Y en a marre de la strèmdroâte

Ce matin les gazettes avaient préparé leurs plus beaux papiers sur le premier jour du nouveau chancelier allemand, le sémillant Führer Merz, dont le gouvernement au complet a été annoncé hier, et qui allait démarrer sur les chapeaux de roue…

Et patatras. Son élection, qui ne devait être qu’une formalité, annoncée comme évidente à 9h ce matin… n’a pas eu lieu. Il lui a manqué six voix pour être chancelier. Une première dans l’histoire de la république fédérale.

Pourtant la droite et la gauche s’étaient mises d’accord pour un programme de gouvernement, afin d’empêcher la strèmdroâte d’arriver au pouvoir. Mais voilà. Il y a eu des députés trouble-fête qui n’étaient pas de strèmdroâte mais qui ont quand même empêcher la démocratie de s’exprimer dans le sens de l’eurodictature obligatoire.

Bref, la bourse a dévissé, et il va falloir recommencer le vote. Et puis voilà la strèmdroâte qui en profite pour réclamer de nouvelles élections, puisqu’elle est numéro 1 dans les sondages. Et puis quoi encore…

De toute façon Merz va être élu. Dès aujourd’hui sans doute. Mais ce ne sera pas en fanfare…

Addendum

Il a obtenu une majorité de 325 voix (grâce à la strèmgôche !) contre 289 lors du second tour inédit, qui laissera des traces…

De la férie

Antienne de Benedictus :

Eúntes in mundum, * docéte omnes gentes, baptizántes eos in nómine Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti, allelúia.

Allez par le monde * et enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, alléluia.

Antienne de Magnificat :

Mercenárius autem, * cujus non sunt oves própriæ, videt lupum veniéntem, et dimíttit oves, et fugit, et lupus rapit, et dispérgit oves, allelúia.

Mais le mercenaire, * celui dont les brebis ne sont pas le bien propre, voyant le loup venir, laisse là les brebis et s’enfuit ; et le loup ravit et disperse les brebis, alléluia.

*

Dans la liturgie byzantine, dimanche dernier était celui des myrophores. On continue de les célébrer toute la semaine, et avec elles Joseph d’Arimathie, comme dans cette hymne des vêpres de ce soir, reprise d’un chant des vêpres de dimanche.

ᾘτήσατο Ἰωσὴφ τὸ Σῶμα τοῦ Ἰησοῦ, καὶ ἀπέθετο ἐν τῷ καινῷ αὐτοῦ μνημείῳ· ἔδει γὰρ αὐτὸν ἐκ τάφου, ὡς ἐκ παστάδος προελθεῖν, ὁ συντρίψας κράτος θανάτου, καὶ ἀνοίξας πύλας Παραδείσου ἀνθρώποις, δόξα σοι.

Joseph réclama ton corps immaculé * et dans un sépulcre neuf le déposa : * comme d’une chambre nuptiale tu devais sortir du tombeau ; * ô Christ qui as brisé l’empire de la mort * pour ouvrir aux hommes les portes du Paradis, * gloire à toi, Seigneur Jésus.

Roumanie : le rempart s’effondre

Le Premier ministre roumain Marcel Ciolacu démissionne et demande aux autres membres du gouvernement de faire de même.

Il était le Premier ministre de la coalition constituée ouvertement pour faire « rempart » à la strèmedroate, à savoir le parti AUR de Simion arrivé deuxième aux législatives avec 63 députés, flanqué de deux autres partis de strèmedroate qui ont 52 députés.

La coalition de Ciolacu avait réussi à se mettre d’accord sur un candidat unique pour la présidentielle, mais c’est celui qui est arrivé troisième et qui est éliminé…

La chapelle de Poutine

Dans le cadre d’un documentaire de Pavel Zaroubine pour la première chaîne de télévision russe, intitulé « Moscou, Kremlin, Poutine, 25 ans », diffusé hier, Vladimir Poutine montre pour la première fois son appartement privé au Kremlin. Avec, très brièvement, sa chapelle (son « église de maison », comme ils disent) – qui n’est évidemment pas un héritage soviétique…

Le documentaire se termine, sans doute de par la volonté expresse de Poutine, par un signe de croix après les mots du patriarche Cyrille :

« Que Dieu vous aide et vous permette de continuer à accomplir la mission que Dieu vous a confiée avec amour pour la patrie. Nous continuerons à prier pour que le Seigneur vous aide à diriger la grande et sainte patrie russe. »

En bref, les derniers mots « sainte patrie russe », le dernier geste un signe de croix, la dernière image le drapeau de la Russie avec saint Georges.

« L’école de Paris » à Moscou

Malgré la russophobie ambiante, un colloque s’est tenu à Saint-Pétersourg les 29 et 30 avril pour célébrer le centenaire de l’Institut Saint-Serge de Paris, fondé par des exilés russes et devenu l’un des principaux centres théologiques orthodoxes du XXe siècle.

Le colloque s’est tenu à la Maison de l’émigration russe Alexandre Soljenitsyne et à l’Institut Saint-Philarète, réunissant des chercheurs de Russie, de France, d’Italie, de Hongrie et d’Écosse.

L’Académie de théologie de Saint-Pétersbourg était représentée par son vice-recteur l’archiprêtre Constantin Kostromine, qui a lu le message du recteur Mgr Silouane et a prononcé une conférence intitulée « Le sacerdoce royal et disciplina arcani : deux théologies liturgiques dans la tradition théologique russe ».

Parmi les autres participants de la première journée, l’archiprêtre Paul Khondzinski, doyen de la faculté de théologie de l’Université orthodoxe Saint-Tikhon, Youlia Balakchina, professeur de l’Institut Saint-Philarète et de l’Université pédagogique d’État A. I. Herzen, Piotr Mikhaïlov, professeur de la chaire de théologie systématique et de patrologie de l’Université Saint-Tikhon, Dmitri Gasak, premier vice-recteur de l’Institut Saint-Philarète et président de la Fraternité de la Transfiguration… Ainsi que Tatiana Viktorova, rédactrice en chef du « Messager du mouvement chrétien russe » à Paris.

La séance plénière du 30 avril a été animée par André Kostrioukov, professeur de la chaire d’histoire générale et russe de l’Église et de droit canonique de l’Université Saint-Tikhon, Ilya Soloviev, professeur associé de l’École doctorale Saints Cyrille et Méthode, enseignant au séminaire théologique Nicolas-Ougrechski, président de la Société des amateurs d’histoire ecclésiale, Andreï Teslia, directeur scientifique du Centre de recherche sur la pensée russe de l’Université fédérale de la Baltique Emmanuel Kant, Constantin Obozny, doyen de la faculté d’histoire de l’Institut Saint-Philarète…

Il y avait aussi Svetlana Zvereva, docteur en histoire de l’art, chercheuse principale à l’Institut d’État d’histoire de l’art, conférencière au Conservatoire royal d’Écosse, et Adriano dell’Asta, professeur de l’Université catholique de Milan.

La conférence s’est achevée par un office des défunts pour les fondateurs et professeurs défunts de l’Institut Saint-Serge et une table ronde intitulée « Une nouvelle image de l’école chrétienne : l’héritage de l’Institut Saint-Serge en Russie et dans le monde ».