Poutine isolé…

… et dans un bunker… Mais il présidait aujourd’hui le 8e sommet des pays exportateurs de gaz.

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Le président finlandais Alexandre Stubb et le Premier ministre norvégien Jonas Støre ont enfreint aujourd’hui le commandement de ne pas parler avec Poutine. Ils ont téléphoné au président russe sans en avoir l’autorisation des maîtres de la guerre contre la Russie.

« La discussion a été franche et approfondie. Nous sommes des pays voisins de la Russie. L’issue de cette guerre aura un impact direct sur notre propre sécurité et sur celle de l’Europe dans son ensemble. Mettre fin à la guerre nécessite des échanges directs », a déclaré Stubb.

Et les deux dirigeants ont précisé qu’ils resteraient désormais en contact téléphonique avec Poutine.

Jusqu’ici (17h), il n’y a pas eu de réaction de Kallas ni d’Ursule. Mais Mette Frederiksen, premier ministre du Danemark, a déclaré en marge d’une réunion du Conseil nordique en… Finlande :

« Je suis très sceptique quant à cette initiative isolée de la Norvège et de la Finlande. Elle n’a pas été coordonnée avec nous autres. J’estime que nous devrions préserver l’unité de l’Europe plutôt que d’agir chacun de notre côté. »

Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a lui aussi critiqué cette initiative, soulignant qu’il fallait préserver l’unité européenne et que toute paix ne pouvait se faire « qu’aux conditions de l’Ukraine »…

Bref voilà les premières lézardes nordiques…

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Addendum. Selon la radio publique norvégienne NRK, la conversation devait durer vingt minutes, et elle a duré une heure et demie.

Baratin arctique (mais dûment russophobe)

La Commission européenne a publié hier un document sur sa « Nouvelle stratégie pour l’Arctique ». Ce sont 20 pages de baratin, mais dès le début on dénonce la « guerre d’agression non provoquée et injustifiée contre l’Ukraine » qui a « remodelé la sécurité de l’Arctique et de l’UE dans son ensemble », car « la Russie renforce progressivement sa présence militaire dans l’Arctique et déploie des stratégies hybrides à l’encontre de ses voisins », etc. L’Union européenne « et ses Etats membres » (qui eux seuls en effet peuvent prendre des décisions) « doivent renforcer leurs capacités à opérer efficacement dans l’Arctique, en complémentarité avec l’OTAN », etc.

En dehors de cette vaine rhétorique guerrière russophobe, il n’y a rien dans la « nouvelle stratégie pour l’Arctique ». Notamment rien de chiffré en termes d’investissements. Par exemple on dit qu’il faudrait davantage de bateaux brise-glace, qu’il faut renforcer ceci et développer cela, sans dire combien ça coûte, puisqu’il n’y a pas de budget pour cela…

Enfin l’UE se couvre de ridicule en affirmant qu’elle « œuvrera à assurer que la liberté de circulation soit préservée dans l’océan Arctique ». Et dans une interview au Times, Kaja Kallas ajoute que l’Occident doit « empêcher la Chine et la Russie de dominer l’Arctique ».

Est-ce que quelqu’un pourrait lui faire remarquer que l’Union européenne n’a pas un seul centimètre de côte sur l’océan Arctique, quand la Russie en a 5 600 km ? Et que ces 5.600 km du Passage du Nord-Est (Northern Sea Route) est internationalement reconnue comme une zone économique exclusive (ZEE) de la Russie ?

Quand les drones attaquent Saint-Pétersbourg

A la fin de la semaine dernière, l’Ukraine a mené une attaque massive de drones contre la région de Saint-Pétersbourg. Un de ces drones, muni d’explosifs, s’est écrasé en Lituanie. Les gazettes ont aussitôt accusé la Russie, mais le gouvernement lituanien a fini par reconnaître qu’il s’agissait d’un drone ukrainien.

Une polémique s’est développée en Pologne, car cette nuée de drones a survolé la Pologne avant de survoler la Lituanie puis la Lettonie (deux pays où tout le monde fait subitement l’autruche). Des Polonais font remarquer que selon la définition de l’agression donnée par les Nations Unies, le fait de permettre à des drones de combat de survoler le territoire constitue une agression contre le pays de destination, un casus belli.

La Russie est donc en droit de répliquer militairement contre les pays survolés par ces drones, et peut même considérer qu’il s’agit d’une attaque de l’OTAN.

Le Premier ministre polonais Tusk a fini par réagir, ce lundi à 14h, trois jours après, que « la Pologne ne permet pas la conduite d’opérations sur son territoire ou au-dessus sans le consentement explicite de l’Etat polonais ».

La Russie n’a pas encore réagi officiellement au fait que les drones passent par trois pays de l’OTAN qui sont donc de facto impliqués dans l’offensive ukrainienne. On dit qu’une enquête est en cours…

Les fantasmes à l’épreuve de la réalité

Lu sur le site du Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA) :

• En septembre 2026, les revenus de la Russie issus de l’exportation de combustibles fossiles sont restés globalement stables par rapport au mois précédent, s’établissant à 625 millions d’euros par jour, malgré une baisse de 6 % des volumes exportés.

• En septembre, les importations de GNL russe par l’UE ont rebondi de 60 % par rapport au mois précédent, après avoir atteint un plus bas historique en août.

• En septembre, la Chine est restée le premier importateur mondial de combustibles fossiles russes, tandis que l’UE a dépassé la Turquie pour devenir le troisième importateur.

• Malgré l’interdiction imposée par l’UE sur les produits pétroliers issus de pétrole brut russe, sept cargaisons provenant de raffineries traitant du brut russe ont été déchargées dans des ports de l’UE en septembre 2026.