L’avortement en Russie

Le père Théodore Loukianov, responsable de la Commission du patriarcat de l’Eglise orthodoxe russe pour les affaires familiales et la protection de la maternité et de l’enfance, a indiqué que le nombre de cliniques privées en Russie ayant volontairement cessé de pratiquer des avortements a plus que doublé en un peu plus d’un an.

Le P. Loukianov s’exprimait à l’occasion de la prière pour les défenseurs de la vie à naître et pour l’éradication de l’avortement, célébrée le 10 octobre en l’église de l’Annonciation du parc Petrovski de Moscou. (L’office « pour l’illumination de ceux qui envisagent de détruire un enfant dans le sein maternel » a été approuvé par le saint-Synode en 2025).

« Grâce à la position de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, qui témoigne avec constance du caractère sacré de la vie des enfants à naître, notre pays a accompli des progrès significatifs dans leur protection. Certes, il reste encore beaucoup à faire, mais nous savons aujourd’hui qu’au cours des cinq dernières années, 1.500 cliniques privées de la Fédération de Russie ont volontairement cessé de pratiquer des avortements. »

En mai 2025 il en comptait 686. Leur nombre a donc augmenté de près de 120% depuis lors.

Le P. Loukianov a précisé que dans 19 régions les cliniques privées ont totalement cessé de pratiquer des avortements, et 60% d’entre elles dans 25 régions. Tandis que des lois interdisant l’incitation à l’avortement ont été adoptées dans 32 régions.

« L’infanticide devient peu à peu ce qu’il doit être : un mal qu’il faut extirper du corps de notre pays et des âmes humaines. Personne ne devrait dire que c’est normal, que cela fait partie de la vie humaine. Non. L’homme est à l’image de Dieu, qui donne la vie. La mort ne fait pas partie de notre nature. Le meurtre d’enfants innocents à naître ne saurait, où que ce soit, devenir la norme. Et s’il devient la norme, alors l’homme cesse d’être un homme. »

Le 22e paquet

La dinde Kallas jubilait ce matin en annonçant le 22e paquet de sanctions contre la Russie : près de 1.600 nouvelles sanctions contre des entités (826) et des individus (743)… « Il s’agit de la plus grande extension de notre liste de sanctions depuis le début de la guerre menée par la Russie. »

Donc cette fois la Russie est foutue pour de bon. Enfin.

En attendant, les chiffres publiés ce matin par la Russie font état d’une hausse de 16,4% de l’excédent du commerce extérieur entre janvier et août par rapport à la même période de l’an dernier, soit 102,9 milliards de dollars. (Les exportations de biens russes en Europe ont baissé de… 1,03% : telle est la spectaculaire efficacité des sanctions.)

Un nouveau rapport sur Boutcha

Maxime Grigoriev, président du Tribunal public international sur les crimes des néo-nazis ukrainiens, a présenté hier, avec Maria Zakharova, un nouveau rapport, sur l’affaire de Boutcha, qui sera présenté à l’Assemblée générale des Nations Unies par Sergueï Lavrov, et dans toutes les autres enceintes internationales.

Puisque l’ONU refuse obstinément de donner la liste des noms des « victimes civiles » de Boutcha, le Tribunal de Grigoriev a examiné ceux qui figurent sur le mémorial édifié dans la ville. Le rapport montre (photographies à l’appui) que beaucoup de ces « victimes civiles » étaient des soldats morts sur le front, y compris des nazis d’Azov tortionnaires du Donbass, et enterrés ailleurs…

« Une caractéristique propre aux falsifications et à la propagande ukrainiennes — ce qui a facilité notre travail — est que les médias ukrainiens présentent simultanément certaines personnes comme des citoyens pacifiques innocents tués par les troupes russes, tout en décrivant, dans d’autres publications, ces mêmes individus comme étant morts héroïquement au combat face à l’armée russe. »

D’autres « victimes » des Russes à Boutcha étaient des vieillards morts de maladie. Et enfin le Tribunal a établi, sur la base de témoignages cités in extenso de personnes identifiées et photographiées, que des victimes civiles furent tuées par l’armée ukrainienne : ce sont les corps qui jonchaient les rues et qu’on a montrés aux journalistes occidentaux début avril, alors que le 31 mars le maire publiait une vidéo où il se félicitait de la libération de la ville, affirmant avec un large sourire, devant la mairie, que tout allait bien.

La macabre mise en scène de Boutcha a manifestement été organisée par les Britanniques (au premier chef Boris Johnson), la ville ayant été choisie pour l’atroce jeu de mots Butcha butcher.

(Le « Tribunal public international sur les crimes des néo-nazis ukrainiens » est le titre ronflant d’une organisation russe collectant les preuves des crimes ukrainiens. Il est toutefois international dans la mesure où y collaborent des juristes, journalistes, etc., de 35 pays.)

Sagesse russe

Réponse de Sergueï Lavrov à la question : « Pourquoi la Russie se laisse-t-elle constamment tromper ? »

L’essence de notre peuple réside dans la patience. Nous sommes, après tout, une nation pieuse. Notre peuple multinational compte de nombreux proverbes sur la grande patience de notre peuple : « Dieu a été patient, et Il nous a ordonné de l’être », « Mesure sept fois, coupe une fois », « On attend trois ans ce qui est promis »… Cela révèle également une certaine psychologie. Mais cela n’a rien à voir avec une naïveté de caractère national perpétuée par de longs événements historiques. C’est avant tout l’espoir que même la personne la plus méprisable ne puisse être totalement dépourvue de décence, pour le dire simplement. Ilya Mouromets est resté allongé sur le poêle pendant 33 ans, attendant le moment où ses services seraient nécessaires à la Patrie.

La tromperie est le fondement de la diplomatie occidentale. Et c’est toujours le cas aujourd’hui. Quant à nous, nous avons l’habitude d’agir de manière noble, on peut même dire comme des gentlemen.

En substance, c’est la même chose.

Et aussi, invité à commenter le fait que le Secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats et le directeur de la CIA se trouvaient à Moscou le même jour (ce qui a suscité des torrents de commentaires délirants), Lavrov a répondu :

« Dans les deux cas, ces visites reflètent la volonté de ceux qui nous ont rendu visite de venir nous parler. »

La Finlande en chute libre

L’économie finlandaise en chute libre : de la critique envers le sud de l’Europe à une situation où le chômage dépasse celui de l’Espagne et où la dette avoisine celle du Portugal

• Pendant des années, la Finlande était le modèle à suivre pour de nombreux pays européens.

• En 2012, la Finlande critiquait l’octroi d’aides aux pays du Sud, Helsinki exigeant davantage de contreparties.

• Aujourd’hui, elle affiche le taux de chômage le plus élevé d’Europe et sa dette publique échappe à tout contrôle.

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« Certains diront que la vengeance est un plat qui se mange froid », n’hésite pas à dire le magazine économique espagnol El Economista devant la faillite de l’économie finlandaise. Car il est loin le temps où « sa position privilégiée lui permettait de réprimander les pays du sud de l’Europe » et de tenir « une position quelque peu intransigeante en exigeant des pays du Sud une discipline budgétaire stricte »…

Le très long article s’étend sur les causes lointaines du problème finlandais, en restant très discret sur les causes immédiates pourtant manifestes. Une seule phrase :

« Par la suite, l’invasion russe de l’Ukraine a mis fin à une grande partie des échanges commerciaux et du tourisme avec la Russie voisine et a contraint le pays à augmenter considérablement ses dépenses de défense. »

« A contraint… » On voit que la russophobie espagnole est du même acabit que celle des pays du nord.

Le fait est que le rideau de fer hermétique installé à la frontière russe est une catastrophe pour la Finlande, qui avait des relations commerciales intenses avec la Russie et où venaient de très nombreux touristes russes.

Telle est la double peine que s’infligent les pays riverains de la Russie : aux retombées des sanctions contre la Russie s’ajoute la double peine de la fin des revenus du commerce et du tourisme russes.

C’est le lot aussi des petits roquets baltes. Le plus excité étant ce jour la Lettonie. Elle réclame 7 milliards d’euros de Bruxelles « pour contribuer à financer la hausse des dépenses de défense et les retombées économiques de la rupture des liens avec Moscou »… Parce que « nous payons pour la défense de toute l’Europe », ne craint pas d’aboyer le Premier ministre Andris Kulbergs… Et en Lettonie il n’y en a pas un pour racheter l’autre : le parti « d’extrême droite » La Lettonie d’abord dit lui aussi que le pays doit recevoir un soutien particulier de Bruxelles en retour de son soutien aux mesures punitives contre Moscou…