Sainte Rose de Lima

Gregorio Vásquez, 1680.

Extrait d’une lettre de sainte Rose.

Le Seigneur notre Sauveur éleva la voix et dit, avec une incomparable majesté : « Tous doivent savoir qu’après l’épreuve vient la grâce; tous doivent connaître que, sans le poids des afflictions, on ne peut parvenir au sommet de la grâce ; tous doivent comprendre que la mesure des charismes augmente avec l’accroissement des peines. Les hommes doivent se garder d’errer ou de se tromper. C’est la seule véritable échelle du paradis, et hors de la croix on ne trouve pas de chemin pour monter au ciel. » Lorsque j’entendis ces paroles, un élan très fort m’emporta, comme pour me faire venir au milieu de la rue, afin que je dise, avec de grands cris, à tous les gens de tout âge, sexe et condition : « Écoutez, peuples, écoutez, tout le monde. Sur l’ordre du Christ, en employant les paroles orties de sa bouche, je vous en avertis : nous ne pouvons acquérir la grâce si nous ne souffrons pas d’afflictions; il faut que les peines s’accumulent les unes sur les autres pour obtenir de participer intimement à la nature divine, à la gloire des fils de Dieu, à la parfaite félicité de l’âme. »

Le même aiguillon me poussait à prêcher la beauté de la grâce divine ; j’en étais prise d’angoisse et cela me faisait inspirer et haleter. Il me semblait que mon âme ne pouvait plus rester enfermée dans la prison du corps, mais qu’elle devait, après avoir rompu ses liens, s’en aller dans le monde entier, avec une agilité sans entrave, parfaite, et toujours plus grande, en disant : « Si les mortels pouvaient connaître l’importance de la grâce divine, combien elle est belle, noble et précieuse ; combien de richesses elle recèle, combien de trésors, d’allégresse et de délices ! Sans aucun doute ils s’appliqueraient, de toute leur activité et de tous leurs soins, à se procurer peines et afflictions ! Tous, à travers le monde, rechercheraient, au lieu de richesses, ennuis, maladies et tourments, pour acquérir l’inestimable trésor de la grâce. C’est là le butin et le profit ultime de la patience. Personne ne se plaindrait de la croix ni des peines qui pourraient advenir, si l’on connaissait la balance où elles sont pesées pour la rétribution des hommes. »


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Une réflexion sur “Sainte Rose de Lima

  1. C’est aussi le septantième anniversaire du rappel à Dieu du vénéré (et même bienheureux) cardinal Alfred Ildefonse Schuster, abbé bénédictin puis archevêque de Milan, souvent cité ici.

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