des mesures pour mettre en œuvre les accords des présidents des deux pays sur l’interdiction des frappes sur les installations énergétiques de la Russie et de l’Ukraine pour une période de 30 jours, à compter du 18 mars 2025, avec la possibilité de prolonger l’accord et de s’en retirer en cas de non-respect de l’accord par l’une des parties.

4. La Russie et les États-Unis se félicitent des bons offices des pays tiers visant à soutenir la mise en œuvre des accords dans les domaines énergétique et maritime.

5. Les États-Unis et la Russie continueront d’œuvrer à l’instauration d’une paix durable.