A en croire l’information officielle occidentale, le parti géorgien au pouvoir a remporté les élections législatives face à la « coalition pro-occidentale » par 54% des voix contre 37%, grâce à une fraude massive unanimement dénoncée par tout l’Occident, en tête les roquets russophobissimes de l’Europe du Nord. Et par la présidente (française) du pays qui appelle à refuser l’élection et à manifester contre son gouvernement…

Mais si l’on regarde les résultats, on ne voit pas cette « coalition » qui aurait fait 37%. On voit une « coalition pour le changement », de trois partis, qui a fait 11% des voix, une coalition « Géorgie forte », de quatre partis, qui a fait 9%, une coalition Girchi, de quatre partis, qui a fait 3%, une alliance des patriotes, de trois partis et divers groupuscules, qui a fait 2%. A laquelle de ces « coalitions » a-t-on donc « volé » l’élection ?
Est-il permis de rappeler qu’il y avait plus de 1.700 observateurs des organisations internationales et plus de 23.000 observateurs d’organisations locales de surveillance de la démocratie, et plus de 2.800 journalistes étrangers ? Et que l’OSCE n’a rien vu d’irrégulier, en dehors de ce bureau de vote où des militants de la « coalition pro-occidentale » bourraient les urnes, et d’un autre bureau devant lequel il y eut une bagarre ?
Le délire ubuesque de l’Occident est à son comble quand on sait qu’il n’y a pas de relations diplomatiques entre la Russie et le régime géorgien que les valets de Washington osent qualifier de « marionnette de Moscou » (il n’y a plus de relations entre les deux pays depuis… 2008), et qu’on entend le Premier ministre rappeler aussitôt après les élections que « notre principale priorité en matière de politique étrangère est, naturellement, l’intégration européenne », ce qui à vrai dire apparaît quelque peu surréaliste après les événements de ces derniers mois.
Viktor Orban, Premier ministre de la Hongrie qui occupe en ce moment la présidence de l’UE, a annoncé qu’il se rendait en Géorgie. Borrell s’est empressé de dire : « Quoi que dise M. Orban durant sa visite, il ne représente pas l’Union européenne »…
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