Ubukraine

La municipalité de Kiev indique que « dans le but de préserver la mémoire nationale ukrainienne, de consolider et de former la conscience historique des habitants de la ville de Kiev et de célébrer et honorer comme il se doit les dates commémoratives et les anniversaires », la ville a décidé de célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la « réserve historique et culturelle nationale Laure de Kiev ».

A savoir la transformation du plus grand monastère ukrainien en « musée » par les Soviétiques en 1926.

La présidente de la commission permanente de la culture, du tourisme et des communications publiques, Viktoria Moukha, a déclaré qu’elle attendrait « avec une émotion particulière » la célébration de l’anniversaire de la création de la réserve par les bolcheviques. « Il s’agit de qui nous sommes, du prix que nous avons payé pour notre liberté et de la raison pour laquelle la lutte d’aujourd’hui est la continuation de celle de nos ancêtres. » Sic.

Les célébrations auront lieu le 29 septembre. Ce jour-là, en 1926, le Comité exécutif central panukrainien et le Conseil des commissaires du peuple de l’URSS avaient adopté une résolution sur « la reconnaissance de l’ancienne Laure des Grottes de Kiev comme réserve historique et culturelle d’État et sa transformation en musée national ukrainien ».

On ne sait pas si pour l’occasion on remettra à l’entrée l’inscription « Les moines ennemis sanglants de la classe ouvrière »…

L’île

La Russie célèbre le 20e anniversaire du film « L’île », de Pavel Lounguine, en le programmant de nouveau dans les salles. Les salles russes, évidemment : chez nous on ne peut que boycotter.

Ce film est un chef-d’œuvre absolu. L’un des plus grands films de l’histoire du cinéma, et sans doute le plus grand du point de vue spirituel (peut-être le plus profondément russe aussi). C’est pourquoi je donne ci-après une traduction de l’article du magazine Art Moscovia.

Le film le plus mystérieux et sincère du réalisateur Pavel Lounguine, « L’Île », sort à nouveau en salles. Un film russe unique, où la mystique se mêle à la réalité, et où le symbolisme profond côtoie l’humour léger. Aujourd’hui, ce film, qui aide à trouver la force et l’espoir malgré les circonstances, invite à nouveau les spectateurs à un dialogue intérieur et intergénérationnel.

Cette année, « L’Île » fête son 20e anniversaire et revient sur les grands écrans. La distribution est assurée par la société de distribution cinématographique K24. Production : « Studio Pavel Lounguine » pour le compte de la chaîne de télévision Rossiya.

La première du film a eu lieu en 2006 lors de l’ouverture du 17e festival du film Kinotavr. « L’Île » est le premier film russe de l’histoire à avoir été projeté en clôture du Festival de Venise. En 2007, « L’Île » a remporté 6 prix « Aigle d’or » et 6 prix « Nika », notamment dans les catégories « Meilleur film », « Meilleur réalisateur », « Meilleur acteur », « Meilleur directeur de la photographie » et autres.

Le rôle principal du père Anatoly a été joué par l’acteur et musicien culte Piotr Mamonov, qui a brillamment, avec une précision quasi documentaire, révélé la transformation du héros sur le chemin du pardon. Le personnage de Mamonov s’est avéré extrêmement convaincant non seulement grâce au professionnalisme et à l’authenticité de l’acteur, mais aussi grâce à certains faits concordants de sa biographie : dans sa jeunesse, Piotr travaillait comme chauffeur dans une chaufferie, et à un âge plus mûr, il s’est consciemment converti au christianisme orthodoxe.

Pavel Lounguine : « J’ai tout de suite “vu” Mamonov. Je connais Petia depuis de nombreuses années, j’ai vu tous ses spectacles solo au théâtre, je sais quel chemin il a parcouru. Vous comprenez, il a toujours eu quelque chose d’un fou. Mamonov ne jouait pas tant le rôle du père Anatoly que son propre rôle. Lorsque nous avons filmé la prière, c’était un moment extrêmement intime. Ce n’était pas du jeu : Piotr priait comme il prie tous les jours. Je n’ai encore jamais rien vu de tel au cinéma. » (Moskovsky Komsomolets, 2006)

Viktor Soukhoroukov interprète le rôle du père Filaret, un abbé naïf et lumineux comme un enfant : « Pour moi, la scène centrale était celle de la chaufferie, où le personnage principal du film, le père Anatoly, met mon personnage à l’épreuve avec le feu et la fumée… Il semble forcer le père Filaret à sortir de son inconscience. Pour moi, le drame du père Filaret réside dans son profond égarement : il croit avoir déjà conclu un accord avec Dieu et réservé sa place au paradis. En réalité, il s’avère que notre foi ne se limite pas à la lecture de l’Évangile. Elle ne se limite pas aux veillées et aux jeûnes. Il y a autre chose. » (Gazette russe, 2006)

Le rôle brillant, profond et presque comique du carriériste de l’Église a été confié à Dmitri Dioujev, révélant de nouvelles facettes de son talent d’acteur : « Avec ce film, Pavel Lounguine a voulu poser des questions sur la foi, sur le miracle — comment le comprenez-vous, en quoi croyez-vous et dans quoi voyez-vous un véritable miracle ? Et non seulement pour les spectateurs, mais aussi pour les acteurs, ce film est avant tout devenu un voyage spirituel, une expérience spirituelle. Et nous avons été sincères dans ce voyage. C’est peut-être pour cela qu’un miracle s’est produit avec le film lui-même, qui, sans aucun espoir de popularité, sans aucun espoir d’être compris, a soudainement suscité un tel écho après sa sortie que tout le monde en a parlé. » (Pravoslavie.ru, 2006)

Le travail époustouflant du caméraman Andreï Jegalov plonge le spectateur dans un monde méditatif, presque féérique, le fascine par la beauté majestueuse et ascétique de la nature nordique et capture les émotions les plus subtiles et les plus nobles sur les visages des acteurs. La bande originale minimaliste et réfléchie du compositeur Vladimir Martynov est considérée, de l’avis général des critiques et des spectateurs, comme la meilleure et la plus puissante des dernières années.

Vendredi de la sexagésime

La lecture des matines donne la généalogie de deux des fils de Noé, puis raconte l’épisode de la tour de Babel :

Ils s’entre-dirent encore : Venez, faisons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel ; et rendons notre nom célèbre avant que nous nous dispersions en toute la terre. Or le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les enfants d’Adam. Et Il dit : Ils ne font tous maintenant qu’un peuple, et ils ont tous le même langage ; et, ayant commencé à faire cet ouvrage, ils ne quitteront point leur dessein qu’ils ne l’aient achevé entièrement. Venez donc, descendons en ce lieu, et confondons tellement leur langage, qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres. C’est en cette manière que le Seigneur les dispersa de ce lieu dans tous les pays du monde, et qu’ils cessèrent de bâtir la ville.

Lucas van Valckenborgh, 1594, Le Louvre.

L’histoire de la tour de Babel n’est pas seulement le mythe qui expliquerait la multiplicité des langues de la terre. C’est un écho du péché originel. C’est le « péché originel » d’après le Déluge, mais il n’est pas originel puisqu’il est une conséquence de celui de l’origine. Les hommes veulent monter jusqu’à la porte du ciel (Bab El) par leurs propres forces et pour leur propre gloire. On verra cela dans toute l’histoire de l’humanité : c’est l’orgueil de l’homme (« Rendons notre nom célèbre ») qui croit pouvoir se sauver tout seul et croit ne pas avoir besoin d’un Dieu sauveur, ou de son Eglise. Le résultat est qu’il régresse à un niveau inférieur à celui où il se trouvait au départ. Au lieu de porter l’unité à son sommet, il se disperse et s’enlise dans la multiplicité de la création, et dans l’incommunicabilité, image de l’enfer.

Bravo Geadis Geadi

Dénoncez vos voisins : la militante de la culture de mort Valérie Hayer (pitoyable présidente du groupe macroniste) dénonce la présence d’une affiche pro vie au Parlement européen, exige qu’elle soit retirée et que les responsables soient sanctionnés…

« C’est une vie, pas un choix. »

L’affiche est signée Geadis Geadi, député européen de Chypre. Il est l’unique élu du Front populaire national, et au Parlement européen il fait partie du groupe ECR (Conservateurs et réformistes européens) qui est donc également responsable de l’affiche. (Ce groupe, qui était celui des conservateurs britanniques avant le Brexit, est surtout aujourd’hui celui des Frères d’Italie et du PïS polonais. Le président du groupe est actuellement le Polonais Patryk Jaki.)

Cette affiche répond modestement à celle de la gauche, en décembre dernier (Mon corps, ma voix, mon choix), dont personne n’avait demandé le retrait.

L’Européen de l’année

Non, ce n’est pas une blague. Le prix de l’Européen de l’année a été remis à Thierry Breton hier soir, lors de la 34e cérémonie des Prix du Trombinoscope.

Le premier trophée de la soirée a été remis à Yaël Braun-Pivet. Il y avait de nombreux autres prix, dont celui du député de l’année, remis à Olivier Faure, de ministre de l’année, remis à Amélie de Montchalin, « la femme qui compte » (ah ah ah), de la personnalité politique de l’année, remis (par Christophe Barbier, président du jury) à Sébastien Lecornu… Et de la « révélation politique de l’année », qui est allé à Sarah Knafo (quelle audace !)…