Ubukraine

Une audience dans le procès visant à mettre fin aux activités de la métropole orthodoxe de Kiev devait avoir lieu aujourd’hui à la sixième cour d’appel de la capitale. Mais elle a été reportée sine die. Les pièces ont été transmises à la Cour de cassation et on ne sait pas quand elles seront retournées à la cour d’appel. (Parmi ces pièces plus de 7.000 demandes de fidèles estimant que l’interdiction de la métropole de Kiev violerait leurs droits de citoyens et de croyants.)

Rappelons que la 30 septembre l’audience n’avait pu avoir lieu parce que le juge était malade, et que le 30 octobre des questions de procédure avaient seulement été examinées.

Il est très fréquent que les audiences soient ainsi repoussées sans cesse dans les procès intentés aux évêques orthodoxes. Il semble que la justice ukrainienne renâcle à interdire l’Eglise.

Pourtant, la loi qui interdit l’Eglise orthodoxe ukrainienne et oblige ses entités à « couper leurs liens avec l’Eglise orthodoxe russe » dans les neuf mois a été votée le 17 août 2024 et promulguée par Zelensky le 24.

Lequel Zelensky avait promis que l’Eglise orthodoxe ukrainienne n’existerait plus à la fin de 2023…

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Ces atermoiements ne sont pas sans graves conséquences pour les évêques en « détention provisoire ». Celle du métropolite Arsène, abbé de Sviatogorsk, a été prolongée de trois mois supplémentaires, alors qu’il est gravement malade. Il est en prison depuis le 24 avril 2024. Depuis bientôt 20 mois. De façon évidemment illégale.

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Carte postale de 1916.

Le chef de l’Eglise du pouvoir ukrainien Serge Doumenko, dit « métropolite Epiphane », a présidé un office en la cathédrale de la Résurrection de Rivne pour célébrer son 130e anniversaire. Dans son sermon il n’a pas fait la moindre allusion au fait que c’est une cathédrale… russe.

Le tsar Alexandre III avait fait de Rivne (Rovno, en russe) sa résidence temporaire lors de grandes manœuvres dans la région. Le 30 août, jour de sa fête, il avait posé la première pierre de la cathédrale, qui fut consacrée en 1895. Une chapelle dédiée à saint Alexandre Nevski fut également consacrée, et une confrérie « Alexandre-Nicolas » fut créée en mémoire de la pose de la première pierre par le tsar Alexandre et le tsarévitch Nicolas. (L’église inférieure, dédiée à saint Michel, est toujours la cathédrale de l’Eglise orthodoxe ukrainienne.)

La dictature LGBT en France

Le gynécologue de Pau qui avait refusé d’examiner un jeune homme qui prétendait être une femme a été condamné pour outrage sexiste, mais relaxé pour discrimination.

Alors… le procureur a décidé de faire appel. Le gynécologue doit être condamné pour discrimination parce qu’il prétend ne soigner que les femmes.

Le procureur de Pau s’appelle Rodolphe Jarry. C’est sans doute pourquoi il tente d’écrire une suite à Ubu…

L’abeille et l’éléphant

Dans une longue interview où il répète « Nous sommes forts », le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur, explique comment l’Estonie va gagner la guerre contre la Russie qui va bientôt l’attaquer. Et il a cette phrase plus ridicule que poétique :

« Face à la Russie de Poutine, l’Estonie sera une petite abeille capable de paralyser un éléphant. »

Ces Baltes délirent de plus en plus. Les éléphants craignent les abeilles parce que s’ils marchent sur un essaim ils peuvent être gravement attaqués aux yeux. Mais il est évident qu’une seule abeille ne peut pas faire peur à un éléphant, encore moins le paralyser.

Mais il y a pire dans cette interview :

« Les personnes issues de familles russophones voient clairement les avantages de vivre en Estonie, dans une société libre, avec la possibilité de voyager librement et de nombreuses autres libertés. Je n’ai jamais vu aucune d’entre elles retourner en Russie — elles veulent toujours vivre dans une Europe libre. »

Depuis le 25 mars dernier les Russes résidant dans le pays depuis toujours n’ont plus le droit de vote. Décision prise une semaine après l’élection présidentielle russe, quand le ministre de la Justice de Lettonie avait prévenu que les citoyens russes qui participeraient à la présidentielle russe seraient incriminés pour soutien à un « pays agresseur », ce qui pourrait leur valoir la révocation de leur permis de séjour, ainsi qu’une amende ou jusqu’à six ans de prison.

Le site internet du gouvernement a supprimé ses pages en russe (plus de 30% de la population est russophone).

Le Parlement estonien a voté l’interdiction de l’Eglise orthodoxe après l’avoir obligée à changer de nom…

Il est interdit aux jeunes Estoniens de participer à tout événement en Russie. Ce qui empêche les jeunes de Narva (ville à 90% russophone) de s’inscrire dans les universités de Saint-Pétersbourg, ville plus proche que la capitale estonienne.

Bien sûr il est faux qu’aucune famille russophone ait quitté le pays pour la Russie. Le ministère russe faisait état de 87 demandes en août dernier. S’il n’y en a pas davantage c’est parce qu’il n’est pas facile de prendre la décision de quitter son pays et d’aller vers l’inconnu.

Surtout, quelque 3.000 enseignants ont été chassés de leur poste parce qu’ils enseignaient en russe à des enfants russophones, plusieurs dizaines de policiers ont été révoqués parce qu’ils avaient échoué à l’examen de langue estonienne alors qu’ils travaillaient dans des endroits russophones, et parmi les personnes expulsées du pays pour avoir échoué à l’examen il y avait une vieille femme quasiment aveugle…

Telle est la « société libre » de Hanno Pevkur, éphémère larbin de sa dictature.

La dictature LGBT en Australie

Une Australienne a été condamnée à verser 95.000 dollars australiens (54.000 €) à deux hommes soi-disant « femmes transgenres » pour diffamation parce qu’elle critiquait le fait que ces deux hommes jouent dans une équipe féminine de football. C’était en 2023. Elle disait avoir « beaucoup pleuré » parce que « deux footballeuses ont été hospitalisées pendant le week-end après avoir été forcées de jouer contre un homme s’appropriant la féminité ».

Selon le tribunal de Nouvelles-Galles du Sud, Kirralie Smith, militante de l’association « Australie binaire », « cherchait à susciter la peur (sic) chez le lecteur quant au fait que (Nicolas « Stéphanie ») Blanch, décrit comme un homme/un mâle/un mec joue dans une équipe féminine ». Même chose pour l’autre plaignant, Justin « Riley » Dennis.

« Stéphanie » Blanch et « Riley » Dennis.

Les deux hommes ont également exigé des excuses et déclaré que Binary Australia devait « élaborer une politique visant à éliminer la discrimination illégale et la diffamation des transgenres dans le cadre de toute action publique future », ce qui équivaut à lui interdire toute action.

La juge a donc exigé aussi que Kirralie Smith « publie une déclaration publique d’excuses » qui doit être affichée en haut de toutes ses pages sur les réseaux sociaux, et « s’abstienne de publier quoi que ce soit qui identifie le plaignant ou son équipe de football ».

Elle a écrit sur X :

Ma peine pour avoir été reconnue coupable de « diffamation » a été prononcée. En résumé, 95.000 dollars d’amende, qui doubleront si je ne paie pas dans les 28 jours. L’ordonnance stipule également que je dois présenter des excuses publiques. Je ferai appel de cette décision. Votre soutien, votre voix et votre action sont inestimables pour moi. Merci !

Il est décevant que le mot « femme » ait été redéfini pour inclure les hommes et que les mots « violence » et « diffamation » aient été appliqués au fait de dire la vérité sur des informations du domaine public. Les Australiens devraient être très préoccupés par leurs libertés. Les femmes ont été effectivement rayées de la loi et les tentatives de défense des politiques publiques sont étouffées au nom des sentiments de quelques-uns. Les hommes ne devraient jamais être autorisés à participer à des sports féminins.

Saint Damase

Alors que l’empereur d’Orient Valens est mort à la guerre sans héritier, l’empereur d’Occident Gratien (qui a 20 ans) lui donne pour successeur le général hispanique Théodose, qui a rétabli l’ordre avec brio dans cette partie de l’empire.

C’est le 19 janvier 379. Théodose s’installe à Thessalonique. Un an plus tard, alors qu’il n’est que catéchumène, il publie un édit au préfet de Constantinople, qu’il signe aussi des noms de Gratien et du co-empereur d’Occident Valentinien II. Ce texte, l’Edit de Thessalonique, impose comme règle pour tous les peuples de l’empire la foi « que le divin apôtre Pierre a transmise aux Romains et que suivent, de toute évidence, le pontife Damase et Pierre, l’évêque d’Alexandrie, homme d’une sainteté apostolique ».

Cette foi est celle de Nicée, que Théodose impose alors que l’hérésie arienne règne sur une bonne partie du monde chrétien. (Pierre d’Alexandrie a lui-même été chassé de son siège en 362 et s’est réfugié… à Rome, chez saint Damase), et que le paganisme est encore bien vivant. C’est le même Théodose qui convoquera en 381 le concile de Constantinople réaffirmant la foi de Nicée et complétant le Credo.

(Théodose s’installera à Milan en 388. En 390, en réaction au meurtre d’un officier dans une émeute, il ordonne le fameux massacre de Thessalonique qui fera dit-on 7.000 morts. Saint Ambroise l’exhorte alors à la pénitence : « Je t’écris non pour t’humilier, mais pour que les exemples des rois te poussent à effacer ce péché de ton règne. Tu l’effaceras en humiliant ton âme devant Dieu », et l’empereur s’y soumet humblement. La pénitence se terminera le jour de Noël.)

Voici le texte de l’Edit de Thessalonique.

Les empereurs Gratien, Valentinien II et Théodose Augustes. Édit au peuple de la ville de Constantinople.

Nous voulons que tous les peuples gouvernés par la juste mesure de Notre Clémence vivent dans la religion que le divin apôtre Pierre — comme le proclame cette même religion, introduite par lui et continuée jusqu’à nos jours — a transmise aux Romains et que suivent, de toute évidence, le pontife Damase et Pierre, l’évêque d’Alexandrie, homme d’une sainteté apostolique. Ainsi, selon la discipline apostolique et la doctrine évangélique, nous devons croire que le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont une seule Divinité, invoquée comme égale Majesté et Trinité bienveillante.

Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de chrétiens catholiques. Quant aux autres, nous considérons qu’ils encourent, par leur folie et leur égarement, l’infamie attachée aux doctrines hérétiques, que leurs petits groupes ne méritent pas le nom d’Églises et qu’ils seront frappés, d’abord par la vengeance divine, ensuite par un châtiment dont, en accord avec la décision céleste, nous prendrons l’initiative.

Donné le troisième jour avant les calendes de mars, à Thessalonique, sous le cinquième consulat de Gratien Auguste et le premier de Théodose Auguste.