L’autre cinglé balte

La Kallas a dit que « la Russie représente une menace existentielle » pour l’Union européenne. C’était hier à la conférence annuelle de l’Agence européenne de défense. Le même jour, au même endroit, le commissaire européen à l’Industrie de défense, le Lituanien Andrius Kubilius, employait la même expression. C’est donc officiel : la Russie est une menace existentielle, et c’est pourquoi Kubilius l’appelle carrément « l’ennemi ». Comme si on était en guerre. Et de fait nous sommes en guerre, dit-il en substance, par Ukraine interposée. Et il faut continuer à soutenir l’Ukraine parce que le temps que durera la guerre nous donnera le temps de nous armer, pour faire face à la Russie qui mène contre nous une « guerre totale ». Sic.

Le discours de Kubilius est un délire qui ne le cède en rien à celui de Kallas. Avec mensonge et calomnie à gros bouillons. Le déshonneur de l’Europe.

« Les nuages de la guerre s’amoncellent au-dessus de l’Europe. Nous sommes déjà attaqués. La désinformation. Les migrants comme arme. Des attaques répétées contre les câbles dans la mer Baltique. Des sabotages. Des incendies criminels. Espionnage. Meurtres. Les attaques augmentent en intensité et en gravité. Sur terre, en mer, dans les airs et dans le cyberespace. Les attaques hybrides se multiplient. Elles mettent à l’épreuve notre état de préparation, notre détermination et notre capacité de réaction.

« Comme le disent certains experts, la Russie mène contre nous une « guerre de nouvelle génération ». La propagande, le sabotage et l’agression militaire réelle ne sont que des formes différentes d’une même guerre, d’une « guerre totale ». Si nous ne faisons rien, ces attaques hybrides pourraient être suivies d’attaques militaires.

« Les intentions de Poutine ne doivent faire aucun doute. Poutine pourrait ne pas s’arrêter à l’Ukraine. Il veut revenir en arrière. Pas vingt ans. Mais quarante ans ou plus. A l’Union soviétique. A l’empire russe, même. C’est ce qui ressort de tout ce que disent Poutine et ses propagandistes. Cela pourrait signifier l’annexion, l’occupation de certaines parties de l’Europe. La domination du reste.

(…)

« Un dernier conseil de Monnet : lorsque la nation est confrontée à une menace existentielle, l’argent ne peut devenir un obstacle à la défense.

« Comme Jean Monnet, nous sommes confrontés à une menace existentielle. Comme Monnet, nous sommes confrontés à d’importantes lacunes dans notre capacité à dissuader l’ennemi et nous luttons pour trouver les fonds nécessaires à notre défense.

« Mais il est également clair que nous pouvons encore dissuader l’agression russe en Europe. Nous pouvons tirer les leçons de l’histoire : si nos grands-parents l’ont fait, nous le pouvons aussi.

« Tout d’abord, en apportant un soutien militaire à l’Ukraine. Ensuite, en soutenant l’industrie ukrainienne et l’intégration des industries de défense de l’UE et de l’Ukraine.

« Défendre l’Ukraine, c’est défendre l’Europe. Chaque missile, chaque drone abattu par l’Ukraine est un missile qui ne menacera pas l’Europe, un missile qui ne menacera pas l’OTAN. Chaque jour où l’Ukraine se bat, c’est un jour où l’Union européenne et l’OTAN peuvent devenir plus fortes.

« Deuxièmement, nous pouvons dissuader les agressions en veillant à ce que les forces militaires des États membres de l’UE disposent des armes dont elles ont besoin.

(…)

« Oui, les coûts de la dissuasion sont élevés. Mais les coûts de la guerre sont bien plus élevés. Les Ukrainiens s’en rendent compte chaque jour. Chaque euro que nous dépensons aujourd’hui pour la défense sauvera des vies demain. Chaque euro qui dissuade une attaque sauvera la vie de nos fils, de nos petits-fils et de nos filles qui n’auront pas besoin d’aller sur le champ de bataille. Il sauvera la vie de civils, d’hommes, de femmes et d’enfants. Qui ne seront pas tués par des roquettes russes dans leurs maisons.

(…)

« L’Union européenne peut devenir un arsenal pour la démocratie. L’économie de l’UE est plusieurs fois supérieure à celle de la Russie. Nous pouvons surpasser la Russie en termes de dépenses, de production et d’armement. Et nous pouvons dissuader les agressions afin de prévenir la guerre et de garantir la paix.

« Tel est mon objectif en tant que commissaire. Et en tant qu’Européen. Et nous sommes tous ici aujourd’hui pour y parvenir.


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