A propos des câbles de la Baltique

Communiqué de Maria Zakharova.

Des nouvelles fantastiques nous parviennent de Suède.

Je pense que tout le monde a prêté attention à l’agitation médiatique suscitée par la rupture de deux câbles de communication au fond de la mer Baltique.

Les autorités allemandes et finlandaises ont réagi immédiatement et ont déclaré que le sabotage était susceptible d’avoir été effectué par « un État étranger dans le cadre de sa guerre hybride ». S’agirait-il des Etats-Unis d’Amérique ?

Les autorités suédoises, quant à elles, déclarent que l’enquête en cours est « hautement prioritaire » et s’abstiennent de tout commentaire. On pourrait se réjouir de la prudence des autorités suédoises, mais non. Les russophobes locaux « travaillent » pour elles, criant de toutes parts que la Russie est derrière l’endommagement des câbles de communication et la chose la plus admirable dans ces affabulations est qu’elle le fait avec l’aide de navires battant pavillon chinois.

Pensez-vous que les russophobes suédois sont seuls ? Non, bien sûr. L’artillerie lourde s’est mise en marche : l’édition allemande de Bild a publié un article dans lequel il est affirmé qu’un certain cargo chinois avec un capitaine russe est responsable de tout. Quel stratagème à multiples facettes ! La Russie et la Chine sont toutes deux responsables.

Ils ont également rappelé le cas d’il y a un an, lorsque le navire NewNew Polar Bear, immatriculé à Hong Kong, avait endommagé le gazoduc finno-allemand Balticconnector avec son ancre. À l’époque, ils avaient également cherché la « main de Moscou » dans cette affaire, mais ils n’ont rien trouvé (bien qu’ils aient oublié de le dire).

Nous espérons que l’hystérie russo-chinoise soulevée par ces russophobes professionnels s’apaisera et que l’enquête sera menée à son terme (contrairement à ce qui s’est passé avec Nord Stream).

Néanmoins, les esprits raisonnables (et il y en a encore en Occident, notamment en Suède) reconnaissent l’évidence. Ils écrivent que, compte tenu de l’activité maritime dans la Baltique, de tels incidents sont tout simplement inévitables. Il y en a plusieurs centaines (!) par an. Les raisons : facteur humain lors de l’ancrage du navire, utilisation inappropriée du chalut sous-marin ou usure banale de l’équipement.

Bien sûr, on peut chercher la « main de Moscou » dans tout, mais il reste la logique, les faits et les données objectives.

Les pays de l’UE et de l’OTAN doivent simplement investir des milliards non pas dans le régime terroriste de Kiev, mais dans leurs propres progrès scientifiques et technologiques. Ils seront alors en mesure d’éviter de nombreux problèmes, et il ne sera plus nécessaire de blâmer qui que ce soit pour tout.

Contre l’idéologie « Sans enfant par choix »

En Russie, le Conseil de la Fédération (équivalent du Sénat) a adopté par 162 voix contre 1 le projet de loi déjà adopté par les députés interdisant l’idéologie qui fait la promotion du mode de vie sans enfants.

Dans la foulée, le Conseil de la Fédération a adopté à l’unanimité le projet de loi interdisant l’adoption d’enfants russes par des ressortissants de pays autorisant le « réassignement de genre ».

Il ne manque plus que la signature de Poutine pour que ces deux lois entrent en vigueur. Ce qui ne saurait tarder.

Ursule à géométrie variable

Une fois de plus Poutine utilise l’énergie comme une arme.
Il tente de faire chanter l’Autriche et l’Europe en coupant les livraisons de gaz.
Nous y sommes préparés et sommes prêts pour l’hiver. Les stocks de gaz en Europe sont pleins.
Comme je l’ai dit à Karl Nehammer hier, l’Europe est unie dans son soutien à l’Autriche.

C’était un message d’Ursule samedi après-midi. De quoi s’agit-il ? D’un différend commercial entre le groupe russe Gazprom et le groupe autrichien OMV, qui a conduit Gazprom à décider d’arrêter les livraisons de gaz à l’Autriche (par l’Ukraine) à partir du 16 novembre. Ce qui était anticipé depuis longtemps par l’Autriche, dont les stocks sont pleins, et qui peut faire venir du gaz de l’Italie ou de l’Allemagne.

Bref, une non-information pour quiconque n’est pas directement impliqué dans le commerce du gaz. Mais Ursule en fait un acte de guerre de Poutine…

On pourra se rappeler ce que disait la même Ursule il y a deux ans :

Nous devons couper les revenus russes que Poutine utilise pour financer sa guerre atroce contre l’Ukraine.
Nous y sommes préparés.
Au début de la guerre, le gaz russe par pipeline représentait 40% de tout notre gaz importé. Aujourd’hui c’est seulement 9% de nos importations de gaz.

Ce qui est doublement amusant, ou plutôt grotesque, quand on sait que les pays de l’UE ont recommencé d’augmenter massivement leurs importations de gaz russe…

Le train de Ded Moroz

Ded Moroz, « Grand-Père Givre », et sa fille (ou petite-fille) Snégourotchka (fille de neige) habitent la ville de Veliki Oustiog (dans la région de Vologda). Dans les anciennes légendes, Ded Moroz était un sorcier cruel qui enlevait les enfants et rançonnait les parents. Il s’est considérablement adouci avec le christianisme puisque dans son sac il n’y plus les enfants enlevés mais des cadeaux pour les enfants. Il est devenu le Père Noël russe, au point malheureusement de ressembler au Père Noël, alors que traditionnellement son manteau est bleu (ou blanc).

Depuis quelques années, Ded Moroz fait un grand périple à travers la Russie, avec sa fille et son assistant, à bord de son train privé. Il est parti hier de Veliki Oustiog, pour un voyage de quelque 30.000 km.