Si la Lituanie lâche Sviatlana…

Grande émotion chez les plus fanatiquement russophobes ukromaniaques de l’échiquier politique lituanien : le Service de protection des personnalités n’assure plus la protection de Svetlana Tsikhanovskaïa.

Qui ça ? Svetlana Tikhanovskaïa, selon la graphie habituelle. Mais la dame dit s’appeler Sviatlana Tsikhanouskaya. En biélorusse. Car elle est la présidente du « cabinet uni de transition », à savoir le gouvernement biélorusse en exil, et elle est considérée comme telle par les chancelleries occidentales (par exemple, le 29 septembre elle participait au Forum de Varsovie sur la sécurité).

« Pourquoi la Lituanie trahit-elle Svetlana Tsikhanouskaya ? », s’exclame Gabrielus Landsbergis, l’ancien ministre des Affaires étrangères. Car bien sûr, si elle ne bénéficie plus d’une sécurité ultra-renforcée, Loukachenko va la tuer…

En fait le gouvernement lituanien a tout simplement fini par admettre que Sviatlana n’avait aucune raison de bénéficier du service de sécurité réservé aux trois plus hautes personnalités de l’Etat (le président, le Premier ministre et le président du Parlement), et que la police de tout le monde lui suffisait. Tout en soulignant qu’elle demeure l’« invitée officielle de l’Etat », et que la position du gouvernement sur le régime de Loukachenko demeure inchangée.

Dzianis Kuchynski, son « conseiller », se plaint de n’avoir appris la nouvelle qu’une semaine avant la mise en application de la mesure, ce qui a obligé à suspendre les activités du cabinet…

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Autre nouvelle lituanienne, qui donne la mesure de la russophobie ukromaniaque ambiante : le ministre de la Culture Ignotas Adomavicius a été contraint de démissionner parce que le bureau du président de la République a révélé que dans une interview il a refusé de répondre à des questions sur le statut de la Crimée et sur le niveau du soutien dû à l’Ukraine.


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