Le site Crux de John Allen publie une longue interview de Léon XIV réalisée par Elise-Ann Allen, la femme de John, correspondante de Crux à Rome, en juillet dernier. Elle paraîtra dans son livre « Léon XIV citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle » (déjà paru hier en espagnol au Pérou…).
Robert Jones a publié sur Life Site News un remarquable compte-rendu de ce qui compte vraiment dans cette interview. Il en résulte que Léon XIV s’inscrit explicitement dans les pas de François, et que seul son style personnel, plus discret, est différent. On en lira une traduction ci-dessous.
En ce qui concerne la messe, on lira la traduction intégrale du (bref) propos du pape sur le Salon Beige. C’est presque littéralement ce que disait François : les partisans de la messe traditionnelle opèrent un processus de « polarisation » (ils divisent l’Eglise), ils sont « dans l’idéologie », alors que « si nous célébrons la liturgie de Vatican II d’une manière appropriée » il n’y a pas de différence… Apparemment il ne sait pas de quoi il parle. Il ne connaît pas du tout la liturgie traditionnelle, et il dit ne pas avoir rencontré de personnes qui la défendent…
Dans sa première longue interview depuis son élection, le pape Léon XIV se présente à plusieurs reprises comme l’héritier du programme de François, soulignant la continuité en matière de synodalité, du rôle des femmes, d’œcuménisme, de réforme de la Curie et de controverses liturgiques.
S’adressant à la correspondante de Crux, Elise Ann Allen, pour une biographie à paraître, Léon a déclaré que ses années passées au Pérou avaient renforcé son attachement à la vision de François.
Je pense que (mon séjour au Pérou) a été important tant pour mon lien avec le pape François que pour ma compréhension d’une partie de la vision qu’il avait pour l’Église, et pour la manière dont nous pouvons continuer à la mettre en œuvre en termes de véritable vision prophétique pour l’Église d’aujourd’hui et de demain.
Sur la synodalité, il a clairement indiqué que le « processus qui a commencé bien avant le dernier synode » devait se poursuivre.
« Je pense qu’il y a un grand espoir si nous pouvons continuer à nous appuyer sur l’expérience des deux dernières années et trouver des moyens d’être Église ensemble », a-t-il déclaré.
Léon a également lié son approche concernant les femmes dans l’Église directement à François : « J’espère continuer à suivre les traces de François, notamment en nommant des femmes à certains postes de direction à différents niveaux de la vie de l’Église. » Faisant apparemment allusion à l’étude ouverte sur l’ordination des femmes au diaconat, il a déclaré :
Je suis tout à fait disposé à continuer à écouter les gens. Il existe des groupes d’étude ; le Dicastère pour la doctrine de la foi, qui est responsable de certaines de ces questions, continue d’examiner le contexte théologique et l’histoire de certaines de ces questions, et nous suivrons cela et verrons ce qui en ressortira.
Sur un point, il s’est distancié de François. Qualifiant les « questions LGBTQ » de « très polarisantes », il a déclaré qu’il « essayait de ne pas polariser ou promouvoir la polarisation dans l’Église ». Cependant, même ici, il s’est positionné comme le continuateur de l’héritage de François :
J’ai déjà parlé du mariage, comme l’a fait le pape François lorsqu’il était pape, en disant qu’une famille est composée d’un homme et d’une femme engagés solennellement, bénis par le sacrement du mariage.
Le pape a fait des commentaires négatifs sur la mise en œuvre de Fiducia Supplicans tout en soutenant le document lui-même. Il s’est également aligné sur l’approche de François :
Ce que j’essaie de dire, c’est ce que François a dit très clairement lorsqu’il disait « todos, todos, todos ». Tout le monde est invité, mais je n’invite pas une personne parce qu’elle a ou n’a pas une identité spécifique. J’invite une personne parce qu’elle est un fils ou une fille de Dieu. Vous êtes tous les bienvenus, apprenons à nous connaître et respectons-nous les uns les autres.
Lorsqu’il a abordé la question de savoir si l’enseignement sur l’homosexualité pouvait changer, le langage de Léon suggérait fortement qu’il pouvait changer en principe, mais qu’il ne le ferait pas pour l’instant :
Les gens veulent que la doctrine de l’Église change, veulent que les attitudes changent. Je pense que nous devons changer les attitudes avant même d’envisager de changer ce que dit l’Église sur une question donnée. Je trouve très improbable, en tout cas dans un avenir proche, que la doctrine de l’Église en matière de sexualité et de mariage change…
Je pense que l’enseignement de l’Église restera tel quel, et c’est tout ce que j’ai à dire à ce sujet pour l’instant. Je pense que c’est très important.
Il s’est également engagé à promouvoir l’importance accordée par François à l’œcuménisme et aux relations interconfessionnelles, et a présenté cela comme « l’un des objectifs de l’Église » depuis « l’époque du Concile Vatican II ».
« Le pape François avait déjà prévu de se rendre à Nicée », a-t-il déclaré, évoquant les célébrations du 1 700e anniversaire du concile de Nicée, ajoutant que cet événement était devenu œcuménique à sa demande.
Il a mis l’accent sur le dialogue de François avec l’islam, ajoutant : « J’espère poursuivre cela, et pas seulement avec l’islam. »
Concernant la réforme de la Curie, Leo a évoqué la « poursuite de la suppression ou de la transformation du mode de fonctionnement isolé de chaque dicastère » et a déclaré que « nous devons poursuivre le processus de réforme engagé par François ».
Au sujet de la Chine, Leo a déclaré : « À court terme, je poursuivrai la politique que le Saint-Siège suit depuis plusieurs années maintenant (…) ».
Abordant les controverses liturgiques, Leo a promis de « poursuivre le processus » du rite amazonien. Tout en se déclarant disposé à dialoguer avec les partisans de la messe traditionnelle en latin, le pontife n’a présenté aucune nouvelle orientation, qualifiant le Novus Ordo de « messe de Vatican II » et faisant écho à la critique de François sur la polarisation :
Les gens ont utilisé la liturgie comme excuse pour faire avancer d’autres sujets. Elle est devenue un outil politique, ce qui est très regrettable.
L’interview ne laisse aucun doute : Léon souhaite que son règne soit considéré comme s’inscrivant dans la continuité de celui de François.
De son espoir initial d’une « Église synodale » à son engagement total envers Vatican II, du rôle des femmes à l’homosexualité, de l’œcuménisme à la liturgie, il s’est présenté comme le successeur qui « poursuivra » ce que François a commencé.
Note de la rédaction : Il s’agit des premiers extraits d’une interview en deux parties entre le pape Léon XIV et la correspondante principale de Crux, Elise Ann Allen, tirée de sa nouvelle biographie du pontife, León XIV: ciudadano del mundo, misionero del siglo XXI, ou « Léon XIV : citoyen du monde, missionnaire du XXIe siècle ». Le livre est publié en espagnol par Penguin Peru et sera disponible à la vente en magasin et en ligne à partir du 18 septembre. Les éditions anglaise et portugaise seront disponibles début 2026.
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Quand on regarde son visage, je trouve que cet homme a quelque chose de commun avec Montini, une espèce d’hypocrisie veule, encore un peu plus dégoulinante et faussement modeste. Beurk.
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