Viktor Orban

Trois extraits du discours de Viktor Orban en ouverture de la session parlementaire hongroise.

Chers collègues, je dois également informer le Parlement que, dans un geste sans précédent dans l’histoire de notre pays, notre voisin oriental, l’Ukraine, qui est en guerre, a bloqué les livraisons de pétrole via l’oléoduc Amitié depuis le 27 janvier. Je signale à la Chambre que le gouvernement a examiné la situation et conclu qu’il n’y avait aucun obstacle technique à la reprise des livraisons. C’est à l’Ukraine de décider de redémarrer ou non l’oléoduc. Il est de plus en plus évident qu’il s’agit là d’un chantage politique pur et simple. Il est bien connu que les relations diplomatiques entre la Hongrie et l’Ukraine ont atteint un point bas. Les Ukrainiens exigent que la Hongrie se désengage de l’énergie russe, donne de l’argent à l’Ukraine et soutienne l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. De plus, les Ukrainiens menacent ouvertement le gouvernement hongrois et ses dirigeants. J’informe la Chambre que le gouvernement national ne cédera à aucun chantage.

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L’article 222 du traité sur l’Union européenne oblige l’Union européenne à venir en aide à un État membre qui a subi des dommages causés par un tiers. Bruxelles devrait être tenue de se ranger du côté de la Hongrie, mais ce n’est pas le cas. Les faits montrent que Bruxelles s’est rangée du côté de l’Ukraine, qui n’est pas membre de l’UE, plutôt que du côté de la Hongrie. Chers collègues, il est bien connu que la Hongrie et Bruxelles ont des points de vue opposés sur la guerre, sur le financement de l’Ukraine et sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Pourtant, dans la situation actuelle, Bruxelles doit représenter les intérêts de la Hongrie. Le fait qu’elle ne le fasse pas constitue une violation grave du traité au détriment de la Hongrie.

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Le gouvernement a également décidé de réagir. En accord avec la Slovaquie, nous avons arrêté les livraisons de diesel à l’Ukraine. En outre, le gouvernement a opposé son veto au versement de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, qui avait été accordé sans la participation de la Hongrie et sans aucune charge pour nous. Et le gouvernement a décidé d’opposer son veto au 20e paquet de sanctions qui était sur le point d’être adopté à Bruxelles. Aujourd’hui, à Bruxelles, nous avons annoncé que tant que l’Ukraine n’autorisera pas le pétrole russe à entrer en Hongrie, nous bloquerons toute décision pro-ukrainienne à Bruxelles.

L’Ukraine fait capoter le 20e paquet et le prêt de 90 milliards

Les 27 n’ont pas pu entériner le 20e paquet de sanctions contre la Russie, qui devait marquer l’anniversaire de la guerre en Ukraine.

Le « prêt » de 90 milliards n’a pas été non plus validé.

Le premier responsable est l’Ukraine, qui a fermé l’oléoduc alimentant la Hongrie et la Slovaquie en pétrole russe.

Le second responsable est la Commission européenne, qui non seulement n’a rien dit contre cette mauvaise action contre deux Etats membres de l’UE, mais a osé dire explicitement hier que si la Commission était en contact avec l’Ukraine sur ce sujet, ce n’était absolument pas pour faire pression sur ce pays.

La Commission ne fait pression que sur les victimes, et les victimes se rebiffent : la Hongrie a opposé son veto aux deux mesures qui devaient célébrer l’anniversaire du soutien sans condition et sans limite de l’UE à l’Ukraine.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto a déclaré aux journalistes hongrois :

« J’ai clairement indiqué que nous ne soutiendrions pas un prêt militaire de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, car les Ukrainiens nous font chanter. Ils se sont entendus avec Bruxelles et ont uni leurs efforts à ceux de l’opposition hongroise pour mettre en péril la sécurité du secteur énergétique hongrois et la sécurité de la Hongrie dans son ensemble. Telle est notre position actuelle. C’est pourquoi il n’y a eu ni paquet de sanctions ni prêt ukrainien aujourd’hui. Nous avons clairement indiqué que notre position sur cette question ne pourra être révisée qu’après la reprise des livraisons de pétrole à la Hongrie par les Ukrainiens. »

Quant aux Slovaques ils mettent leur menace à exécution : ils suspendent leurs livraisons d’urgence d’électricité à l’Ukraine. « Nous sommes contraints de prendre une première mesure de réciprocité contre l’Ukraine ; elle sera levée après la reprise du transit pétrolier vers la Slovaquie », a déclaré Robert Fico.

Extension du slogan nazi

La Banque centrale ukrainienne annonce que le 25 février sortira le nouveau billet de 200 hrynias. C’est le même qu’avant, mais avec en prime au verso le slogan nazi « Gloire à l’Ukraine ! aux héros la gloire ! ».

Ce slogan est celui qui avait été défini au congrès de l’organisation de Bandera, à Cracovie sous la botte nazie, en avril 1941. Celui qui salue lance « Gloire à l’Ukraine ! » en tendant le bras droit. Ceux qui répondent disent : « Aux héros la gloire ! » en tendant le bras droit.

Les billets de 50, 500 et 1.000 hrynias avaient été modifiés en ce sens en août 2024, celui de 20 hrynias en août dernier. Il ne reste plus que celui de 100 hrynias à orner du slogan.

Sur les banderoles, on ajoutait « Gloire à Hitler ». Mais il semble que ce soit obsolète.