La persécution en Ukraine

La police a jeté à la rue, dans la neige, ce matin, les religieuses du monastère Saint-Nicolas de Batouryn dans la région de Tchernigov. Car le monastère fait partie de la « Réserve historique et culturelle » de la « capitale de l’Hetmanat », et le contrat d’utilisation des locaux, tacitement renouvelable, courait jusqu’au 26 janvier.

Il n’y a eu aucune décision judiciaire, simplement le couperet du bail. La directrice de la réserve est donc venue avec une escouade de policiers qui ont expulsé les moniales, lesquelles n’ont pas d’autre domicile reconnu que leurs cellules. Le bâtiment et l’église ont été fermés à clé.

Des photos attestent que le monastère et son église étaient des ruines quand ils ont été confiés à l’Eglise orthodoxe ukrainienne qui a soigneusement tout restauré.

Selon l’avocat de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, la décision de la directrice de la réserve et l’action des policiers tombent sous le coup de deux articles du code pénal (abus de pouvoir et abus de fonction).

Pourquoi l’OTAN ?

Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, s’exprimait hier au Parlement européen devant la commission des Affaires étrangères et la commission sur la Sécurité et la Défense. C’était essentiellement pour parler de l’Ukraine. Pour dire que « l’OTAN continue d’apporter son soutien militaire » à coups de « milliards de dollars », ce qui est « absolument vital pour permettre à l’Ukraine de poursuivre le combat », que « l’OTAN et l’UE travaillent désormais main dans la main, tant à Bruxelles qu’à Kiev, pour aider l’Ukraine », et qu’il faut « d’abord rester focalisé sur les besoins de l’Ukraine ».

J’avoue que jusqu’ici je n’avais guère prêté attention aux discours des secrétaires de l’OTAN, et que je me réveille un peu tard. Mais tout à coup je me dis : mais que vient faire l’OTAN dans cette affaire ? L’OTAN est une organisation de défense des pays qui en font partie. L’Ukraine ne fait pas partie de l’OTAN. Pourquoi l’OTAN s’occupe-t-elle de l’Ukraine au point d’inciter ses membres européens à jeter toujours davantage de milliards dans ce trou sans fond ? A « d’abord rester focalisés sur les besoins de l’Ukraine » ?

Est-ce qu’il y a un texte officiel de l’OTAN qui explique pourquoi l’OTAN défend un pays qui ne fait pas partie de l’alliance ? Je crois bien que non. Je suis même sûr que non. Car s’il existait l’OTAN serait en tant que telle en Ukraine, et non par membres interposés. Donc le propos de Mark Rutte est illégitime, et ceux qui l’applaudissent et lui obéissent le sont tout autant.

La rupture (vécue) du P. Luykx

J’ai déjà évoqué trois fois (1, 2, 3) le livre du P. Luykx sur le concile Vatican II, plus précisément sur la « réforme liturgique » telle qu’il l’a vécue. Le P. Luykx a participé personnellement au concile de 1959 à 1975. Repéré par Jean XXIII en raison de ses travaux au sein du « Mouvement liturgique », il a fait partie des instances qui ont préparé le concile, il a été l’expert d’un des pères du concile, il a personnellement rédigé quatre articles de la constitution conciliaire sur la liturgie, et il a fait partie du Consilium chargé de mettre en œuvre les décisions du concile. Sa conclusion est que la réforme liturgique promulguée par Paul VI a été une trahison de la constitution conciliaire et une trahison du Mouvement liturgique, une démolition de la liturgie latine et de la tradition liturgique de l’Eglise latine.

La rupture selon lui se produit donc après le concile, dans les commissions censées appliquer les demandes du concile, et qui ont fabriqué une néo-liturgie artificielle et illégitime. Cette position est contraire à celle qui a cours le plus souvent dans les milieux traditionalistes (où l’on dit que le concile est responsable en tant que tel de la révolution dans l’Eglise, et que sur le plan liturgique cette révolution a été voulue par les militants du Mouvement liturgique), mais elle ne peut être balayée d’un revers de main. En outre elle est un argument de poids pour les défenseurs de la liturgie traditionnelle.

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