Maria Zakharova

Réaction de Maria Zakharova, hier, à l’un des propos de Mark Rutte qui faisait le paon hier dans le Bureau ovale devant Donald Trump :

Le secrétaire général de l’OTAN, Rutte : « Poutine n’a pas envoyé de personnes sérieuses aux négociations. Je me souviens comment vous, avec Marco Rubio et Steve Witkoff, avez réussi à lancer ces négociations à Istanbul. Je me souviens que j’étais moi-même en Turquie pour le compte de l’OTAN en mai, et nous avons vraiment fait pression sur les Ukrainiens pour qu’ils envoient une délégation sérieuse à Istanbul — et ils l’ont fait. Mais les Russes se sont présentés avec un certain historien qui s’est mis à expliquer l’histoire de la Russie depuis l’an 1250. »

Deux précisions concernant ce charabia :

1. Ce « certain historien » est Vladimir Rostislavovitch Medinski, spécialiste des relations internationales, universitaire et homme d’État. La « délégation ukrainienne sérieuse » était dirigée par Roustem Oumierov, ministre ukrainien de la Défense, qui n’a jamais servi dans l’armée et a passé la majeure partie de sa vie comme cadre dans une entreprise de télécommunications.

2. Sans connaissance du contexte historique, aucun problème ne peut être résolu, seulement aggravé. L’ignorance des responsables de l’OTAN a déjà fait de nombreuses victimes à travers le monde.

Puis, aujourd’hui,  Maria Zakharova a publié ces précisions :

Depuis hier, beaucoup se demandaient pourquoi Rutte s’était permis de s’exprimer de manière si désobligeante sur la profession d’historien. Il s’avère que lui-même, alors qu’il rêvait de devenir pianiste, a obtenu… une maîtrise d’histoire. Apparemment, dès qu’il est question d’histoire, il est pris de convulsions dues à sa frustration personnelle.

Selon ses propres dires, Rutte a été irrité par le fait que lors des négociations à Istanbul, les représentants de notre pays ont rappelé « l’histoire de la Russie depuis 1250 ». Il y a là matière à réflexion, en plus de ce qui a déjà été dit.

Le secrétaire général de l’OTAN n’a pas choisi le milieu du XIIIe siècle par hasard : il s’agit manifestement d’une douleur fantôme liée à des occasions manquées, qui ne disparaîtra jamais chez ces chiens de guerre. Pour nous, cette période est en grande partie un tournant.

Aujourd’hui, cela fait exactement 785 ans que la bataille de la Neva a eu lieu.

Sur la rivière Ijora, à son embouchure dans la Neva, l’armée russe, sous le commandement du jeune prince Alexandre Nevski de Novgorod (canonisé en 1547), a écrasé les envahisseurs suédois occidentaux qui avaient décidé de s’emparer des terres de la Russie.

Le plan de l’Occident était simple : affaiblie par une période de fragmentation féodale, la Russie, selon les estimations des Scandinaves et des Latins, ne pouvait rien opposer à la puissance de frappe de l’Occident — c’est alors que les Suédois ont été désignés pour jouer ce rôle pitoyable. Mais « l’Europe éclairée » s’est trompée.

Le prince Alexandre Ier Yaroslavitch agit avec détermination et détruisit rapidement et sans grande difficulté les troupes d’assaut suédoises et livoniennes sur la Neva.

Selon le « Récit de la vie et de la bravoure du bienheureux et grand prince Alexandre », avant la bataille, Alexandre Nevski reçut la bénédiction de l’archevêque Spiridon de Novgorod. Le prince prononça devant ses soldats un discours dont les phrases furent ensuite citées et répétées pendant des siècles par ses descendants :

« Frères ! Dieu n’est pas dans la puissance, mais dans la vérité ! Souvenons-nous des paroles du psalmiste : ceux-là sont armés, ceux-là sont à cheval, mais nous, nous invoquons le nom du Seigneur, notre Dieu… Nous ne craignons pas la multitude des guerriers, car Dieu est avec nous. »

Après avoir remporté la victoire sur les Suédois, les troupes russes ont stoppé leur avancée vers Ladoga et Novgorod, prévenant ainsi le danger d’une action coordonnée entre la Suède et l’Ordre teutonique. Le nord-ouest de la Russie était sauvé et libéré. Le prince Alexandre Nevski acheva son exploit militaire deux ans plus tard en battant les Allemands sur le lac Peïpous.

Mark Rutte n’a certainement pas évoqué le milieu du XIIIe siècle par hasard. Mais il semble qu’il ne se soit pas plongé suffisamment dans le sujet, car il a omis de mentionner comment cela s’est terminé. Vladimir Rostislavitch a donné une excellente conférence sur ce sujet. Qu’il l’étudie.

La fête de la famille russe

Le saint prince Pierre et la sainte princesse Febronia ont toujours été en Russie les saints patrons du mariage et de la famille, et leur fête, le 8 juillet, largement célébrée avant la révolution bolchevique. Elle est revenue après la chute de l’URSS, et en 2008, à l’instigation de la femme de Medvedev qui était alors président, c’est devenu officiellement le Jour de la famille, de l’amour et de la fidélité, un jour férié. Des défilés officiels, des processions, des kermesses sont organisées un peu partout par les nombreuses organisations de promotion de cette fête.

Cette année la participation a fait un bond : plus de 400.000 personnes selon les premières estimations, soit près du double de l’an dernier. Andrei Kormukhin, président du mouvement Famille, coordinateur des comités d’organisation, déclare :

« Le Défilé familial panrusse a eu lieu dans plus de 150 villes, avec plus de 400.000 participants, de Moscou à Saint-Pétersbourg, de Vladivostok à Kaliningrad, de Sotchi à Mourmansk, dans l’Oural, en Sibérie et dans la grande majorité des régions russes. Dans les régions frontalières, le défilé s’est déroulé dans des écoles, des jardins d’enfants, des centres culturels. Le succès de la Parade familiale a prouvé une vérité importante : pour notre société traditionnelle, la famille est une valeur bien plus importante que celles qui nous ont été imposées pendant de nombreuses années lorsque nous avons emprunté des idées à l’Occident. La Russie renaît, nos familles renaissent. Nous devons tous nous rappeler que chacun d’entre nous est le fruit de l’amour de deux cœurs et que nous n’existerions pas si nos pères et nos mères ne s’étaient pas rencontrés un jour. Aujourd’hui, alors que la Russie entre dans une nouvelle ère, il est temps d’abandonner les valeurs de l’individualisme et de l’épanouissement personnel et de revenir aux valeurs familiales traditionnelles telles que la maternité, l’enfance, les familles nombreuses et les foyers solides. Comme l’a déclaré notre président Vladimir Poutine le 3 juillet, il est temps de remettre la famille au goût du jour. »

La fabrique de la psychose

Emmanuel Macron, qui passe son temps à faire le tour des capitales pour alerter sur l’éminent et imminent risque russe, appeler à aider l’Ukraine, et demander un renforcement militaire de l’Europe, fait savoir qu’il prononcera dimanche, veille du 14 juillet, un discours « avec des annonces très importantes, pour tirer les conclusions de l’état des menaces ».

Le fantasme prend des proportions vraiment pathologiques.

Et pour renforcer encore la psychose, ou la tentative de provoquer la psychose (juste pour tenter de faire oublier les vrais et graves problèmes, dont ceux qui ont été provoqués par les sanctions psychotiques contre la Russie), il a envoyé le chef d’état-major des armées, le général Burkhard, faire une conférence de presse. Le chef de la grande muette parle, exceptionnellement, parce que les Français doivent savoir que la situation est exceptionnellement grave.

Voici quelques échantillons des délires du général Burckhard :

La Russie a désigné la France comme son premier adversaire en Europe.

La Russie possède tous les attributs d’un État totalitaire : une capacité de décision centralisée, un conditionnement de la population.

Il s’agit d’une menace durable proche et dimensionnante (sic). À l’horizon 2030, la Russie constituera une vraie menace à nos frontières.

L’objectif de Poutine est d’affaiblir l’Europe et démanteler l’OTAN.

La guerre est déjà là en Europe.

La Russie exsangue

Les sanctions, ça marche :

« Les réserves internationales de la Russie à la clôture des marchés le 4 juillet 2025 s’élevaient à 690,6 milliards de dollars, après avoir augmenté de 2,9 milliards de dollars, soit 0,4 %, au cours de la semaine, principalement sous l’effet d’une réévaluation positive. »

Les réserves internationales de la Russie sont des actifs étrangers hautement liquides détenus par la Banque de Russie et le gouvernement russe. Elles comprennent des devises étrangères, des droits de tirage spéciaux (DTS), une position de réserve au Fonds monétaire international et de l’or monétaire.

L’objectif de la Banque centrale pour les réserves internationales est de 500 milliards de dollars.

Le Danemark veille sur nous

La présidence tournante de l’Union européenne est assurée depuis hier par le Danemark. Le pays est représenté par son Premier ministre, Mette Frederiksen, qu’on n’hésite pas à surnommer « la dame de fer scandinave ». Nave, à coup sûr.

Mette Frederiksen était naguère eurosceptique. Mais elle est devenue pro-UE, à cause de Poutine, et maintenant de Trump qui veut lui piquer le Groenland. Donc elle a besoin de l’UE pour garder le Groenland, et pour contrer la menace russe, puisque si j’ai bien compris Poutine veut envahir le Danemark et que le pays, qui a tout de même donné 9,5 milliards d’euros à l’Ukraine, n’a que 9.000 soldats…

Mais attention. Le Danemark ne se laissera pas faire. Ce même 1er juillet est entrée en vigueur la conscription des femmes.

Afin d’aider le Danemark à faire face à « la situation sécuritaire actuelle » (sic), a expliqué le colonel Kenneth Strøm, responsable du programme de conscription, le service militaire est prolongé de quatre à onze mois, avec une augmentation de 40% des conscrits (soit… 6.500 en… 2033 !), et obligatoire aussi (tout de suite) pour les femmes qui devront être tirées au sort comme les hommes.

Poutine a tenu dans la nuit une réunion de crise, et a tiré les conséquences de cette nouvelle réalité ; il a décidé de capituler face au Danemark. La dame de fer scandinave a déjà gagné. L’UE respire.