Russie et Etats-Unis : le lien spatial

L’astronaute américain Anil Menon et les cosmonautes russes Pyotr Dubrov et Anna Kikina ont décollé hier du cosmodrome de Baïkonour à bord du vaisseau russe Soyouz MS-29 et sont arrivés à la Station spatiale internationale.

En soi ce n’est pas un événement : il s’agit du 75e équipage de rotation de la station. Ils rejoignent trois Américains, deux Européens et deux Russes déjà présents à bord.

Toutefois on notait que Jared Isaacman, l’administrateur de la NASA, était présent au lancement avec le directeur de Roscosmos, Dmitry Bakanov. C’était une première depuis 2018.

Dmitry Bakanov s’était rendu en Floride l’été dernier pour assister au lancement conjoint d’astronautes américano-russes à bord d’une capsule SpaceX. Il avait rencontré Sean Duffy, alors chef par intérim de la NASA.

Kirill Dmitriev était aussi au lancement :

Une homélie du patriarche Cyrille

Parfois il est bon de remettre les pendules à l’heure, face à ceux qui dénoncent un prétendu retour à la Russie soviétique. Voici donc l’homélie prononcée dimanche dernier par le patriarche Cyrille, en la fête des saints Pierre et Paul, en la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg. (à partir de 1h57).

Votre Éminence, Monseigneur le métropolite, Chers évêques, pères, frères et sœurs !

Je vous salue tous chaleureusement à l’occasion de cette grande fête pour la ville de Saint-Pétersbourg et, bien sûr, pour toute l’Église universelle ! Cette journée a toujours été célébrée particulièrement dans la capitale du nord de la Russie, car cette ville a reçu son nom en l’honneur du grand Apôtre Pierre et un culte spécial lui était adressé ici. Ce n’est pas un hasard si le premier empereur portait aussi le nom de Pierre. Bien sûr, à bien des égards, c’est le nom de l’empereur qui a conduit au fait que la capitale a été dédiée à la mémoire de l’apôtre Pierre.

Toutes ces circonstances liées à la naissance et au renforcement global de la vie ecclésiale ici, sur les rives du Neva, avec la création de la capitale du nord, constituent une page très importante dans notre histoire nationale et ecclésiastique, l’histoire de l’Église orthodoxe russe. Avec la permission de Dieu, c’est précisément en ce lieu que toutes les forces spirituelles du pays étaient concentrées. Bien que, peut-être, cela ne s’appliquait pas entièrement à la classe dirigeante et à l’intelligentsia de l’époque, le peuple était profondément croyant, dévoué à l’Église de Dieu. Les grands saints du XXe siècle y ont également prospéré – mère Xénie de Saint-Pétersbourg et le père Jean de Kronstadt. Ce n’est pas un hasard si cela a été le cas sur les rives de la Neva, et à l’époque même qui a précédé les épreuves les plus difficiles pour le pays et pour notre Église. Lorsque le pouvoir impie ici, à Saint-Pétersbourg, a pris le pouvoir sur tout le pays et a proclamé pour mission d’éradiquer la foi orthodoxe, beaucoup ont suivi alors la voie que les autorités leur avaient tracée – certains craignaient ce pouvoir, d’autres l’admiraient même. Et cette voie fut terrible. Ce n’était pas seulement une voie visant à la prospérité matérielle et culturelle du pays, mais elle avait pour but d’inculquer l’athéisme dans le cœur du peuple russe, ce qui contredisait toute notre histoire, les traditions de nos ancêtres, des pères, ascètes, soldats, scientifiques, et, dans une large mesure, même notre intelligentsia. Tout a été fait à l’encontre du chemin historique de notre peuple. Et toute cette souillure s’est concentrée ici, dans cette ville. C’est là qu’eut lieu un terrible bouleversement, appelé révolution ; ici commença à couler le sang innocent. C’est là que les dirigeants insensés ont posé pour tâche de bâtir une société de prospérité généralisée. Mais, comme nous le savons, rien n’en est sorti.

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Le point de vue de Margarita Simonian

Interview de Margarita Simonian, rédactrice en chef du réseau RT, dans un média indéterminé.

Le journaliste :

Nous voyons que l’Ukraine procède à une escalade de la guerre jusqu’à Moscou et à l’intérieur de la Russie. Quelle est la réponse de la Russie ? Comment vont-ils répliquer, et où ?

Margarita Simonian :

Il y a une erreur fondamentale dans votre propos. Ce n’est pas l’Ukraine qui procède à une escalade. Ce n’est pas l’Ukraine qui apporte la guerre jusqu’à Moscou. C’est l’Europe qui procède à cette escalade, c’est l’Europe qui apporte la guerre jusqu’à Moscou. Et c’est pourquoi, Moscou, tôt ou tard, sera obligé de répondre.

L’Ukraine n’a jamais eu de missiles pour cibler Moscou. D’où viennent-ils ? Ils viennent d’Ukraine ? C’est l’Ukraine qui les fabrique ? Est-ce que ce pays possède Starlink, a tous ces renseignements, est-ce que c’est l’Ukraine qui se donne à elle-même les renseignements ? Est-ce qu’elle se vend à elle-même toutes ces armes ? Est-ce qu’elle se vend à elle-même les missiles Flamingo qui pénètrent déjà à l’intérieur de la Russie ? Est-ce que c’est le fait de l’Ukraine que des raffineries russes sont détruites ? Est-ce que c’est l’Ukraine qui fait tout cela ? C’est fait par des mains ukrainiennes, certes. Mais c’est l’Europe qui fait tout cela par des mains ukrainiennes. Et nous le comprenons très bien.

Lorsque nous sentirons que notre patience angélique – parce que le peuple russe est, avant tout, un peuple d’une patience incroyable – quand nous sentirons que notre patience est à bout, et que l’Europe ne nous laisse pas d’autre choix que de répondre, par exemple par des frappes sur les usines fabriquant les armes destinées à l’Ukraine… Je ne peux pas croire que soyez convaincu que c’est l’Ukraine qui fait tout cela… Donc, pourquoi la Russie procéderait à une escalade ? Parce que l’Europe mène une guerre contre la Russie depuis tout ce temps. Alors que la Russie a refusé de s’y engager. La Russie continue de combattre l’Ukraine tandis que l’Europe combat la Russie par les mains des Ukrainiens. Mais à un moment donné nous dirons : vous avez franchi la ligne. Vous nous faites la guerre depuis cinq ans, maintenant nous vous faisons la guerre aussi. Parce que, quoi d’autre sommes-nous supposés attendre ? Que l’Europe frappe nos centrales nucléaires ? Nous n’attendrons pas cela. L’Europe doit se calmer, autrement nos missiles voleront vers l’Europe. Ils le feront. C’est certain.

Poutine à Kazan

Où il préside le sommet du 35e anniversaire de la coopération entre la Russie et les dix pays de l’ASEAN.

(Kazan est majoritairement musulmane et la ville de la Fédération de Russie où il y a le plus de musulmans autochtones. D’autre part, ce n’est sans doute pas un hasard si les premières personnes qu’il salue sont de Narva : en Estonie…)

Vœux de Medvedev

Le 12 juin est férié en Russie parce que c’est la « Journée de la Russie ». Son nom officiel, qui explique son origine, est « Jour de l’Adoption de la Déclaration de la Souveraineté de l’État de la RSFSR » (12 juin 1990).

Le clin d’œil de Dmitri Medvedev, jamais à cours d’inspiration :

« Aucun ennemi ne peut entraver la croissance et la prospérité de notre patrie. Bonne fête de la Journée de la Russie ! »

(Si la vidéo ne fonctionne pas, voir directement sur le fil X de Medvedev.)